Yann Fessier : Quand la rue devient galerie

La photographie de rue est souvent décrite comme un art de l’instant. Yann Fessier, membre de Street Photography France, en fait l’expérience au quotidien. Son regard se porte sur des détails que l’on croit anodins : un reflet, une silhouette, une lumière passagère. Derrière cette pratique, il y a une volonté simple mais essentielle : raconter la vie telle qu’elle se présente, sans mise en scène. Avec son appareil toujours à portée de main, il compose une mémoire visuelle faite de fragments, de rencontres et de surprises.

On pose les questions à Yann …

Dans cette interview, Yann Fessier  partage avec nous son parcours photographique.

SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Yann Fessier : J’ai découvert la photo de rue comme « discipline » en allant voir des expositions, en lisant, et en regardant des publications. J’ai compris que certains photographes se spécialisaient dans ce type de photos. J’ai voulu moi aussi poser mon regard sur la rue.

SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Yann Fessier : Je crois que j’en ai toujours fait. J’ai toujours aimé me promener en ville et faire des photos, soit des bâtiments, soit des personnes. Mais c’était une pratique instinctive, cela fait seulement deux ou trois ans que j’ai pris conscience qu’il s’agissait réellement de photographie de rue.

SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Yann Fessier : Je n’ai pas suivi de formation académique, en revanche quand j’étais étudiant j’étais filmeur l’été. Je travaillais pour un studio, je prenais en photo les touristes sur la plage, dans la rue, les restaurants pour qu’ils achètent ensuite les photos. Une excellente école pour apprendre la photo. J’ai appris les bases de la photo, le cadrage, la composition, le triangle d’exposition, essayer de saisir un sourire, un regard, une émotion. J’ai également fait une saison dans le laboratoire pour tirer les photos, à l’époque tout était en argentique et nous étions spécialisés dans le noir et blanc.

SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Yann Fessier : J’utilise un Nikon Z50 avec un 35 mm 1.4 (équivalent 50 mm). J’ai aussi un Fuji X100VI depuis quelques mois.

SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Yann Fessier : Le Fuji, il est très compact, il correspond à ma pratique. Je l’ai toujours avec moi.

SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Yann Fessier : J’aime l’idée de capter et figer la vie, j’essaie de saisir un instant, qui reflète une époque, un lieu, une ambiance. La lumière, les couleurs, les ombres, le graphisme façonnent mes compositions.

SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Yann Fessier : J’aime beaucoup le style des photographes américains comme Lee Friedlander, Saul Leiter, Joel Meyerowitz, qui sont les témoins de leur époque. Mais aussi Martin Parr, Henri Cartier-Bresson, Robert Capa.

SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Yann Fessier : J’aime bien la photo du manège avec le papa qui saute pour toucher la main de sa petite fille, non pas qu’elle soit techniquement très réussie mais plutôt parce que j’ai réussi à saisir le moment précis où le père est en hauteur. Je l’ai faite sur le vif.

SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Yann Fessier : Le principal défi c’est d’avoir le temps car le plus important c’est de pratiquer régulièrement.

SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Yann Fessier : Je ne prends pas de photos dans des situations qui pourraient être embarrassantes, en revanche je ne demande pas l’autorisation. Souvent on voit plusieurs personnages dans un contexte global. Bien évidemment il y a toujours un risque lors de la publication. Mais pour le moment je ne m’en préoccupe pas.

SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Yann Fessier : Non je n’ai jamais eu à gérer de situation délicate.

SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Yann Fessier : Lancez-vous ! Sortez, faites des photos. C’est dans la pratique que l’on progresse. C’est un peu simple de dire cela mais c’est la réalité.

SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Yann Fessier : Mettez-vous des contraintes, cela peut paraître contre-intuitif, mais en fait c’est en ayant une intention et en se fixant des défis, des limites… que l’on peut développer sa créativité. Si on part dans tous les sens sans but on se disperse.

SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Yann Fessier : Je souhaite commencer à réaliser des séries sur des thèmes précis et aller de plus en plus vers de la « photo sociale ».

SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Yann Fessier : En 2026 je vais participer à une exposition sur « la ville » avec le club photo de Biarritz, Image In Air, dont je suis membre.

SPF : Comment avez-vous rejoint Street Photography France ?
Yann Fessier : J’ai découvert SPF grâce à certains membres dont Sebastien Hirsh, qui est actif sur les réseaux et qui m’a donné de précieux conseils.

SPF : Quels avantages trouvez-vous dans l’appartenance à cette communauté ?
Yann Fessier : Je pense qu’il est très important d’échanger, avec d’autres photographes, sur la pratique, le matériel, les inspirations… C’est à la fois rassurant et motivant d’être dans une communauté de partage. Nous avons tous la même passion c’est très enrichissant d’échanger.

SPF : Avez-vous des projets ou des idées pour renforcer la communauté de Street Photography France ?
Yann Fessier : Les rencontres en présentiel sont importantes, c’est souvent à Paris… pour ceux qui sont en province il faudrait que l’on s’organise…

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