Plus dirigé sur la rue elle-même que sur les personnes. Xavier Pellizzari
Xavier Pellizzari a découvert la street photo par hasard, durant sa carrière de photographe. Il pratique cet aspect de la photographie depuis longtemps sans l’avoir défini — en toute conscience depuis cinq ans. Il a passé un CAP photo en 1981, plutôt technique qu’artistique. Pour la rue, il travaille au Nikon D850 avec un 24-120 mm et, depuis peu, au Ricoh GR III ; son équipement préféré, dit-il, c’est « celui que j’utilise ». Son regard est plus dirigé sur la rue elle-même que sur les personnes, même s’il se dirige doucement vers plus d’humain.
On pose les questions à Xavier…
SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Xavier Pellizzari : J’ai découvert la street photo par hasard durant ma carrière de photographe.
SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Xavier Pellizzari : Je pratique cet aspect de la photographie depuis longtemps sans l’avoir définie. En toute conscience depuis 5 ans.
SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Xavier Pellizzari : J’ai passé un CAP photo en 1981, plutôt technique qu’artistique.
SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Xavier Pellizzari : Pour la SP, j’utilise un D850 + 24-120mm f4 et, depuis peu, un Ricoh GR III.
SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Xavier Pellizzari : Celui que j’utilise.
SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Xavier Pellizzari : Je ne sais pas trop, plus dirigé sur la rue elle-même que les personnes. Je me dirige doucement vers plus d’humain proche de moi.
SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Xavier Pellizzari : Je ne retiens pas les noms, mais j’aime les photographies N/B ou couleur avec du contraste et/ou du graphisme. Je ne me pose pas trop de questions sur les messages véhiculés. Il faut que ça me plaise en première lecture.
SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Xavier Pellizzari : Une photo prise à Jérusalem en touriste en 2019. Au travers d’une grille de jardin individuel, des enfants jouaient. J’aime l’ambiance et l’insouciance des enfants dans cette ambiance tendue avec Israël. Le contraste. Avis complètement subjectif et assumé.
SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Xavier Pellizzari : Mon principal défi est de gérer l’espace privé avec les personnes que je photographie. Sentiment que je n’avais pas en tant que pro.
SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Xavier Pellizzari : Je n’ai pas encore d’instant mémorable en SP. Contrairement à quand j’étais pro en reportage ou portrait.
SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Xavier Pellizzari : Je gère ces questions en me rappelant : Ne fais pas aux autres ce que tu n’aimerais pas que l’on te fasse. Quelquefois… je m’assoie dessus.
SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue, et comment les avez-vous gérées ?
Xavier Pellizzari : On ne peut pas parler de délicates mais plutôt de susceptibilité. Je parle de ceux qui invectivent avec les classiques « vous n’avez pas mon autorisation », « et mon droit à l’image », etc. Soucis résolus en expliquant calmement le but de ma démarche. Quant à la demande d’effacer le/les photos, si c’est poliment et calmement demandé, je peux le faire. Si c’est demandé de façon brutale, je ne les efface pas ou je mens. lol.
SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Xavier Pellizzari : Apprenez à connaître un minimum votre appareil photo et la nature humaine, ça vous ouvrira des portes pour claquer de bonnes images plus facilement.
SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Xavier Pellizzari : La créativité est soit un don (qui se travaille), soit qui est la somme d’encore plus de travail. Savoir regarder et lire les photos d’autres photographes, ne pas vouloir les copier à la lettre. S’intéresser à la peinture, à l’histoire de l’art et surtout ne pas hésiter à sortir, à shooter, à se tromper et à recommencer pour aiguiser son regard. Attention au piège de vouloir trop intellectualiser les photos, il n’y aura que toi pour les comprendre.
SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Xavier Pellizzari : J’ai auto-édité 3 livres-photos qui se rapprochent de la SP. Le 1er en N/B avec des portraits serrés pris à la sauvette. Le 2e, toujours en N/B, sur ma vision de la ville de Kiev 2016/2018. Pourquoi en N/B ? J’ai débuté la photo dans un labo parisien N/B pendant 3 ans où j’ai tiré les premières photos issues des wagons pris à l’Allemagne après la guerre 39/45, qui sont allées au coffre pendant quelques années. Puis j’ai changé de labo et j’ai effectué des tirages grands formats N/B et couleurs pendant 4 ans. Bien plus tard, j’ai débuté la photo pour une revue aéronautique, puis 12 années de reportages de guerre, d’illustration, de portraits pour une agence parisienne peu connue, l’ECPAD. Et 10 années comme photographe des ambassadeurs de France à Moscou. Donc, les livres en N/B car j’ai toujours aimé les photos de Jean-Loup Sieff et leurs tirages, j’ai voulu essayer de faire en post-prod numérique ce que je faisais en chambre noire argentique. Mon 3e livre, en couleurs, sur la zone interdite de Tchernobyl 2018/2019. J’ai quelques projets dans les cartons. Un qui y dort depuis 2 ans sur ma ville de naissance que j’adore, Villeneuve-sur-Lot. Un que je viens de débuter après 2 ans sans photo (opération à cœur ouvert) sur ma nouvelle ville d’adoption, Varsovie, sous l’angle de la SP en couleurs et en faire une auto-édition à la demande.
SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Xavier Pellizzari : Oui, si mes projets ont une fin.
SPF : Comment avez-vous rejoint Street Photography France ?
Xavier Pellizzari : Après avoir regardé pas mal de vidéos sur YouTube sur la SP et en particulier celles publiées par SPF et lu quelques ouvrages, j’ai décidé de rejoindre cette communauté.
SPF : Quels avantages trouvez-vous dans l’appartenance à cette communauté ?
Xavier Pellizzari : J’espère y trouver le partage, la discussion et de la convivialité.
SPF : Avez-vous des projets ou des idées pour renforcer la communauté de Street Photography France ?
Xavier Pellizzari : Difficile d’avoir des projets de renforcement de SPF, je n’y suis inscrit que depuis une semaine. Néanmoins, j’ai appris qu’il existait en Pologne un collectif assez fort autour de la SP. Pourquoi ne pas communiquer avec eux ?

