Une sorte de peintre numérique. Nathan Vincent
Photographe autodidacte, Nathan Vincent a découvert la photographie de rue en s’intéressant aux grands photographes, jusqu’à tomber sur Saül Leiter. Il photographie sérieusement depuis cinq ans et, ces derniers mois, sa quête d’images de rue s’est intensifiée. Il travaille avec un a7iii, un 50-150 f2.0 et un 35mm f1.4 : un équipement massif, mais assez polyvalent pour photographier en basse lumière sans s’approcher de trop près de ses sujets. Il joue avec les formes, les couleurs, les textures et les motifs, et se décrit comme une sorte de peintre numérique. Parmi ses envies : un premier livre photo, une série de portraits consacrée aux gens qu’il aime, et plusieurs jours à Londres uniquement dédiés à la photo.
On pose les questions à Nathan…
SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Nathan Vincent : J’ai découvert la photo de rue en m’intéressant aux grands photographes. En cherchant à droite à gauche j’ai fini par tomber sur des photographe comme Saül Leiter et j’ai eu envie de faire pareil.
SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Nathan Vincent : Je pratique la photographie sérieusement depuis cinq ans. La photo de rue a toujours été une activité que je pratiquais lorsque l’occasion se présentait, sans pour autant la rechercher activement. Cependant, ces derniers mois, ma quête d’images en street photo s’est intensifiée, mettant au centre de ma pratique ce « courant » photographique.
SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Nathan Vincent : Pour être honnête j’ai tout appris par moi même, « self-made man » comme certains aime dire, merci internet…
SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Nathan Vincent : J’ai un équipement plutôt atypique pour la photo de rue, n’ayant pas vraiment de matériel dédié. Et à vrai dire, je ne souhaite pas vraiment me procurer de matériel spécifique a la photo de rue tant j’aime travailler avec les optiques en ma possession. J’ai un a7iii, pas un boitier tout jeune mais il fait le café et on m’a toujours dis qu’il fallait priorisé l’optique, pas le plastique ce que je trouve logique. Avec ce boitier j’ai un 50-150 f2.0 gm et un 35mm f1.4 gm, deux cailloux plutôt massif, mais que j’aime beaucoup tant ils me permettent de tout faire, sans compromis si ce n’est le poids et l’encombrement.
SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Nathan Vincent : Mon 50-150 et mon 35mm sont supers. Très encombrant je doit l’admettre mais d’une polyvalence incroyable. En plus de ça, la qualité optique et le style que donne ces objectif est juste sublime. Je peux shooter en basse lumière, ce que j’adore et je n’ai pas besoin de m’approcher trop de mes sujets, ce que je trouve plutôt pratique pour ne pas altérer les scènes et ne pas mettre la personne (et moi) dans l’inconfort.
SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Nathan Vincent : J’aime jouer avec les formes, les couleurs, les textures et les motifs. C’est ce que je recherche avant tout, même si j’essaie de plus en plus d’intégrer des personnages au cœur de mes images. On pourrait peut-être qualifié mon style de minimaliste parfois, où les formes sont plus présente que les gens. Une sorte de peintre numérique, en quelque sorte…
SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Nathan Vincent : Beaucoup de photographes m’inspirent, le premier Alexander Babarikin, sans doute l’artiste de la « new gen » qui fait les images les plus reconnaissables. Pour continuer avec cette nouvelle génération il y a Billy Dinh, Joshua K. Jackson que j’adore pour ses images de la vie nocturne Londonienne et Eren sarigul. Bien sur l’ancienne génération m’inspire énormément aussi avec des artistes comme, Saül Leiter, Harry Gruyaert ou Alex Webb.
SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Nathan Vincent : Cette image un peu atypique a été prise depuis l’intérieur de ma voiture dans une station-service. Je passais régulièrement devant cette dernière lors d’un séjour grenoblois de deux mois. Je sentais qu’il y avait quelque chose à faire, mais je n’arrivais jamais à trouver quoi. Un soir pluvieux, je me suis arrêté pour tenter de capturer quelques images, et je suis plutôt satisfait du résultat.
SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Nathan Vincent : Mon plus gros challenge c’est sans doute d’oser approcher les gens. J’ai très peur des réactions que peuvent avoir les gens et parfois ça me bloque dans la réalisation de certaines images.
SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Nathan Vincent : Je n’ai pas vraiment de souvenir « mémorable », mais certaines interactions me rappellent de bons souvenirs. Comme la fois, à Lisbonne, où ce mec tout excité m’aborde en complimentant mon matériel photo (un Fuji XT-3 avec son 27mm à l’époque) et commence à me parler du fait que sa femme vient d’accoucher, qu’il est papa depuis peu (genre 15 min) et ce mec est fou de joie. J’adore ce genre d’interaction. On se croise, on échange de manière spontanée tout en sachant qu’on ne se reverra jamais, ça me donne le sourire.
SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Nathan Vincent : Je ne photographie pas les gens dans des situations qui pourraient les mettre mal à l’aise. Ou si je le fais, je n’exploite pas les photos, elles restent dans mon disque dur.
Pour le reste, je photographie les gens, si je vois quelqu’un avec un look intéressant, je lui demande si c’est ok pour que je lui tire le portrait.
SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Nathan Vincent : Non, pour l’instant je n’ai jamais eu de problèmes, en tout cas pas en lien avec la photo. Mais comme je l’ai dit précédemment, je ne pratique pas la photo de rue depuis longtemps.
SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Nathan Vincent : Étant débutant moi-même, je n’ai pas la prétention de pouvoir donner des conseils, si ce n’est de rester soi-même (le truc bateau).
SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Nathan Vincent : S’intéresser aux autres formes d’art. Le cinéma est une grande partie de mon inspiration, à la prise de vue mais aussi au moment de l’editing, la peinture également.
SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Nathan Vincent : J’aimerais réaliser mon premier livre photo. J’aimerais aussi réaliser une série de portraits avec au centre, les gens que j’aime.
Et pour finir, j’aimerais aller à Londres plusieurs jours uniquement dédiés à la photo.
SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Nathan Vincent : Ce n’est pas prévu même si c’est quelques chose que j’adorerais faire. Un jour peut-être…

