Une situation, des individus en mouvement. Jean Noel Bouyer
Jean Noel Bouyer a découvert la photographie étudiant, en amateur, aux côtés d’un ami devenu professionnel : ils réalisaient des photos pour un quotidien régional. Une carrière dans la finance et la vie de famille l’en ont éloigné, puis il y est revenu au moment de prendre sa retraite. Il photographie la rue et le portrait depuis deux ans, essentiellement en noir et blanc, à Nîmes, dans les villes voisines et au fil de ses déplacements. Il a finalisé la formation ARVIA en 2024 et travaille au Fujifilm X100 VI et au Sony Alpha 7 CR, une seule optique par session.
On pose les questions à Jean Noel…
Rencontre avec Jean Noel Bouyer, membre de Street Photography France. Il pratique la photographie de rue depuis deux ans, à Nîmes, dans les villes voisines et au fil de ses déplacements, avec des boîtiers compacts qu’il garde en bandoulière et une seule optique par session. Entretien en quatorze questions.
SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Jean Noel Bouyer : Étudiant, il y a de nombreuses années, j’ai pu pratiquer la photo en amateur en compagnie d’un ami proche qui, lui, est devenu professionnel. Nous réalisions des photos pour un quotidien régional pour arrondir nos fins de mois. Mon activité professionnelle dans la finance et la vie familiale m’ont éloigné de cette activité. À 63 ans, j’ai souhaité prendre ma retraite. J’ai décidé de revenir à cette passion. Je pratique la photo de rue et de portrait, qui m’attirent par leur caractère humain et situationnel, essentiellement en noir et blanc.
SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Jean Noel Bouyer : Cela fait maintenant deux années que je pratique la photographie de rue, à la fois dans ma ville (Nîmes) et les villes voisines (Arles, Uzès), mais aussi lors de mes déplacements (Paris…).
SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Jean Noel Bouyer : Pour acquérir des bases techniques plus solides et surtout compléter ma culture photographique, j’ai finalisé la formation ARVIA en 2024.
SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Jean Noel Bouyer : Mon matériel a fortement évolué sur les dernières années. J’utilise un Fujifilm X100 VI pour sa compacité en toute situation, mais aussi, depuis peu, un Sony Alpha 7 CR qui m’amène une gamme d’optiques plus large. Leur point commun : la visée déportée, qui m’autorise une vision plus large de l’environnement.
SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Jean Noel Bouyer : En photographie de rue, je visualise la plupart du temps en noir et blanc et j’enregistre en JPEG et en RAW. J’aime la compacité, la légèreté et la discrétion de ces deux boîtiers, quitte à passer pour un touriste, surtout dans les villes de mon périmètre. Je n’ai en général que le boîtier en bandoulière et je choisis une seule optique pour la session.
SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Jean Noel Bouyer : Ma photographie est concentrée sur une situation ou des individus en mouvement. Je suis moins à l’aise sur la proximité, bien que cela m’amène un contact et plus d’humanité dans ma démarche.
SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Jean Noel Bouyer : Je suis très inspiré par les « anciens » comme Depardon, Salgado, mais aussi par David Ken, qui me pilote en masterclass, et dont l’humanisme et la proximité avec les personnes me touchent.
SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Jean Noel Bouyer : Cette photo est réalisée à Paris, au Palais-Royal, et ce qui m’a intéressé est la complicité et le jeu des enfants, au milieu d’adultes qui passent sans les voir. C’est une photo spontanée.
SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Jean Noel Bouyer : Mon principal défi est d’engager le contact avec des inconnus dans la rue, et de réaliser des portraits avec le consentement sans aboutir sur une pose figée.
SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Jean Noel Bouyer : En premier lieu, je ne retiens pas de photos qui pourraient blesser ou humilier des personnes. Dans l’immédiat, j’essaie de traiter simultanément un cadrage, un jeu de lumière qui me séduit, avec la mise en situation de personnes pour animer le tout.
SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Jean Noel Bouyer : Oui, j’ai eu l’occasion de prendre en photo dans la rue un acteur bien connu. Alors que la photo est très correcte, et compte tenu de sa réaction et de son regard, j’ai décidé de ne pas la publier.
SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Jean Noel Bouyer : Je me considère encore comme un débutant, mais le plus important, c’est de prendre le temps, sans pression, et de prendre du plaisir avec le matériel, qui doit se faire « oublier ». Le jugement des autres n’est pas le plus important : la photo est surtout une expression personnelle de sa sensibilité et de sa vision du monde.
SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Jean Noel Bouyer : Je prépare une petite série sur la plage de Banyuls à la fin de l’été.
SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Jean Noel Bouyer : Pas encore.


