Une silhouette minuscule peut suffire
Reynald BEGIN photographie depuis la fin des années 1970, d’abord à l’argentique, dans le sillage de Robert Doisneau. Essentiellement autodidacte, il dit avoir pratiqué la photographie de rue bien avant d’en connaître le nom. Il alterne aujourd’hui un Ricoh GR III, toujours à portée de main, et un Nikon D850 monté d’un 35 mm, et cherche une photographie graphique, minimaliste et contemplative, où une silhouette minuscule suffit à donner son sens à une architecture. Le noir et blanc occupe une place essentielle dans son travail. Il a conçu trois livres photographiques — Ainsi de suite, L’âme du noir et blanc et Entre — et prépare un ouvrage consacré à ses photographies de rue.
On pose les questions à Reynald…
Reynald BEGIN a commencé la photographie à la fin des années 1970, à l’époque où la pellicule coûtait cher et où l’on ne déclenchait qu’une fois. Adolescent, il pratiquait la chasse-photo : traquer l’animal humain, dit-il, procure les mêmes sensations. Il a appris par la pratique, les lectures et les erreurs, convaincu que la difficulté essentielle n’est pas de maîtriser un appareil mais d’apprendre à voir. Sensible aux lignes, aux répétitions et aux espaces laissés libres, il fait de la présence humaine un élément graphique à part entière. Il cite Fan Ho, Luigi Ghirri, Pentti Sammallahti, Michael Kenna et Daidō Moriyama, et travaille aujourd’hui à la cohérence de son regard d’une série à l’autre.
SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Reynald BEGIN : Je crois avoir pratiqué la photographie de rue bien avant de connaître cette appellation.
J’ai commencé la photographie à la fin des années 1970, à l’époque de l’argentique. J’étais notamment attiré par les photographies de Robert Doisneau.
Je me rappelle être descendu de Nancy à Cannes, en 1986, pour m’amuser avec mon appareil pendant une journée. J’y avais pris un plaisir énorme !
Mais à l’époque, pour un jeune étudiant, la pellicule coûtait cher, même en noir et blanc. Alors, on prenait son temps. Le temps de choisir son sujet, son cadrage, et on ne déclenchait qu’une fois. Il fallait ensuite attendre d’être passé au laboratoire et sous l’agrandisseur pour découvrir si l’instant capturé avait été le bon…
Adolescent, je pratiquais la chasse-photo. Quelque part, traquer l’animal humain procure les mêmes sensations. Parfois, on est à l’affût, parfois on pratique la billebaude (chasse itinérante) : il faut alors avoir l’œil vif et les réflexes rapides.
Je pense que j’étais déjà attiré par les scènes ordinaires, les lieux traversés et les situations que le hasard met sous nos yeux.
Bien sûr, l’événement ou l’anecdote m’intéressent aussi dans la rue. Mais lorsqu’un personnage, une forme, une lumière ou un mouvement transforme soudain un environnement banal en image, j’ai le sentiment d’avoir atteint mon objectif.
La photographie de rue s’est donc imposée assez naturellement dans ma pratique, sans véritable rupture avec mes autres centres d’intérêt photographiques.
SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Reynald BEGIN : Je photographie depuis près de cinquante ans, mais je serais bien incapable de donner une date précise à laquelle j’aurais commencé la photographie de rue.
Ma pratique a évolué progressivement, au fil des années, des voyages, de la découverte des œuvres d’autres photographes et de l’évolution du matériel.
Elle s’est surtout enrichie avec l’arrivée du numérique et la facilité nouvelle de multiplier les prises de vue, mais aussi de les traiter soi-même.
Aujourd’hui encore, je ne trace pas de frontière très nette entre photographie de rue, paysage urbain et photographie minimaliste. Ce sont différentes expressions d’un même regard.
Je peux photographier une architecture déserte et, quelques instants plus tard, attendre qu’un passant entre dans le cadre pour lui donner une autre dimension.
SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Reynald BEGIN : Je suis essentiellement autodidacte. J’ai néanmoins suivi un stage à Paris qui m’a beaucoup aidé à dépasser une certaine retenue dans mon approche des gens. Depuis, j’ose davantage !
J’ai découvert la photographie à l’époque de l’argentique, en apprenant par la pratique, les quelques lectures, les expérimentations et, inévitablement, les erreurs.
L’accès à la culture photographique était nettement plus difficile qu’aujourd’hui. Il ne m’était pas toujours facile de découvrir les travaux des grands maîtres.
Mais cette manière d’apprendre m’a laissé une grande liberté. Je n’ai jamais vraiment cherché à reproduire une école ou à appartenir à un courant photographique particulier.
Avec le temps, j’ai acquis des connaissances techniques, mais je considère toujours que la difficulté essentielle n’est pas de maîtriser un appareil : c’est d’apprendre à voir.
Les livres de photographie et la découverte d’autres auteurs continuent à nourrir cette réflexion.
SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Reynald BEGIN : J’utilise principalement deux appareils assez différents : un Ricoh GR III et un Nikon D850 avec une focale fixe, généralement un 35 mm.
SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Reynald BEGIN : Le Ricoh GR III est particulièrement adapté à la déambulation urbaine. Il est petit, léger, discret, silencieux, et son objectif fixe équivalent à 28 mm offre une vision assez large pour intégrer les personnages dans leur environnement.
Sa discrétion est un avantage évident, mais ce que j’apprécie surtout, c’est qu’il se fait oublier. Je peux le garder à portée de main, même lors d’un simple déplacement sans intention de photographier. Il me permet d’observer tranquillement et de photographier sans que l’appareil devienne le centre de mon attention.
Mais j’ai moins de plaisir à le manipuler qu’avec mon Nikon D850. Je m’en suis rendu compte après l’achat du Ricoh : je m’étais imposé six mois sans toucher au reflex. Quel bonheur de remettre ensuite l’œil dans un véritable viseur !
C’est pour cela que j’alterne entre les deux appareils selon les situations. Le Ricoh est toujours avec moi, au cas où. Le Nikon, lui, demande un sac plus encombrant. Je l’emporte volontiers lorsque je me consacre une journée entière à la photographie de rue, à Paris par exemple.
Associé à mon Sigma 35 mm f/1.4 Art, le D850 me permet une approche plus posée, avec une excellente qualité d’image.
Je photographie en RAW et en JPEG, généralement avec une prévisualisation monochrome.
Je n’ai pas besoin de beaucoup d’accessoires pour la rue. Je préfère garder l’esprit disponible pour l’observation plutôt que de me préoccuper du matériel.
SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Reynald BEGIN : Bien sûr, je suis toujours à l’affût de coïncidences heureuses ou de situations cocasses, mais ma recherche se tourne aujourd’hui davantage vers une photographie graphique, minimaliste et contemplative.
Je suis particulièrement sensible aux lignes, aux structures, aux répétitions, aux rapports d’échelle et aux espaces laissés libres dans une composition.
La présence humaine m’intéresse beaucoup, mais elle n’a pas nécessairement besoin d’occuper le premier plan. Elle peut devenir un élément graphique à part entière, au même titre qu’une ligne, une ombre ou une forme. Une silhouette minuscule peut suffire à donner son sens à une architecture ou à transformer un espace apparemment vide.
Je recherche volontiers ces instants où les différents éléments d’une scène entrent en relation et composent, presque spontanément, un ensemble cohérent.
Le noir et blanc occupe une place essentielle dans mon travail. J’en apprécie la capacité à simplifier l’image, à révéler les structures et à laisser davantage de place à l’interprétation. Je préfère généralement les nuances de gris aux contrastes très spectaculaires. Mais lorsque la couleur apporte quelque chose à l’image, je n’hésite pas à la conserver.
SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Reynald BEGIN : Il y en a plusieurs, mais mes influences ne se limitent pas à la photographie de rue.
J’admire particulièrement Fan Ho, pour son extraordinaire maîtrise de la lumière, des ombres et de la géométrie urbaine. Certaines de ses photographies représentent pour moi une forme d’équilibre presque parfait.
Luigi Ghirri m’intéresse pour une autre raison : sa capacité à révéler l’étrangeté et la poésie de lieux ordinaires, sans chercher à les rendre spectaculaires.
Plus récemment, j’ai découvert avec beaucoup d’intérêt le travail de Pentti Sammallahti. Je me reconnais dans la discrétion de ses personnages, son attention aux paysages habités et cette manière de faire coexister simplicité, humour parfois, et poésie.
J’apprécie également les univers de Michael Kenna et de Daidō Moriyama, pourtant très différents l’un de l’autre.
Ce qui m’intéresse chez ces photographes, ce n’est pas tant de reproduire leur esthétique que de comprendre comment chacun a développé une manière personnelle et reconnaissable de regarder le monde.
SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Reynald BEGIN : Nous sommes en 1986, j’ai 22 ans et je suis étudiant. Mes parents m’ont autorisé à transformer l’une des deux salles de bains de la maison familiale en laboratoire photo noir et blanc, partiellement démontable.
Je ne sais plus très bien pourquoi, mais l’idée me vient un jour d’aller photographier le public du Festival de Cannes. Les vedettes ne m’intéressent pas vraiment, c’est plutôt toute l’agitation autour du Festival qui m’attire.
Je prends donc le train de nuit à Nancy pour arriver tranquillement à Cannes au petit matin.
À peine descendu du train, je découvre une rangée de photographes qui mitraillent quelqu’un sur ma droite. Anouk Aimée voyageait dans la même voiture que moi ! Alors, je fais comme tout le monde, je la photographie.
Peu après, un jeune homme noir m’aborde. Il porte un costume gris, des espadrilles et une écharpe violette en guise de ceinture, assortie au maquillage de ses yeux. Nous prenons un café ensemble. C’est un jeune auteur-compositeur-interprète qui cherche à percer et qui m’a pris pour un photographe professionnel !
Nous concluons une sorte de marché : je l’accompagne partout comme si j’étais son photographe attitré, et lui tente de nous faire entrer partout où il peut. L’idée m’amuse, je marche !
Nous voilà donc partis à déambuler sur la Croisette. Je passe mon temps à le photographier avec des inconnus, ravis de repartir avec un autographe, et à faire mes propres photographies de rue entre deux séances.
Finalement, pas d’interview à la radio, pas d’entrée au Bunker, le Palais des Festivals… Mais de très bons moments quand même !
Au bout d’un moment, la foule finit par me fatiguer. Je m’éclipse derrière le Palais pour explorer des endroits plus calmes.
J’arrive près d’une fontaine publique et là, au milieu des touristes et des gens en costume, je découvre un père qui se baigne avec ses enfants, presque nu, comme si de rien n’était !
La situation est tellement cocasse, tellement décalée par rapport à l’ambiance du Festival, que je prends une photographie. Une seule. Mais je sais déjà que c’est la bonne.
Je retrouve ensuite mon compagnon d’aventure et nos déambulations reprennent jusqu’au train du soir.
Quelques jours plus tard, je développe enfin ma pellicule. En découvrant cette photographie sous l’agrandisseur, je suis très agréablement surpris du résultat.
Elle reste, aujourd’hui encore, l’une de mes meilleures photographies, du moins à mes yeux.
Et ce qui me plaît particulièrement, c’est que, quarante ans plus tard, elle pourrait tout aussi bien avoir été prise hier. Rien, ou presque, ne permet de la dater.
Finalement, j’étais parti photographier le Festival de Cannes, et l’une des images que j’en ai rapportées n’a absolument rien à voir avec le cinéma !
SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Reynald BEGIN : Le principal défi est probablement de parvenir à faire coïncider une composition et un instant.
Je remarque souvent un lieu pour ses qualités graphiques : une succession de lignes, un contraste de formes, une ouverture, un espace vide. Mais il manque parfois un élément pour que l’image prenne véritablement sens.
Cet élément peut être un passant, un cycliste, une attitude ou simplement un déplacement dans le cadre.
Il faut alors savoir attendre, tout en acceptant que rien ne se produise. À l’inverse, certaines photographies naissent d’une rencontre totalement imprévue entre plusieurs éléments.
L’autre difficulté est de conserver une forme de simplicité. Une scène peut comporter beaucoup d’informations intéressantes, mais je cherche généralement à n’en garder que ce qui me semble essentiel.
SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Reynald BEGIN : Lors d’un stage de photographie de rue avec Genaro Bardy, nous avions un exercice à réaliser. Le mien consistait à faire des portraits très contrastés.
Un couple arrive derrière moi en discutant. L’homme passe à ma hauteur. Il a plein de petites dreadlocks sur la tête. Je trouve ça sympa et, spontanément, je le photographie à la volée.
Sa compagne réagit aussitôt : « Pas de photo ! »
Je prends alors le temps de lui expliquer que je participe à un stage, que nous avons un exercice à réaliser et que la coiffure de son compagnon m’a amusé photographiquement.
De fil en aiguille, la conversation s’engage, la méfiance disparaît et, finalement, elle accepte même que je fasse un portrait d’elle !
J’en ai retenu une belle leçon : un geste photographique un peu brusque, qui peut être perçu comme une agression, n’empêche pas une véritable rencontre. Avec un sourire, quelques explications et un peu de chaleur humaine, les situations peuvent se retourner complètement.
Je reste convaincu que les gens sont, dans l’ensemble, bienveillants. Il suffit parfois de prendre le temps d’aller vers eux.
Et bien sûr, si elle avait maintenu son refus, j’aurais effacé la photographie sans hésiter.
SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Reynald BEGIN : Ma manière de photographier limite naturellement certaines de ces difficultés.
Je recherche rarement le portrait rapproché d’un inconnu. Les personnages apparaissent le plus souvent dans un environnement plus large, parfois de dos, de profil ou à une échelle qui ne permet pas de les identifier facilement.
Cela ne signifie pas que la question du respect des personnes disparaît. Photographier dans l’espace public ne dispense pas de se demander ce que l’on montre et pourquoi on le montre.
Je ne recherche ni la situation humiliante ni l’exposition de la vulnérabilité d’une personne pour obtenir une image spectaculaire.
Pour moi, la liberté du photographe doit s’accompagner d’une attention à la dignité de ceux qui se trouvent devant son objectif.
SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Reynald BEGIN : Mon approche est généralement assez discrète, car je photographie davantage des situations et des rapports entre les personnages et leur environnement que des individus isolés.
Je considère qu’aucune photographie ne justifie de provoquer inutilement un conflit.
Lorsqu’une personne manifeste une gêne ou une opposition, il me paraît naturel de privilégier le dialogue et de ne pas insister.
Il m’est déjà arrivé d’effacer des photographies à la demande des personnes concernées. Cela ne me pose aucun problème. Je préfère renoncer à une image plutôt que d’imposer mon appareil à quelqu’un qui ne souhaite pas être photographié.
Je me rappelle une fois, près de la gare de Lyon : je vois un cycliste arriver avec une grosse remorque (ce n’était pas encore courant). Je décide de faire un filé de lui lorsqu’il passe devant moi. À peine la photo prise, une femme m’interpelle de l’autre côté de la rue. Elle traverse et me demande d’effacer la photo. Je lui explique qu’elle n’est pas le sujet et qu’en plus, elle est floue derrière le cycliste. Mais rien n’y fait. J’ai effacé ma photo pour lui faire plaisir.
SPF : Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui débute en photographie de rue ?
Reynald BEGIN : Je leur conseillerais d’abord de marcher et d’observer, sans se sentir obligés de rapporter des photographies de chaque sortie.
Il faut apprendre à remarquer ce que l’on ne voit plus à force de le côtoyer : une lumière particulière, une répétition de formes, une scène banale qui prend soudain une autre dimension.
Je leur dirais également de ne pas accorder trop d’importance au matériel. Un appareil simple, que l’on connaît parfaitement, suffit largement pour apprendre à regarder.
Je leur recommanderais aussi les quartiers très touristiques, où les photographies se prennent à longueur de journée et où l’on prête généralement moins attention au photographe.
Je les encouragerais aussi à ne pas chercher systématiquement l’image spectaculaire ou celle qui remportera immédiatement l’approbation des réseaux sociaux.
Une photographie discrète peut avoir beaucoup de force. L’essentiel est de trouver progressivement son propre regard.
Enfin, il faut accepter de ne rien trouver. Il y a des jours où l’on se sent très inspiré et d’autres où rien ne fonctionne. La créativité ne se commande pas, et l’observation a parfois besoin de temps.
SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Reynald BEGIN : Regarder beaucoup de photographies, mais pas uniquement des photographies de rue.
Le paysage, l’architecture, la peinture ou le cinéma peuvent apporter des idées très intéressantes sur la composition, la lumière et l’organisation de l’espace.
Je crois également à l’intérêt de revenir sur ses propres archives. Certaines images que l’on avait écartées prennent une autre valeur lorsqu’on les regarde plusieurs années plus tard ou lorsqu’on les rapproche d’autres photographies.
Construire des séries est, à ce titre, un exercice particulièrement enrichissant. On ne considère plus seulement chaque photographie pour elle-même, mais aussi pour les relations qu’elle entretient avec les autres.
Ce travail permet également d’apprendre à mieux se connaître, de découvrir ce qui revient régulièrement dans ses images et, finalement, de mieux comprendre son propre regard.
SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Reynald BEGIN : Je souhaite avant tout continuer à photographier, sans m’imposer de programme trop rigide.
Je travaille depuis quelque temps sur la cohérence de mon regard et sur la manière de rassembler des photographies prises à des époques et dans des lieux différents.
Cette réflexion a notamment pris forme avec Ainsi de suite, une série de neuf photographies reliées davantage par une sensibilité commune que par un sujet ou un récit traditionnel.
Cette série n’appartient pas à la photographie de rue, mais j’aimerais appliquer la même démarche à mes images de photographie de rue : rechercher les correspondances entre les photographies, les présences discrètes et les relations graphiques que l’on peut découvrir dans les espaces ordinaires.
J’ai également créé mon site personnel, reynald-begin.fr, pour présenter mes séries dans un environnement sobre, qui laisse aux images la place nécessaire.
SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Reynald BEGIN : Le livre constitue pour moi un prolongement naturel de la photographie. Il permet de construire un parcours, de donner un rythme aux images et d’inviter le lecteur à prendre son temps.
J’aime beaucoup ce travail de conception qui prolonge l’acte photographique et donne une autre forme à l’ensemble des images.
Je me suis ainsi amusé à concevoir pour moi trois livres photographiques : Ainsi de suite, L’âme du noir et blanc et Entre.
Ces ouvrages correspondent à des approches différentes de mon travail, mais ils partagent une même attention aux formes, aux espaces et aux relations entre les images.
Maintenant que le travail effectué avec ces trois livres m’a permis de mieux comprendre « mon style », j’envisage de réaliser un livre consacré à mes photographies de rue. J’en ai déjà conçu par le passé, mais ils oscillaient entre reportage et photographie de rue à proprement parler.
Avant d’envisager une publication ou une exposition, il me reste surtout à travailler la sélection des images !


