Une Conversation avec Valerie Kagy, une Éclaireuse de l’Instant dans la Photographie de Rue

Plongez dans l’univers captivant de la photographie de rue avec Valérie Kagy, une artiste dont l’objectif agit tel un témoin privilégié des scènes de vie à travers le monde. Dans cette entrevue exclusive, Valérie partage généreusement son parcours, ses inspirations et ses réflexions sur cet art qui saisit l’éphémère pour en révéler toute la profondeur. En naviguant à travers ses expériences mémorables, ses défis et ses projets à venir, nous découvrons non seulement une photographe passionnée, mais également une exploratrice infatigable de l’âme humaine au cœur des rues du monde entier.

On pose les questions à Valérie…

Dans cette interview, Valérie Kagy partage avec nous son parcours photographique.

SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?

Valérie Kagy : J’ai vraiment découvert la photographie de rue lors de mes voyages où il me tenait à cœur de créer de la proximité avec les gens et les situations pour y puiser la tonalité émotionnelle de chacune de mes journées.

SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?

Valérie Kagy : Je pratique la photo de rue depuis enfant ! Je voyageais déjà beaucoup avec mes parents, toujours armée d’un appareil photo et cette passion m’a poursuivie adulte.

SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?

Valérie Kagy : Je n’ai pas de formation académique en photographie, par contre j’ai fait deux immersions photographiques très importantes pour moi avec des photographes connus et de talent : *Nicolas Pascarel qui m’a appris à oser, oser m’approcher des gens, rentrer dans leur intimité, et créer des ambiances, le stage s’est déroulé pendant 10 jours (jour et nuit) au Cambodge
*Tibo Dhermy, grand reporter à National Géographic, qui m’a appris à faire parler mes photos, raconter une histoire, entendre des bruits et comprendre des mouvements a la seule observation de chacune de mes photos.

SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?

Valérie Kagy : J’ai longtemps utilisé un Nikon D700 avec les objectifs 14-24mm f/2.8 et le 24-75mm f/2.8 mais je crois que mon dos s’en rappelle. J’ai finalement opté pour un Leica Q2 qui me va à ravir.

SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?

Valérie Kagy : Mon Leica Q2. Je n’ai pas d’équipement préféré à part mon appareil photo, j’aime être légère, réactive et j’avoue photographier sur le coup de l’émotion plus que dans le raisonnement technique ! D’ailleurs j’adore les flous mais pas tous les flous ceux qui sont volontaires et qui expriment une émotion et/ou une dynamique.

SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?

Valérie Kagy : Je ne sais pas si j’ai un style en photographie de rue mais en tout cas je cherche à ne pas avoir un style particulier, de ne pas être connotée ou catégorisée. Les rues du monde entier m’attirent, les petites comme les grandes, celles qui partagent les lieux et les histoires des personnes dans des contextes et des cultures variées, celles qui entremêlent les lignes et les couleurs, la lumière et les ombres. Mon plus grand plaisir est de m’étonner moi-même de la beauté des émotions que je capture, de guetter et mettre en avant les expressions, les gestes et les détails que nous ne voyons plus dans ce monde qui court à cent à l’heure et qui racontent les histoires de ces rues, de ces gens. J’aime montrer le quotidien comme des moments extraordinaires et précieux.

SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?

Valérie Kagy : Oui beaucoup de photographes m’inspirent et pour ne citer que quelques uns : Vivian Maier, j’aime beaucoup le côté candide et insolite de ses photos ; Daida Moriyama, j’aime le noir et le contraste de ses photos, j’aime comment il transforme la subversion de ses photos en poésie et comment il réinvente les codes, complètement japonais et j’adore le Japon ; Julia Coddington, Rohit Vohra, Vinet Vohra qui sont des sources d’inspiration au quotidien des scènes de vie et de rue souvent en storytelling et documentaires.

SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?

Valérie Kagy : Mon principal défi est de m’approcher des personnes, de créer cette proximité et intimité….Quand j’y suis, l’émotion est partagée et ce sont les instants précieux de la photographie de rue où les photos sont les plus percutantes.

SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?

Valerie Kagy : Mes expériences mémorables au Cambodge, Birmanie et Vietnam sont toutes les fois où j’ai été conviée à entrer chez les gens pour faire des photos complètement intimistes. La photographie de rue se réinvente alors.

SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?

Valérie Kagy : Je ne m’interdis rien, je peux demander la permission ou non selon les cas. Si une personne est mécontente, j’explique ma démarche et si cela ne lui convient pas, je supprime la photo devant elle. Je respecte le choix de la personne. Je ne montre pas des situations préjudiciables pour la personne.

SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?

Valérie Kagy : Pour l’instant je n’ai jamais eu de situations délicates en photographe, des refus et des mécontentements oui mais jamais d’agressivité.

SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?

Valérie Kagy : S’inspirer des grands mais oser, sortir des codes, chercher l’émotion…

SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?

Valérie Kagy : Etre surpris, sortir de sa zone de confort.

SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?

Valérie Kagy : Mes projets en cours de réflexion seraient surtout de documenter plus les ‘rues’ du Pacifique où je vis car je trouve que cette région du monde est peu représentée dans le monde de la photographie de rue. Mes projets de voyage qui me sont inspirants : Je pars dans 15 jours à Tokyo pour la saison des Sakuras et à New York pour le womenstreetphotographers festival.

SPF : – Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?

Valérie Kagy : Des photos ont été soumises à différents appels à projet….donc on verra….

SPF : – Comment avez-vous rejoint Street Photography France ?

Valérie Kagy : J’ai rejoint la communauté Street Photography France en regardant, sur les réseaux sociaux, les photos des photographes de cette communauté qui m’ont séduites et inspirées.

SPF : – Quels avantages trouvez-vous dans l’appartenance à cette communauté ?

Valérie Kagy : Je trouve intéressant toute cette dynamique mise autour de la photo de rue, cela crée beaucoup d’émulation. Merci à tous ceux qui sont actifs dans ce groupe.

SPF : – Avez-vous des projets ou des idées pour renforcer la communauté de Street Photography France ?

Valérie Kagy : Des expositions en collectif….j’aime beaucoup l’idée des grands formats en extérieur pour habiller la nature avec des ‘éclatés’’ humains et en mouvement, j’aime ce contraste ….je ne sais pas si c’est déjà prévu…

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