SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Pascal Florès : Mon défi perpétuel, c’est de prendre des photos qui racontent une histoire, respectueuse des personnes et de l’environnement dans lequel elles figurent. Donc, il faut être proche des sujets pour espérer un bonne photo de rue. Comme disait Robert Kappa « Si la photo n’est pas bonne, c’est peut-être que vous n’êtes pas assez prêt ». J’ai toujours cette devise en tête quand je fais de la photo.
SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Pascal Florès : Quand je fais de la photo de rue, j’aime aller à la rencontre des SDF et parler avec eux un moment. Ils ont toujours de belles histoires à raconter avec des parcours de vie étonnants. Par contre, ils sont difficile à prendre en photo quand on est très proche d’eux, sauf si on a un zoom. Pour arriver à le faire, un climat de confiance doit s’installer entre eux et le photographe. Ça peut prendre du temps, beaucoup de temps. Plusieurs jours, plusieurs semaines, plusieurs mois parfois. Après c’est un vrai cadeau de la vie pour eux, surtout quand on leur transmet la photo en tirage papier.
SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Pascal Florès : Tant que la photo est prise dans la rue, je n’ai pas de problème avec ce qui m’entoure que ce soit pour les gens et l’environnement dans lequel ils évoluent. La rue est un spectacle gratuit et permanent. Par contre dès que je rentre dans la sphère privée d’une personne ou d’un groupe, je demande systématiquement l’autorisation de prendre des photos et pareil pour la diffusion s’il y a lieu. Ça se passe toujours bien car je privilégie le dialogue sans être insistant.
SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Pascal Florès : Non, je n’ai jamais eu de situations délicates à gérer en photographie de rue. La base de tout projet photographique, c’est le dialogue avec le ou les sujets. Bien expliquer la démarche qui m’amène à prendre une photo de la personne ou de situations avec des personnes. En étant pédagogique et transparent, cela se passe très bien et en plus je leur envoie par mail la photo. Ils sont contents car je me suis intéressé à eux.
SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Pascal Florès : Je n’ai pas trop de conseil à donner car je reste humble en tant que photographe. Le plus important, c’est la pratique constante quelque soit le matériel en sa possession. Il ne faut pas avoir peur de ses échecs. Même moi, je fais des photos « pourries » comme on dit. Il est important de rencontrer d’autres photographes pour un échange de savoir-faire, de connaissance et se former aux techniques de la photo. Pour une sortie photo de rue, il est primordial de bien préparer son équipement (batterie chargée, carte mémoire de bonne capacité, objectif bien nettoyé et de bonnes chaussures de marche). Lorsque l’on est dehors et avant de prendre des photos, je découvre l’endroit en faisant connaissance avec lui, afin de vaincre toute peur ou hésitation au moment des prises de vue. Je prends le temps de m’imprégner de l’atmosphère du lieu, du quartier et des gens que l’ont croisent. Je repère les points de lumière intéressants. A la prise de vue, je pratique en mode RAW ou DNG avec une vitesse minimum de 1/250 ème et priorité à l’exposition. Parfois, je monte à 1/500ème voir à 1/1000 ème en fonction des sujets et des mouvements. Pendant une longue période, je réglais mon appareil en mode manuel et je perdais trop de scènes de rue intéressantes à cause du temps passé à effectuer les réglages et pourtant j’adore le pratiquer car on est maître de son appareil. Mais dans la rue, je préfère me libérer de la contrainte technique du mode manuel pour me concentrer pleinement sur la scène, le cadrage et les bons angles de prises de vue. Plus votre photo sera bien pensée et bien prise au départ, meilleure elle sera et moins vous aurez à la retoucher en post production. C’est vraiment un gain de temps précieux à toutes les étapes de la prise de vue jusqu’au traitement en post production.
SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Pascal Florès : Je m’inspire beaucoup des maîtres de la photographie. Je consulte une multitude de livres les concernant et vais régulièrement aux expositions qui leur rendent hommage. Pour moi, il faut s’intéresser à l’histoire de la photographie pour trouver son style et sa créativité. Cela ne vient pas d’un coup. Il faut s’en inspirer, mais ne pas leur ressembler. Ils sont tellement uniques. En ce sens, les photos doivent montrer en premier lieu votre personnalité et dégager une émotion à partager.
SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Pascal Florès : Non, je n’ai pas de projet dans l’immédiat. En 2024, j’envisage de faire un portfolio de mes photos et continuer à pratiquer dans la rue partout où je me trouve.
SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Pascal Florès : Dans mon club photos à Villers sur Mer, chaque année une exposition photos est organisée. Les membres du club peuvent présenter leur travail au public. Ça sera la première fois que je ferai une présentation au public.
SPF : Comment avez-vous rejoint Street Photography France ?
Pascal Florès : J’ai rejoint SPF par hasard. Je l’ai découvert sur internet et trouvé la démarche novatrice aux travers des interviews de photographes de rue. Je me reconnaissais dans leur approche photographique très humaniste. Cela m’a donné l’envie d’être membre et de faire partie de cette communauté.
SPF : Quels avantages trouvez-vous dans l’appartenance à cette communauté ?
Pascal Florès : Je me nourris de l’inspiration des autres membres de part leurs photos, leurs vécu et sensibilité. Je l’avoue, SPF permet d’avoir une plus grande visibilité auprès du public.
SPF : Avez-vous des projets ou des idées pour renforcer la communauté de Street Photography France ?
Pascal Florès : Peut-être un jour organiser une belle exposition itinérante de photographies de rue en France.