Solène Bernard : Un Regard Intime sur la Street Photography
On pose les questions à SOLÈNE…
Dans cette interview, Solène Bernard partage avec nous son parcours photographique.
SPF : Votre parcours et background. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?
Solène Bernard : Alors mon parcours… J’ai d’abord commencé la photographie en autodidacte par le portrait il y a 7 ans maintenant. Ma passion pour la photographie est née grâce à mon grand-père et ma mère qui étaient toujours prêts à capturer le moindre moment de vie. Puis avec le temps, j’ai décidé d’acquérir mon premier boitier photo. Je voulais moi aussi laisser une trace, capturer ma propre vision du monde. Je pense que c’est de cette envie qu’est née mon amour pour la streetphotographie. Cela doit faire 4 ans maintenant que j’ai commencé. D’ailleurs, grâce à cet univers, j’ai énormément pris confiance en moi. Je ne sais pas comment l’expliquer mais il me pousse à explorer, à voyager. L’envie de découvrir des cultures, des visages, d’y ajouter mon regard, de me glisser partout comme une petite souris, est dévorante.
SPF : Quel équipement utilisez-vous pour votre travail en photographie de rue ?
Solène Bernard : J’utilise mon équipement de toujours. Mon petit SonyA7 en guise de boitier et pour mes objectifs j’utilise principalement mon 50mm 1.8 Sony ou mon 35mm 1.8 Samyang. A l’avenir j’aimerais acquérir un 28-75mm 2.8 de chez Tamron pour un côté pratique que ça soit en termes de portrait ou de photographie de rue. En effet, j’ai été une grande fan de focale fixe pendant des années. Aujourd’hui j’ai envie de pouvoir évoluer, de pouvoir capturer tout ce que mon œil voit grâce à un zoom et ainsi tester des nouvelles techniques ou cadres de photo.
SPF : Comment décririez-vous votre approche de la photographie de rue ?
Solène Bernard : Mon style est plutôt intime je dirais… J’aime capturer l’humain en règle générale. Je trouve que nous sommes des sujets passionnants et tellement hétéroclites. Doisneau (le grand Doisneau) me passionne. J’aimerais pouvoir transmettre au tant d’émotion dans mes photos que ce génie. L’amour, les moments singuliers de vie, des beaux bâtiments colorés, du streetart, des musiciens, je cherche toujours à capturer ce qui attire mon oeil. Je pense que les puristes ne seraient pas toujours d’accord avec mes photos. Certes, la lumière a toute son importance dans une composition mais je n’en fais pas non plus une affaire d’état. Ce n’est pas la lecture de la lumière qui va m’attirer personnellement mais plutôt une scène. Lors du dernier salon de la photo à Paris, j’ai pu faire la découverte du talent de Jean Christophe Béchet. Je me suis reconnue dans son univers. Ces images sont poétiques, elles nous amènent un questionnement, le désir de décrire l’histoire du cadre de la photographie. J’ai en tête une photo exposée tout simplement magnifique : Un homme de dos au milieu d’une salle remplie de tables de billard vides. Les tables sont bleues et contrastes totalement avec la lumière des néons jaunes de la pièce. On se croirait plonger dans une scène de cinéma. Qui est cet homme ? Que fait-il ici seul ? Attend t-il quelqu’un ? A quoi ressemble-t-il ? Voilà ce qui me passionne dans la photographie de rue. Capturer un instant qui peut susciter des milliers de questions. A mes yeux c’est l’émotion que dégage une photo qui la rend esthétique.
SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Solène Bernard : Il y a beaucoup de défis tels que le temps de la journée (je n’ai pas de matériel waterproof), trouver le temps aussi (je suis étudiante en alternance à côté et en tant que photographe professionnelle, je dois composer avec mon emploi du temps d’overbookée). Les gens peuvent aussi être un défi. Tout le monde ne se laisse pas photographier si facilement, surtout si la personne en question le remarque héhé. Pour la petite anecdote : j’étais en voyage à Porto lorsque j’ai tenté de prendre en photo un papy tout mignon entrain de bouquiner dans un parc. Quand celui-ci a compris que j’allais immortaliser son petit moment de tranquillité, il s’est alors retourné en pestant en portugais avec un regard mauvais. C’était assez comique comme moment.
SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Solène Bernard : Oh, j’y ai quelque peu répondu lors de la question précédente mais je dirai que je fais avec. Je respecte lorsque la personne me fait comprendre que ce n’est pas « open ». Par contre, si elle ne le remarque pas… Je capture la scène qui me plait comme une petite souris. Malgré tout, je tiens à respecter les enfants. J’essaie de ne pas mettre leur visage lorsqu’ils sont mineurs, mais surtout très jeunes ou bébés. C’est important pour moi.
SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Solène Bernard : Déjà je leur dirai qu’on commence tous quelque part ! Le plus important c’est de s’amuser. Il ne faut pas perdre de vue l’innocence du début ! Avoir toujours un petit appareil sur soi et hop, dès que quelque chose attire leur regard, « Clic ». Il faut beaucoup de curiosité sur le monde qui nous entoure je pense.
SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Solène Bernard : Mh, je dirai être curieux, se documenter, tester de nouvelles choses pour trouver ce qui nous plait ! Il faut travailler son œil.
SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Solène Bernard : Alors justement ce jeudi 30 novembre, j’expose mes photos pour la première fois (des portraits ahah). Mais à l’avenir, j’adorerai exposer mes photographies de rue !
SPF : Comment avez-vous rejoint Street Photography France ?
Solène Bernard : Par Instagram !
SPF : Quels avantages trouvez-vous dans l’appartenance à cette communauté ?
Solène Bernard : C’est intéressant de pouvoir tous communiquer sur Discord + l’exposition sur le site🙂
SPF : Avez-vous des projets ou des idées pour renforcer la communauté de Street Photography France ?
Solène Bernard : mhhh, peut-être des Meet up ?

