Se remémorer un souvenir — Julie Noaile

Julie Noaile photographie depuis l’enfance — d’abord avec des appareils jetables, à cinq ans, pour garder les souvenirs — mais elle ne fait de la photographie de rue que depuis un an, l’appareil s’étant fait attendre jusqu’à ses vingt-cinq ans. Un Fujifilm, un 18-50 qu’elle garde exprès pour s’obliger à s’approcher, et des couleurs tirées vers la nostalgie. De nature introvertie, elle a longtemps photographié depuis un angle de rue, cachée derrière les passants, avant que deux photographes de SPF rencontrés à Strasbourg ne lui donnent confiance. Ce qu’elle cherche n’est pas la belle image : c’est le moment simple, un peu anodin, qui fera remonter chez celui qui le regarde un souvenir, une personne, un endroit.

On pose les questions à Julie…

Julie Noaile a grandi dans une famille attachée aux souvenirs. À cinq ans, elle part déjà en balade avec un appareil jetable et photographie tout : les amis, les inconnus, les animaux, les paysages. Le regard lui est resté, tourné vers les autres, à guetter le moment qui ferait une image.

Elle s’offre son premier appareil à vingt-cinq ans et commence vraiment la photographie de rue il y a un an. Autodidacte, elle apprend en marchant, en regardant des vidéos, puis en rencontrant d’autres photographes. C’est à Strasbourg, où elle vient d’emménager, que deux membres de Street Photography France croisent sa route, regardent ses images et lui donnent la confiance qui lui manquait.

Son matériel est simple — un Fujifilm X-M5, un Sigma 18-50 qu’elle refuse de changer pour s’obliger à s’approcher, parfois un petit flash Godox. Elle aime le rendu nostalgique du boîtier, les scènes ordinaires, les silhouettes et les visages à demi cachés. Ce qu’elle veut d’une photographie, c’est qu’elle fasse remonter un souvenir chez celui qui la regarde.

SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?

Julie Noaile : J’ai grandi dans une famille qui a toujours accordé beaucoup d’importance aux souvenirs. C’est pourquoi, dès mes premières sorties, à l’âge de 5 ans, je sortais souvent avec un appareil jetable. J’ai pu capturer plein de moments, d’amis, d’inconnus, d’animaux ou de paysages. J’y ai découvert une réelle passion.

Cette passion s’est développée en grandissant. J’avais sans cesse le regard tourné vers les autres, à chercher le potentiel d’une belle photo capturant un moment, une émotion.

À l’âge de 25 ans, j’ai sauté le pas en m’offrant mon premier appareil photo. J’ai parcouru les rues accompagnée de mon appareil, et j’ai pu rencontrer des photographes de rue avec qui j’ai pu découvrir cet univers.

SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?

Julie Noaile : Je pratique la photographie de rue depuis 1 an.

SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?

Julie Noaile : J’ai appris à faire des photos en autodidacte. J’ai pu apprendre en pratiquant ou en regardant des vidéos sur YouTube ou sur les réseaux sociaux.

SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?

Julie Noaile : Actuellement, j’utilise principalement le Fujifilm X-M5 avec un objectif Sigma 18-50.

Il m’arrive également d’utiliser un mini flash Godox IT20F.

SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?

Julie Noaile : De nature introvertie, j’ai décidé de garder volontairement mon objectif 18-50, pour me « forcer » à aller au plus proche de ce que je souhaite photographier. Lorsque j’ai débuté la photographie de rue, j’allais « pécher » mes photos, j’étais souvent cachée dans un coin de rue, dans un angle, derrière des passants.

Concernant le boîtier, j’ai toujours eu une préférence pour les Fujifilm. J’apprécie particulièrement l’effet nostalgique qu’un Fujifilm peut donner aux photos. Les filtres ou presets me permettent de visualiser le potentiel d’un lieu et d’une scène.

SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?

Julie Noaile : Mon style de photographie de rue est basé sur les émotions et la nostalgie.

J’aime capturer des moments simples, anodins mais qui sont remplis de nostalgie. Je souhaite que chaque personne qui regarde l’une de mes photographies arrive à se remémorer un souvenir, une personne, un endroit.

SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?

Julie Noaile : J’ai découvert la photographie de rue grâce à Pape San puis à Nijat Kazimov. J’ai pu découvrir leurs photos via les réseaux sociaux ou par le biais de reportages.

Ce sont des photographes qui m’inspirent car leurs photos racontent quelque chose. Le but n’étant pas de capturer une « belle photo ».

SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?

Julie Noaile : Ma photo préférée est ma première photo après l’achat de mon appareil photo.

Elle est assez simple mais remplie d’émotion pour moi. Elle est symbolique car j’ai pu enfin  m’offrir un appareil photo. Mais elle l’est également parce qu’elle a été prise dans mon quartier dans lequel je vivais à Paris et que j’allais bientôt quitter pour aller vivre à Strasbourg.

SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?

Julie Noaile : Comme évoqué précédemment, il est assez compliqué pour une personne introvertie d’assumer son « rôle » de photographe de rue.

Par ailleurs, certains passants ne sont pas bienveillants et deviennent rapidement hostiles à la vue d’un appareil photo braqué sur eux ou sur d’autres.

SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?

Julie Noaile : Comme évoqué précédemment, dès mon arrivée à Strasbourg, en parcourant les rues accompagnée de mon appareil photo, j’ai pu rencontrer deux photographes de rue, membres de SPF. C’est grâce à eux que j’ai pu découvrir SPF.

C’était ma première interaction avec des photographes, et ils ont pu me donner leurs avis sur mes photos, cela m’a permis de prendre confiance en moi.

SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?

Julie Noaile : Lorsque j’essuie certaines interrogations concernant mes photos ou sur les risques liés à l’exposition des sujets sur les réseaux sociaux, j’essaye d’être pédagogue et d’expliquer l’idée qui ressort de mes photos.

Toutefois, je prends souvent des photos qui exposent partiellement des visages, ou des silhouettes.

SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?

Julie Noaile : Pour le moment, je n’ai pas vécu de situations délicates en photographie de rue.

Toutefois, je suis consciente que de telles situations existent et peuvent arriver, donc je m’y suis préparée. C’est le jeu.

SPF : Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui débute en photographie de rue ?

Julie Noaile : Je pense que faire de la photo est une philosophie de vie. On peut être doté du meilleur équipement, il convient avant tout de cultiver une curiosité, une ouverture d’esprit permettant de prendre des photos sensées.

Par la suite, il conviendra d’apprendre les bases de la photo, évidemment, mais je pense que mon conseil n°1 est de développer une réelle curiosité pour le monde qui nous entoure et son ouverture d’esprit.

SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?

Julie Noaile : Explorer.

Je dirai qu’il faut tout tester afin de chercher ce qui pourrait nous plaire, voire se tromper.

Sans essayer ou se tromper, on ne peut pas savoir ce que l’on apprécie.

Une fois qu’on a trouvé le style de photos que l’on souhaite développer, il convient d’échanger avec d’autres photographes, se renseigner, étudier ce style, le pratiquer. La photographie est un art, il convient de le maîtriser a minima, pour réussir à innover, à se démarquer des autres.

SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?

Julie Noaile : Pour le moment, je n’ai pas de projets à venir.

Dans le futur, je souhaite exposer mes photos, et vivre de ma passion. J’aimerais notamment pouvoir voyager pour aller prendre des photos variées en paysages et en sujets.

SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?

Julie Noaile : À l’heure actuelle, ce n’est pas l’une de mes ambitions.

Pour être honnête, je n’ai pas encore l’assurance nécessaire pour pouvoir me lancer dans des expositions ou des projets artistiques. Je ressens encore le besoin de pratiquer la photographie, de trouver ma direction pour exposer des photos dont je serai satisfaite.