Reportage avec Marie Laure Deloffre
La photographie de rue est une discipline captivante qui permet de capturer des moments uniques et spontanés dans l’environnement urbain. Dans cette entrevue, nous avons eu le plaisir de discuter avec Marie, une passionnée de photographie de rue depuis de nombreuses années.
Dans cette entrevue, nous explorerons ce qui attire Marie dans la photographie de rue, comment elle décrirait son style personnel, les sujets qui l’inspirent le plus, ainsi que les avantages et les difficultés auxquels elle est confrontée en tant que photographe amateur. Enfin, elle partagera des conseils précieux pour ceux qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue. Découvrez l’univers fascinant de Marie et sa passion pour la capture de moments authentiques dans les rues de nos villes.
Ayant commencé à s’intéresser à la photographie lors de ses voyages en sac à dos il y a environ vingt ans, Marie a développé un lien profond avec cet art visuel. La photographie de rue a toujours fait partie de sa pratique photographique, lui permettant de saisir des instants qui ne se répéteront jamais. Pour Marie, cette forme d’expression lui permet de traduire ses émotions et de raconter des histoires à travers des images figées dans le temps.
On pose les questions à Marie…
Mais comment définir un style dans ce monde volatil et en perpétuel mouvement?
Marie nous confie les secrets de son approche artistique. Sa spontanéité éclatante s’infiltre dans chaque prise de vue, peignant des tableaux visuels où l’authenticité se mêle à la poésie du quotidien. Selon elle, il n’y a pas de limites à l’expression artistique dans la photographie de rue, car chaque photographe y apporte sa vision unique, sa sensibilité personnelle.
SPF :
Comment et quand avez-vous commencé à vous intéresser à la photographie de rue ?
Marie :
En fait, j’ai commencé à m’intéresser à la photographie il y a environ vingt ans lorsque je voyageais en sac à dos. La photographie est une histoire de famille (c’est cliché mais pourtant réel !) : mon père la pratiquait quand il était jeune, mon frère a toujours aimé l’image, et ma sœur aînée est elle-même une photographe professionnelle que j’admire. J’ai toujours baigné dans cet univers de l’image.
Quant à la photographie de rue, elle a toujours fait partie de ma pratique photographique lors de mes voyages.
SPF :
Qu’est-ce qui vous attire dans la photographie de rue et qu’est-ce qui la rend unique pour vous ?
Marie :
Mon attrait pour la photographie de rue est multiple. Tout d’abord, c’est ma curiosité qui me pousse à capturer des moments qui ne ressemblent à aucun autre (c’est principalement cela qui rend la photographie de rue unique).
En même temps, je ne réfléchis pas trop, j’écoute aussi mon instinct et mes émotions. J’aime pouvoir traduire mes émotions à travers la photographie de rue, malgré le caractère figé de cet art. Une photo raconte une histoire et stimule également l’imagination de celui qui la regarde.
La photographie de rue est unique car elle permet de capturer des scènes où les sujets ne sont pas influencés, ils sont pris sur le vif. Elle est également unique par son aspect infini, offrant un champ des possibles immense, car le photographe ne maîtrise ni n’anticipe les scènes ou les situations qui se présentent à lui instantanément. Lors de voyages, je dis souvent à ma fille aînée d’observer attentivement ce qu’elle voit, ressent, et d’essayer de « photographier avec ses yeux », de figer ces moments en elle afin de s’en rappeler plus tard. Eh bien, c’est un peu la même chose pour la photographie, y compris la photographie de rue. J’adore pouvoir rendre unique un moment, une personne, une situation qui m’a procuré une émotion et avoir le privilège de m’en rappeler lorsque je regarde mes photos quelques semaines, mois ou années plus tard. Je pense que la photographie de rue est également une façon d’exprimer ce que nous n’arrivons pas toujours à dire ou à ressentir.
SPF :
Comment décririez-vous votre style de photographie de rue ?
Marie :
C’est très difficile de répondre à cette question (rires) : je dirais qu’il est spontané et qu’il me correspond ! D’ailleurs, je ne pense pas qu’il existe un style de photographie de rue, car elle est beaucoup trop volatile, selon moi.
SPF :
Quels sont les sujets qui vous inspirent le plus lorsque vous prenez des photos dans la rue ?
Marie :
J’adore photographier des scènes de vie, des personnes dans leur environnement, dans leur monde intérieur, dans leur spontanéité.
SPF :
Pouvez-vous nous parler d’une de vos photos préférées que vous avez prise en tant que photographe de rue ? Qu’est-ce qui la rend spéciale pour vous ?
Marie :
Le choix fut cornélien (j’ai eu beaucoup de mal à en choisir une seule !) car chacune d’entre elles me rappelle des souvenirs et des ressentis très différents. D’ailleurs, en écrivant ces lignes, je réalise que la photo reflète aussi une partie de moi.
J’ai finalement choisi une photo assez récente (début d’année 2023) : cet homme m’a touchée, je ressentais à la fois sa détresse, voire même sa tristesse, dans ses pensées, et je le trouvais beau. J’avais le sentiment qu’il était là sans vraiment y être. Il y avait beaucoup de monde, un groupe de musique jouait sur la place du Trocadéro, l’ambiance était festive. Je l’ai aperçu et je l’ai imaginé avec la même posture et la même ambiance il y a trente ans. Cette photo est spéciale car pendant quelques instants, j’ai eu la sensation que nous étions tous les deux dans une bulle au milieu de cette foule.
SPF :
Quels sont les avantages de faire partie d’une communauté de photographes de rue comme celle du Street Photography Magazine ?
Marie :
Je pense que faire partie de cette communauté va me permettre d’échanger avec d’autres photographes sur nos sensibilités respectives, nos visions de la pratique, nos projets, nos questionnements, et également de m’améliorer d’un point de vue technique.
SPF :
Quelles sont certaines des difficultés auxquelles vous êtes confrontée en tant que photographe de rue amateur et comment les surmontez-vous ?
Marie :
Parfois, je ressens le regard gêné ou dérangé d’une personne que je photographie, alors je lui souris et je baisse mon appareil photo. À d’autres moments, j’ai la sensation que la photo que j’ai prise ne reflète pas ce que j’ai vu et ressenti. Dans ces moments-là, je suis un peu déçue, mais je me dis que ce n’était peut-être pas le bon moment ou le bon cadrage.
SPF :
Avez-vous des conseils ou des astuces pour les personnes qui souhaitent commencer à pratiquer la photographie de rue ?
Marie :
Je pense qu’il est important d’écouter ses émotions, ses envies, de ne pas trop anticiper les réactions des inconnus et de se faire confiance. La photographie de rue est une forme d’expression personnelle qui ne doit pas être bridée par la peur ou les attentes des autres.
