Rencontre avec Jean-Claude Haag : Un Voyage au Cœur de la Photographie de Rue

Découvrez notre interview avec Jean-Claude Haag, membre de Street Photography France. Il partage son parcours autodidacte, ses inspirations et ses expériences uniques dans le monde de la photographie de rue. Un regard sincère et inspirant sur les défis et les joies de capturer l’âme des rues parisiennes.

On pose les questions à jean-claude…

Dans cette interview, Jean-Claude Haag partage avec nous son parcours photographique.

SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Jean-Claude Haag : Au moment du confinement, je suis resté à Paris. Les rues me paraissaient soudain exotiques et j’ai décidé d’en garder le souvenir. L’intérêt de la prise de vue, la curiosité et l’amour des balades dans Paris, puis, plus tard, le plaisir d’interagir brièvement avec des inconnus ont fait le reste. Ce n’est que secondairement, en surfant sur Youtube, que j’ai appris qu’il s’agissait d’une discipline spécifique.

SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Jean-Claude Haag : Depuis environ quatre ans j’ai essayé, petit à petit, d’imiter ceux que j’admirais dans la discipline de photo de rue.

SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Jean-Claude Haag : Je suis principalement autodidacte avec l’aide de cours ou de stages achetés ici ou là, principalement à des youtubeurs.

SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Jean-Claude Haag : En ce moment j’ai un Ricoh GR3 et un Leica Q3, le tout dans un petit sac bandoulière.

SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Jean-Claude Haag : Le Ricoh GR3 me permet des photos candides et proches. Le Leica Q3 me sert pour l’interaction avec les gens à qui je demande un portrait.

SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Jean-Claude Haag : Je cherche encore. Je ne suis même pas sûr de vouloir avoir un style. Le style est certes la manifestation d’une personnalité et d’une excellence dans une direction spécifique. C’est ce à quoi on reconnaît une artiste. Mais c’est aussi une limite, une seule direction. En ce moment, je cherche dans toutes les directions et je ne suis pas spécialisé. Je suis une sorte de généraliste, alors que le styliste est une sorte de spécialiste. J’aime photographier des gens, c’est une presque constante.

SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Jean-Claude Haag : J’ai acheté une formation avec Meyerowitz et j’ai été séduit, j’ai quelques livres de Saul Leiter que je trouve très poétiques, Alex Webb m’éblouit de sa virtuosité, Je considère Moriyama et Winogrand comme des maîtres, j’ai une tendresse pour Harry Gruyaërt et j’ai lu avec beaucoup d’intérêt la petite philosophie de la prise de vue photographique de Jean-Christophe Béchet…

SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Jean-Claude Haag : Une très jolie fille passe et j’ose lui demander un portrait. Je n’avais pas vu qu’elle était accompagnée de son ami. Elle pose un peu puis elle se jette dans ses bras en me regardant pour me montrer à quel point elle est amoureuse. Je n’ai pas le temps de refaire la mise au point, la photo est floue. Mais il y a tant d’émotion que c’est quand même une bonne photo.

SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Jean-Claude Haag : Je ne m’approche pas encore assez près. J’ai du mal à composer une scène équilibrée avec des éléments fugaces, indépendants, qui bougent chacun dans une direction différente. J’ai de la difficulté à décider a priori ce que je vais photographier, avant de sortir dans la rue, pour exprimer une intention dans mes photos. Je ne sais pas faire de séries préméditées.

SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Jean-Claude Haag : Un sans-abri était assis au milieu de la rue Montmartre à Paris. Le type était assez beau et sa posture était intéressante. Je m’apprêtai à faire la photo lorsque je me suis fait apostropher par deux passants qui me disent que c’est honteux de faire une photo de ce malheureux. Ils m’ont donné une bonne leçon : je me suis approché, je me suis assis en face de lui, comme lui, à son niveau, et j’ai commencé à lui parler. Ce n’est que plus tard que j’ai pris la photo. J’ai alors mieux compris la nécessité d’avoir de l’empathie au moment de tirer.

SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Jean-Claude Haag : Je suis assez simpliste : tu es dans la rue et je peux te voir, donc je peux te photographier. Je n’aime pas faire des photos dévalorisantes, donc je n’en fais pas.

SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Jean-Claude Haag : Oui bien sûr, il y a parfois des personnes qui estiment que l’on profite de leur image. Je les oublie vite. La grande majorité est enchantée qu’on lui prête attention.

SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Jean-Claude Haag : Je suis un débutant. Avoir toujours son appareil en mains chaque fois que l’on sort. Utiliser la même focale. Essayer des trucs. S’approcher.

SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Jean-Claude Haag : Hélas, je ne sais pas. J’aurais bien besoin, moi aussi de recommandations.

SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Jean-Claude Haag : Faire du tri dans mes fichiers, y chercher des séries, trouver un moyen de les montrer différemment que sur Instagram (en tirages).

SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Jean-Claude Haag : Je n’ai pas de réseau, alors je ne l’envisage pas pour l’instant.

SPF : Comment avez-vous rejoint Street Photography France ?
Jean-Claude Haag : J’ai trouvé SPF sur Instagram. C’est la première communauté française de street photo que je rencontre.

SPF : Quels avantages trouvez-vous dans l’appartenance à cette communauté ?
Jean-Claude Haag : L’échange de points de vue est sympathique.

SPF : Avez-vous des projets ou des idées pour renforcer la communauté de Street Photography France ?
Jean-Claude Haag : SPF fait déjà beaucoup. Si j’ai une bonne idée, je la partagerai.

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