Remettre de l’humain au cœur de l’architecture. Alain Le Gall

Alain Le Gall photographie depuis près de quarante ans. Longtemps tourné vers l’architecture, il a eu envie, il y a quatre ou cinq ans, d’y remettre de l’humain. Autodidacte, il travaille au Lumix G9II, au Fuji GFX100RF et au Ricoh GR monochrome, avec un viseur à hauteur de nombril pour rester discret dans la rue. Le week-end dernier, une journée en tête-à-tête avec JB Pellerin dans Paris lui a donné envie d’oser la couleur et la proximité.

On pose les questions à Alain…

Alain Le Gall dit ne pas avoir encore de style affirmé : plutôt un regard urbain et graphique, où il glisse de l’humain. Il raconte ici ce que les livres de Doisneau et de Cartier-Bresson ont déclenché dans sa jeunesse, pourquoi il aime viser à hauteur de nombril, et comment il tranche entre la photo volée et la photo demandée.

SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?

Alain Le Gall : La photographie de rue ou dans la rue, pour moi est l’essence même de la photographie de reportage, le reflet de la vie. Je pense avoir découvert cela par les livres de photos de Robert Doisneau, de Cartier Bresson dans ma jeunesse, ce sont principalement les lectures qui m’ont donné envie de m’y « frotter ». Ensuite l’arrivée d’internet à permis de mettre à l’honneur des photographes contemporains qui proposent des visions très différentes de la rue inspirantes.

SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?

Alain Le Gall : Si ma pratique de la photo date de près de 40 ans, la question que je me pose alors que je fais beaucoup de photos d’architecture, les composantes de la ville sont aussi des photos de rue, mais depuis maintenant 4 ou 5 ans, j’ai eu envie de remettre de l’humain au coeur de certaines photos d’architecture, plus assimilable à de la streetphotography.

SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?

Alain Le Gall : Je suis autodidacte, il m’arrive parfois de suivre des masterclass sur le theme de la photo de rue.

SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?

Alain Le Gall : Je travaille avec plusieurs boitiers, un Lumix G9II micro 4/3 avec différents objectifs fixes (équivalent 17, 28, 35, 50 mm) et zoom compacts, tous les objectifs sont à grande ouverture entre 1.7 et 2.8. un fuji GFX100RF moyen format. un Ricoh GR4 monochrome. en accessoire j’aime bien le viseur à hauteur de nombril (viewfinder) qui permet d’être discret en photo de rue.

SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?

Alain Le Gall : Le Fuji GFX100RF est pour moi l’équipement que je prefère car il me permet de prendre des photos à la fois d’architecture et de streetphotography, en pouvant cropper direcetement à la prise de vue.

SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?

Alain Le Gall : Je pense que je n’ai pas un stype affirmé pour le moment de streetphotography, mais plutot un style urbain, graphique en y mettant de l’humain.

SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?

Alain Le Gall : Je dirais henri cartier Bresson, Elliot Erwitt, Daido Moriyama, Saul Leiter, Robert Doineau bien sur, René Burri, vivian Maier.

SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?

Alain Le Gall : Cette photo est très récente, elle a été prise lors d’une masterclass avec JB Pellerin, je l’apprécie particulièrement car elle fait partie d’une journée particulièrement riche en échanges, en émotion, et qui m’a permis de revoir ma manière de photographier la rue, d’y mettre de la couleur et d’être plus proche des gens. Elle me met en perspective pour travailler un peu différemment par rapport aux photos que jusqu’à présent je faisais.

SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?

Alain Le Gall : Le principal défi est de choisir la manière de prendre les gens en photos quand ils sont une coposante de la photo de rue, soit on les prend de manière discrète ou cachée, genre un peu photo volée (mais pour moi avec un sentiment de culpabilité), ou prendre des photos de personnes en leur demandant l’autorisation mais qui necessite d’être à l’aise et d’oser.

SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?

Alain Le Gall : Mémorable oui c’est bien le mot, le week end dernier, en effectuant une masterclass avec JB Pellerin pour découvrir la rue, les gens, la couleur dans Paris, d’un quartier à l’autre, en osant demander aux personnes de pouvoir les prendre en photo. Et en effectuant des portraits de gens en pied, technique que jusqu’à présent je ne l’avais jamais envisagé. Cette journée en one to one avec un photographe professionnel, m’a permis d’envisager de prendre des photos différentes du confort dans lequel je m’étais installé et de tracer des perspectives.

SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?

Alain Le Gall : Comme je l’ai indiqué un peu plus tot dans l’interview, il y a 2 manières d’aborder cette problématique, entre photo volée (mais doit on la publier sans rien avoir demandé à la personne prise en photo ?) et la photo posée ou la demande est toujours faite avec un bonjour je peux prendre une petite photo de vous, en expliquant la démarche à la personne prise, en lui laissant ma carte et en leur transmettant la photo quand la personne me le demande.

SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?

Alain Le Gall : J’ai eu des refus, cela fait partie du jeu. Parfois des personnes agressives lorsqu’elles ont vu que je les prenais en photos, mais que j’arrive à gérer en expliquant ce que je fais, pourquoi, je le fais et en montrant mon compte instagram par exemple.

SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?

Alain Le Gall : Je dirai avoir un brin de confiance en soit, ne pas désespérer devant des refus de personnes, prendre énormément de photos pour les analyser ensuite, cadrage, composition, s’inspirer aussi quand on débute d’autres photographes et échanger autant que faire se peu avec d’autres photographes. Marcher beaucoup 😉 et au départ choisir peut être des grandes villes.

SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?

Alain Le Gall : Quels conseils donner, ce n’est pas l’appareil photo qui fait la bonne photographie, ne pas trop s’embarrasser avec la technique, essayer, tenter, tester, et admettre aussi que la photo n’est pas bonne. S’inspirer en regardant des livres, suivre des photographes de rue sur instagram peut être et poster.

SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?

Alain Le Gall : J’aimerai retourner dans des endroits ou je me suis focalisé un peu trop sur l’architecture en élargissant mon point de vue et en retravaillant avec des personnes prises dans la rue pour donner une autre lecture à mes photos.

SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?

Alain Le Gall : Pour l’instant non, mais si l’occasion se présente pourquoi pas. Dans l’immédiat je vais travailler à construire un site internet pour donner une visibilité à mon travail.

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