Prêter attention à ce qu’on ne voit plus. Marion VDE
Marion VDE est venue à la photographie de rue par l’art urbain, puis par les expositions, attirée par tout ce qui se passe dans la rue. Elle a commencé en 2025 avec un Fujifilm X-S10 d’occasion acheté « juste pour voir », avant que son père ne lui donne son vieux Minolta X-700 — avec une pellicule de 1985 encore intacte. Autodidacte, elle photographie sans démarche figée : flâner, observer, déclencher. Le paysage urbain est son terrain de jeu favori, et l’argentique son retour en enfance.
On pose les questions à Marion…
SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Marion : J’ai toujours aimé l’art urbain, je suis passionnée par les œuvres de street art ou les petits détails que des artistes s’amusent à révéler pour ceux qui y prêtent attention.
Marion : En allant dans des expositions photo, j’ai été particulièrement attirée par tout ce qui se passait dans la rue, et tout ce que les photographes prennent le temps d’observer et de capter.
SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Marion : Je débute ! J’ai réellement commencé la photographie de rue en 2025, en m’achetant un Fujifilm X-S10 d’occasion « juste pour voir ». Puis mon papa m’a donné son vieux Minolta X-700, avec une pellicule datant de 1985 !
SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Marion : Je suis une autodidacte !
SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Marion : Je possède un Fujifilm X-S10 avec un objectif 18-50 et une focale fixe 35 mm. Puis un appareil argentique Minolta X-700 avec un objectif 35-70.
SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Marion : J’adore shooter avec la focale fixe 35 mm : elle est suffisamment grand angle pour inclure une grande partie de l’environnement, elle est discrète, et elle m’oblige à réfléchir à la distance et à la composition de la scène.
SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Marion : Mon style ? Ne pas avoir de démarche artistique figée ! Flâner, observer, et déclencher quand je me dis que ça pourrait donner quelque chose de sympa. Un jeu de lumière, une silhouette pressée, une couleur qui perce, un détail qui s’impose… ou qui disparaît.
Marion : Pas de thème précis, pas de style prédéfini, même si je peux dire que le paysage urbain me plaît plus particulièrement : c’est mon terrain de jeu favori ! Les morceaux de vie dans la rue, une façade, des lumières… je me laisse interpeller par les éléments bruts et le quotidien des personnes que je rencontre.
Marion : Et en compilant tout ce banal, j’en viens à garder une trace de ce qui m’a traversée, pour en révéler l’essence.
SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Marion : Bien sûr ! J’adore Martin Parr, Alex Webb, Matt Stuart, Pau Buscató ! C’est une grande source d’inspiration !
SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Marion : C’est une photo que j’affectionne particulièrement car c’est ma toute première photo de rue ! J’ai osé photographier directement une personne inconnue, en action, dans un environnement assez graphique.
Marion : Le garçon m’a regardée ensuite, et nous avons échangé un sourire : je me suis dit que cela commençait plutôt bien ! Quand j’ai vu la photo chez moi, j’ai adoré le rendu. C’est donc ça, la street ?! Bim ! C’est ça que je veux faire !
SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confrontée en pratiquant la photographie de rue ?
Marion : Le plus compliqué, c’est d’être discrète ou de ne pas déranger les gens. De nos jours, c’est délicat de se faire prendre en photo par un inconnu et de le tolérer. J’essaye donc de me faire la plus discrète possible, ou alors je demande directement aux personnes si je peux les photographier : cela permet de briser la glace et souvent les gens acceptent volontiers.
SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Marion : Je crois que ce sont les premiers clichés avec le Minolta X-700. J’ai déclenché et le son m’a transportée ! C’était un vrai retour en enfance.
Marion : J’ai alors reçu mes premiers clichés argentiques, notamment ceux de la pellicule de 1985 ! Et wow, incroyable ! Non seulement elle était intacte, mais j’ai été touchée par le grain, les couleurs ; alors j’ai eu envie de retourner dans le rythme lent de la photo, avec un brin de nostalgie.
Marion : Lorsque je le pose sur une table dans un café, il n’est pas rare que l’on me pose des questions, et j’aime beaucoup les discussions qui suivent. Il y a beaucoup d’amateurs de photo argentique, notamment ceux qui en ont utilisé dans leur jeunesse. Échanger, partager les expériences et apprécier collectivement ce retour à l’analogique me fait du bien au moral !
SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Marion : C’est un sujet assez délicat chez moi. Je me pose toujours des questions sur les limites de ma pratique. Est-ce du reportage ? Est-ce que cela justifierait donc mes prises de vue ?
Marion : Prendre en photo des inconnus sans leur consentement tient une grande part dans la photographie de rue, et je me rassure un peu en me disant qu’ils participent à révéler la part d’humanité en zone urbaine, et qu’ils embellissent les scènes de vie. En revanche, je m’impose des limites à ne pas franchir afin de pratiquer dans le respect et la bienveillance.
SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Marion : Oui, des personnes qui se rendent compte qu’elles sont photographiées et à qui ça ne plaît pas. Il peut y avoir des gens agressifs, mais la plupart du temps j’essaye d’expliquer ma démarche et, si c’est possible, je montre le cliché. Si la personne ne souhaite pas que je le conserve, je l’efface et je respecte ce choix. C’est une question de respect mutuel.
SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Marion : Marcher dans la rue et prêter attention à ce qu’on ne voit plus. Ne pas chercher absolument LE moment, LA scène, et accepter que parfois il ne se passe rien. Simplement se dire qu’avec un appareil dans la main, on déambule dans une ville différemment. On regarde les choses sous un autre œil, et ça déjà… c’est une expérience à part entière.
SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Marion : Jouer avec la lumière, les ombres, les couleurs qui percent. Ce sont des éléments qui donnent un vrai style à une photo de rue. Il faut prendre le temps de regarder : il y a des milliers de choses à faire apparaître. C’est une quête sans fin !
SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Marion : J’aimerais beaucoup exposer un jour. Cela serait la consécration et l’affirmation du style street photo que je développe jour après jour.
SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Marion : J’aimerais beaucoup ! Je n’ai pas de projets précis car je suis toute nouvelle dans le milieu de la photo, mais avoir une page en tant que membre SPF, c’est déjà un premier pas !


