Préparer sa sortie, puis se laisser surprendre
Robert Doisneau, Henri Cartier-Bresson, Vivian Maier, Martin Parr, Elliott Erwitt : Lionel Kasparian nomme ses maîtres sans détour. Il est venu à la photographie de rue par une initiation au journalisme, qui lui a donné les règles de base, et la rue ne l’a plus quitté depuis cinq ans. Un Canon EOS RP, une focale fixe de 35 mm : il dit sa composition conventionnelle et cherche l’écart ailleurs, dans le sujet et dans le cadrage. Son terrain du moment est l’architecture brutaliste.
On pose les questions à Lionel…
Lionel Kasparian a découvert la photographie de rue presque en même temps que la photographie elle-même. Le médium l’attirait sans qu’il en comprenne encore le fonctionnement ; une initiation au journalisme lui en a donné les règles de base, et il s’est lancé dans l’aventure avec la rue pour terrain d’expérimentation. Elle ne l’a jamais quitté depuis : cinq ans de pratique. Il a appris le reflex en formation, et le reste sur le tas.
Il travaille au Canon EOS RP avec une focale fixe de 35 mm, qu’il aime pour sa polyvalence, sa légèreté et son rendu immédiat, au plus près de ce que l’on capte dans le viseur ; un trépied, des filtres ND et un polarisant complètent le sac. Il décrit sa composition comme assez conventionnelle et cherche à se démarquer ailleurs : par l’originalité des sujets et par un cadrage plus personnel.
Son terrain du moment, c’est l’architecture urbaine. Il a commencé par le brutalisme et compte poursuivre, Paris étant selon lui un merveilleux terrain de jeu ; une autre série l’attend, sur l’eau dans tous ses états. Son conseil à qui débute tient en deux temps : préparer sa sortie en amont, avec l’idée de la série ou de l’histoire que l’on veut raconter — puis, une fois dehors, se laisser surprendre.
SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Lionel Kasparian : J’ai découvert la street photo quasiment en même temps que je me suis mis à la photographie. C’est un médium qui m’a toujours attiré sans que j’en comprenne le fonctionnement. Et à la suite d’une initiation au journalisme au cours de laquelle j’ai compris les règles de base de la photographie, je me suis lancé dans l’aventure avec pour terrain d’expérimentation : la rue. Qui ne m’a jamais quittée…
SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Lionel Kasparian : Je pratique la street photo depuis 5 ans.
SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Lionel Kasparian : J’ai appris le fonctionnement du reflex et les règles de base par le biais d’une formation en journalisme mais par la suite je me suis formé sur le tas.
SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Lionel Kasparian : J’utilise un Canon EOS RP muni d’une focale fixe de 35mm, un trépied, et des filtres ND ou bien un polarisant.
SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Lionel Kasparian : J’aime beaucoup ma focale fixe de 35mm car elle reste malgré tout assez polyvalente et le rendu immédiat est au plus près de la réalité de ce que l’on capte dans le viseur. De plus, elle n’est pas très lourde et possède un stabilisateur intégré.
SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Lionel Kasparian : J’ai un style assez conventionnel en termes de composition. J’essaie de me démarquer principalement de par l’originalité des sujets que je vais rechercher associés à un cadrage plus personnalisé.
SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Lionel Kasparian : Il y en a plusieurs bien sûr mais je peux citer Robert Doisneau, Henri Cartier-Bresson, Vivian Maier, Martin Parr ou Elliott Erwitt.
SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Lionel Kasparian : C’est une de mes préférées pour plusieurs raisons : je l’ai prise alors que j’étais en sortie pour faire une série sur l’architecture brutaliste donc c’est un hasard absolu. D’autre part, le cliché incarne ce que Cartier-Bresson appelle « le moment décisif », j’ai pu déclencher au climax de l’action ce qui rend le cliché très dynamique. Enfin, il y a l’histoire derrière la prise de vue ; nous étions en juillet et ces jeunes gens, faute de pouvoir partir en vacances, trompaient l’ennui en défiant les lois de la gravité, au risque de gravement se blesser. Ou le quotidien de classes sociales pour lesquelles les loisirs, faute de moyens, se résument à chercher le frisson ailleurs.
SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Lionel Kasparian : Le principal défi est de réussir à trouver le bon angle, notamment pour la photo architecturale, pour ne pas se cantonner à de la prise en contre-plongée. Le défi est donc de trouver un spot élevé, ou de jouer sur les perspectives afin de varier les points de vue sur des moments maintes fois photographiés.
SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Lionel Kasparian : Il m’est arrivé à l’occasion d’une sortie de croiser une femme incroyablement élégante qui passait devant une devanture tout aussi esthétique. Le timing était parfait aussi ai-je littéralement couru vers elle pour lui demander, d’une part son autorisation pour la photographier, et d’autre part, que l’on refasse la scène le temps que je règle et que je cadre. Cela fait partie des bons moments puisqu’elle s’est prêtée au jeu avec enthousiasme.
SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Lionel Kasparian : Sauf consentement explicite, comme expliqué plus haut, je fais toujours en sorte que les visages n’apparaissent pas, ou alors je les efface en post-traitement.
SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Lionel Kasparian : J’avoue que jusqu’à présent cela ne m’est encore jamais arrivé…
SPF : Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui débute en photographie de rue ?
Lionel Kasparian : Je ne suis absolument pas un expert aussi le conseil que je pourrais donner, et celui que je suis, est de préparer sa sortie en amont avec l’idée de ce que l’on veut faire, de la série que l’on prépare ou de l’histoire que l’on veut raconter. Et une fois dehors avec son appareil en main, se laisser surprendre.
SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Lionel Kasparian : S’inspirer des grands photographes, et pratiquer, encore et encore, se tromper, recommencer pour ainsi affiner son œil, sa sensibilité et sa créativité.
SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Lionel Kasparian : J’aimerais dans un futur proche, continuer à faire des séries sur les différents types d’architectures urbaines. J’ai déjà commencé avec le brutalisme, il y a encore beaucoup à dire, et Paris est un merveilleux terrain de jeu pour ceci.
SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Lionel Kasparian : Je voudrais préparer une série pour le magazine France Photographie, sur le thème de « l’eau dans tous ses états ».


