Philippe Bourgeois : La rue en simplicité
On pose les questions à Philippe…
Dans cette interview, Philippe Bourgeois partage avec nous son parcours photographique.
SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Philippe Bourgeois : J’ai découvert la photographie de rue en allant voir des expositions et dans des livres.
SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Philippe Bourgeois : J’ai commencé vers 2011.
SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Philippe Bourgeois : Autodidacte, la photographie a toujours été présente pour moi. Mon père faisait des photos. J’ai débuté en argentique avec un Agfamatic Pocket puis Minolta. Je faisais plutôt de la photo souvenir. Avec l’ère numérique et la technologie de plus en plus performante, la photographie est devenue plus accessible. Ces nouvelles possibilités m’ont donné envie de me perfectionner dans un club photo. Il m’a ouvert à une culture photographique que je n’avais pas.
SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Philippe Bourgeois : J’ai mes repères avec Sony. J’utilise un A7III avec un objectif 35, parfois un petit zoom 28/60.
SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Philippe Bourgeois : Mon Sony, avec son 35 f2.8, c’est un bon compromis assez léger et peu encombrant.
SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Philippe Bourgeois : Je suis un amateur et n’ai pas un style bien précis. Montrer la continuité de la vie tout en capturant des moments éphémères, garder une trace, raconter le quotidien. C’est ce que j’essaie de faire.
SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Philippe Bourgeois : La photo humaniste me touche beaucoup. J’aime regarder tous les photographes que je peux voir. J’ai la chance de pouvoir visiter des expositions en région Rhône-Alpes, j’ai découvert Sabine Weiss, Depardon, Marc Riboud, Erwitt, Mcc Curry, mais aussi, Mila P’lums, Elaine Vallet, Bruno Paccard, Éric Forey, dernièrement avec SPF Orioto et beaucoup d’autres. La photographie documentaire d’Anders Peterson et Ljubisa Danilovic m’a également fortement impressionné.
SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Philippe Bourgeois : J’ai choisi cette photo prise en 2012. C’est le musée du jouet, il était en travaux. J’ai trouvé amusant de voir ces personnes âgées le visage collé sur la vitrine, comme impatientes de découvrir le musée après rénovation. J’aime le côté humoristique de cette image. La photographie en général montre des instants figés. Les personnages ne sont pas à l’arrêt, ils continuent leur voyage dans notre esprit. Que font-ils, où vont-ils, c’est une invitation à la réflexion et à l’imagination de chacun. C’est ce qui me plaît dans la photo de rue.
SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Philippe Bourgeois : J’habite en zone rurale, il n’y a pas foule dans les rues.
SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Philippe Bourgeois : Pas mémorable, mais des échanges, de belles rencontres.
SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Philippe Bourgeois : Respecter la dignité humaine. Je m’interdis de prendre des personnes dans des situations gênantes, j’évite de photographier les enfants.
SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Philippe Bourgeois : Non, certaines personnes manifestent le souhait de ne pas être prises en photo et bien souvent, après une discussion, tout se règle. J’ai toujours une carte sur moi avec mes coordonnées.
SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Philippe Bourgeois : Sortir, sortir, faire des photos.
SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Philippe Bourgeois : Être curieux, regarder, voir, s’inspirer d’autres photographes, développer une culture photographique.
SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Philippe Bourgeois : Prendre toujours plaisir à faire des photos et à découvrir le travail d’autres photographes.
SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Philippe Bourgeois : Il m’arrive de faire des petites expos, en amateur, sans prétention, ça reste très local.
SPF : Comment avez-vous rejoint Street Photography France ?
Philippe Bourgeois : Avec Instagram.
SPF : Quels avantages trouvez-vous dans l’appartenance à cette communauté ?
Philippe Bourgeois : Comme je l’ai dit précédemment, je vis en zone rurale, la photographie de rue n’y est pas bien présente. Je suis très fier d’être accepté dans cette communauté, je me sens moins seul. SPF est tellement riche de photographes talentueux, c’est réconfortant et très inspirant.

