Octave Ménage : L’Art Subtil de la Rue à Travers l’Objectif

Plongez dans l’univers d’Octave Menage, photographe de rue passionné et membre de Street Photography France.
À travers cette interview, il dévoile son parcours, ses influences, et ses conseils pour capturer la beauté cachée des scènes urbaines. Une perspective sur l’art de la photographie de rue.

On pose les questions à Octave…

Dans cette interview, Octave Ménage partage avec nous son parcours photographique.

SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Octave Ménage : J’ai découvert la photographie de rue suite à une overdose de photographie de paysages. Je venais de faire un voyage en Islande, j’étais sur-équipé en termes de matériel photographique, des objectifs pro à la rotule panoramique en passant par les filtres Lee. Et passer du temps à retoucher des photos de paysages certes magnifiques, mais jamais assez parfaites, je n’en pouvais plus. Et je voyais les mêmes partout.
Si la nature est magnifique, je ne la trouve jamais aussi belle en photographie qu’en vrai. C’est l’inverse de la ville, que je n’apprécie pas pour sa beauté ; mais j’aime l’idée que l’on puisse trouver des instantanés de grâce dans la tristesse urbaine. C’est ça pour moi la photographie de rue.

SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Octave Ménage : C’est tout compte fait assez récent. Je m’y suis mis il y a 8/9 ans, mais j’ai passé ces cinq dernières années très occupé par une formation professionnelle chronophage. Il n’y a que depuis ce mois de juin que je trouve un peu de temps pour m’y remettre.

SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Octave Ménage : Aucune. J’avais cette envie depuis longtemps, quand un oncle m’avait offert son vieux Praktica à l’adolescence.

SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Octave Ménage : Pour l’instant, je photographie seulement avec mon téléphone. C’est souvent frustrant, car pas assez rapide, et sûrement pas le meilleur équipement pour capter la lumière. Il suffit à mon niveau. Mais j’envisage dans les mois qui viennent d’acheter un petit appareil pratique et maniable, un X100 ou un Ricoh GR.

SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Octave Ménage : Je ne l’ai pas encore trouvé « mon style », en tout cas, je n’ai pas la prétention d’en avoir un.

SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Octave Ménage : Il y a quelques auteurs dont je ne me lasse pas de regarder les ouvrages, Garry Winogrand, Harry Gruyaert, Fred Herzog, ou encore Saul Leiter. Et puis, il y a des photographes actuels que l’on trouve sur les réseaux. J’aime la créativité de Richard Koci Hernandez, ou le talent pour capter la lumière d’Orietta Geraldin Spinola.

SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Octave Ménage : Il y a une photographie qui n’est pas sensationnelle, mais qui me plaît. C’est celle toute simple d’une rangée de pigeons alignés un jour de ciel bas l’hiver, sur le toit du marché de Talensac. Il y avait cette odeur puissante et désagréable de poisson à l’extérieur, les déchets de la fin du marché. Et puis un pigeon s’est envolé, quittant l’alignement, se plaçant dans le ciel sombre entre le toit et une branche nue. J’y vois toujours comme un haïku quand je la regarde.

 

SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Octave Ménage : Le défi ultime, c’est capter l’instant. Et pas celui par défaut, pas le dixième de seconde d’après. Celui que mon œil avait saisi.

SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Octave Ménage : Je ne puis pour l’instant partager quelque expérience mémorable en photographie de rue. La seule chose que je puisse dire jusque-là, c’est que les meilleurs instants de beauté fugace que j’ai vus, je n’ai pas réussi à les saisir. Mais sans la démarche du photographe de rue, je ne les aurais sans doute pas perçus.

SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Octave Ménage : La limite est la photographie compromettante ou touchant à la dignité de la personne. Je ne cherche pas cette provocation.

SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Octave Ménage : Peu jusque-là. J’essaie d’être toujours souriant et discret. Et si j’éveille les soupçons, je vais directement voir les personnes que cela inquiète de voir quelqu’un rôder en quête d’images. Et je leur explique mes intentions. Voire je leur montre mes images.

SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Octave Ménage : Je leur conseillerais de s’intéresser à l’art et à la beauté en général, de ne pas fantasmer le matériel photographique, et d’oser un peu plus que je n’ose.

SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Octave Ménage : Dévorer des livres de grands photographes, aller voir des expositions me semblent plus enrichissant, plus imprégnant qu’une visualisation rapide sur écran. Et observer les tableaux de maîtres – qui sont pour moi les précurseurs des photographes – dans les musées.

SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Octave Ménage : J’ai quelque projet de reportage photographique pour la fin d’année, et les jours sombres. Avec des thématiques déjà toutes trouvées, mais il me faudra investir dans un appareil photo digne de ce nom avant cela.

SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Octave Ménage : J’ai participé au dernier concours de Street Photography France, c’était la première fois.

SPF : Comment avez-vous rejoint Street Photography France ?
Octave Ménage : J’ai découvert votre site en postant quelques photographies via Instagram. De fil en aiguille, j’ai trouvé chouette l’idée de faire partie d’une communauté de photographes.

SPF : Quels avantages trouvez-vous dans l’appartenance à cette communauté ?
Octave Ménage : Il me faudra quelques mois pour répondre à cette question. Ce qui me plaît, c’est de pouvoir découvrir à travers les reportages et les interviews, ce qui anime l’Homme derrière l’appareil.

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