Ne pas oublier l’humain dans la ville. Ramon Diaz Diaz
Abonné dès 1981 aux magazines Photo et Photo Reporter, Ramon Diaz Diaz y découvre les photographes de la photo de rue humaniste, celle qu’il préfère. La même année, avec un Minolta SRT100x argentique, il commence à garder la mémoire de ses enfants qui grandissent. Autodidacte, il n’a suivi aucune formation. Aujourd’hui, il photographie avec un Sony Alpha IV lorsqu’il a un projet précis, et garde toujours un Sony RX100 III dans sa poche. Cartier-Bresson, Doisneau, Erwitt et Weegee l’inspirent. Dans la rue, il aborde volontiers les personnes photographiées, leur montre l’image et la leur transmet souvent via Instagram.
On pose les questions à Ramon…
SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Ramon Diaz Diaz : Plutôt, comment la photo de rue est devenue un intérêt croissant : au travers de voyages, de découvertes de villes où j’aime me promener le nez en l’air pour en mémoriser l’ambiance, le plaisir d’être où je suis.
Abonné depuis 1981 au magazine Photo et Photo Reporter, j’ai pu découvrir des photographes qui témoignaient de la photo de rue humaniste, celle que je préfère : ne pas oublier l’humain dans la ville, la nature, bref la vie.
SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Ramon Diaz Diaz : Depuis mon 1er appareil photo argentique Minolta SRT100x en 1981, avec des poses photographiques où j’ai mémorisé la vie de mes enfants grandissants.
SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Ramon Diaz Diaz : Aucune formation.
SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Ramon Diaz Diaz : SONY Alpha IV, soit avec un SONY 50mm, soit avec un SIGMA 24*70
SONY RX100 III et son 24*70
SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Ramon Diaz Diaz : Si j’ai un projet précis, je privilégie le SONY Alpha IV
sinon, j’ai toujours le SONY RX100III dans ma poche
SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Ramon Diaz Diaz : Humaniste.
SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Ramon Diaz Diaz : Cartier-Bresson, Doisneau, Erwitt, Weegee
SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Ramon Diaz Diaz : Intéressé et captivé par le street-art depuis ma rencontre du mur de Berlin en 1984, je savoure les œuvres de street-art qui illuminent la cité. Je voulais prendre des œuvres / messages de Miss Tic sur le devant du restaurant Gladines dans le 13ème – Butte-aux-Cailles, quand ces 2 amoureux m’ont donné l’occasion d’imiter les amoureux de Doisneau. Je ne les connais pas je vous le promets.
SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Ramon Diaz Diaz : Le principal défi est de capter l’instant que mon cerveau a identifié comme illustrant la scène, et cela sans que cela ne fasse mise en scène. Quand la personne s’aperçoit qu’il a été l’acteur d’une scène sans le vouloir, je l’aborde avec le sourire, lui montre la photo pour entamer une discussion et très souvent lui donne via Instagram. Je n’ai encore jamais eu de souci en procédant de la sorte.
SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Ramon Diaz Diaz : Cet été je venais photographier le projet de JR sur le Pont-Neuf. Je comptais y trouver l’occasion d’intégrer de l’humain. J’ai croisé une jeune femme à qui j’ai demandé de poser pour une ou 2 photos. La chance que j’ai eue est qu’elle était colombienne et moi espagnol. La discussion a été aimable en espagnol et les photos d’elle réussies pour moi. Je lui ai envoyé une copie des photos.
SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Ramon Diaz Diaz : Je m’interdis de photographier des enfants s’ils sont reconnaissables. Il faut qu’ils soient en contre-jour ou de dos et apportent quelque chose à l’image.
Comme je le dis pour les questions précédentes, j’aborde les personnes. Si elles manifestent un refus, j’efface devant eux les photos : cela m’est arrivé une fois avec un groupe de collégiennes et leurs professeurs qui sortaient de l’expo Doisneau.
SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Ramon Diaz Diaz : Une fois, je prenais en photo une scène de rue d’une quincaillerie / bazar à Ivry lorsqu’une personne à côté de moi m’a agressé verbalement en m’accusant d’avoir photographié une jeune femme sur le trottoir d’en face avec mon gros zoom (24-70). J’ai eu beau lui montrer la photo où la scène était centrée sur la quincaillerie et où une personne était en train de sortir du cadre, elle a continué à vociférer. J’ai pris à témoin 2 personnes à côté qui assistaient à la scène en leur montrant la photo et elles lui ont demandé de se calmer.
SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Ramon Diaz Diaz : Partager avec d’autres photographes, ne pas hésiter à communiquer.
SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Ramon Diaz Diaz : Je suis plutôt preneur d’échanges et d’avis critiques pour comprendre et faire évoluer ma pratique.
SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Ramon Diaz Diaz : Pas vraiment, à part profiter du temps qui reste…
SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Ramon Diaz Diaz : Non, je n’ai pas encore franchi le pas de présenter mes photos au-delà du cercle d’amis et de photographes de SPF, de mon club photo.
J’imprime tous les ans un album de 100 pages sur le thème Street-Art et sur le thème portraits.


