Ne cherchez rien, vous trouvez tout. Sandrine Vendel
Sandrine Vendel photographie depuis octobre 2025. Elle a commencé avec un iPhone, au sortir d’une longue maladie, quand le monde extérieur lui a semblé avoir une ferveur nouvelle. Elle travaille aujourd’hui au Ricoh GRIII pour le mouvement et la proximité, au Sony A7 pour ce qui est plus graphique, et ne sort jamais sans une bonne paire de baskets. En novembre 2026, elle expose onze photographies en noir et blanc à la galerie Kiff et Marais, à Paris.
On pose les questions à Sandrine…
Sandrine Vendel dit n’avoir aucune idée de son style, seulement du mal avec ceux qui se répètent. Elle raconte ici pourquoi elle finit ses sorties place de la Concorde, pour la lumière de fin de journée ; ce qu’un homme rencontré dans une gare de Bruxelles lui a répondu quand elle lui a montré ses photos ; et le conseil qu’elle donne aux débutants, en précisant qu’elle en est une.
SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Sandrine Vendel : Après une longue maladie, le monde extérieur m’a semblé avoir une ferveur nouvelle. J’ai sorti mon iPhone, et la photo de rue est devenue ma façon de me réapproprier le rythme, le mouvement, la délicatesse du quotidien et tout ce qui pendant un an m’avait échappé.
SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Sandrine Vendel : Depuis octobre 2025.
SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Sandrine Vendel : J’ai fait de nombreux workshops. J’avais besoin d’observer une multitude de façon de regarder.
SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Sandrine Vendel : J’ai un Ricoh GRIII pour le mouvement, la proximité et un Sony A7 pour ce qui est plus graphique.
SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Sandrine Vendel : Une bonne paire de baskets, des sacs dans lesquels je peux piocher mes batteries (le Ricoh s’épuise vite), mes filtres, mes objectifs… Toujours en bandoulière.
SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Sandrine Vendel : Pour être honnête, je n’en ai aucune idée. Mais j’ai du mal avec les styles qui sont répétitifs, ça me lasse.
SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Sandrine Vendel : Saul Leiter, je crois qu’on est quelques-uns.
SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Sandrine Vendel : J’aime finir mes sorties place de la Concorde. Il ne s’y passe pas grand-chose, mais la lumière en fin de journée y est dorée. Ce jour-là, j’arrivais en bout de course d’une après-midi un peu bâclée : beaucoup de photos sur ma carte SD, mais rien de vraiment palpitant. Un homme est arrivé et a posé son ghetto blaster. Étrangement, je ne me souviens plus de la musique, mais de la fille… Elle s’est mise à danser, absorbée, déchaînée. J’ai tourné autour d’elle, de son flow. Elle a fait comme si elle ne m’avait pas vue mais j’étais très près. Quand le morceau s’est arrêté, j’ai voulu lui montrer les photos. Elle était déjà partie et moi, je savais que ma journée était finie.
SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Sandrine Vendel : Il y a quelques jours, j’étais à Bruxelles, dans une gare. Il y avait un jeune homme qui faisait le ménage, assis sur une petite machine qu’il conduisait nonchalamment. Je l’ai pris en photo, plusieurs fois. Dix minutes après, il est venu me voir en me demandant ce que j’allais en faire, si j’allais les publier. J’ai répondu : « Je ne sais pas, si vous voulez je les efface. » Et il m’a dit : « Non, j’aimerais que vous me les envoyiez. » Bien sûr, je l’ai fait. Je lui ai demandé après : « Ça vous plaît ? » Il m’a répondu : « Mouais. »
SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Sandrine Vendel : J’ai envie de dire que ça dépend de mon humeur. 🙂
SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Sandrine Vendel : Très peu. Je suis une femme, je n’ai plus 25 ans, je dis au gens : « Pardon mais vous êtes tellement beau ». ça adoucit.
SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Sandrine Vendel : Je suis moi-même débutante 😉 Je dirais juste : ouvrez les yeux, ne cherchez rien, vous trouvez tout.
SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Sandrine Vendel : Il m’arrive de faire des sorties avec des contraintes la première heure par exemple. ça me permet de me bousculer et de ne pas toujours faire la même chose ou aller vers la facilité.
SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Sandrine Vendel : Oui, je vais exposer 11 photos N&B dans la galerie Kiff et Marais à Paris en novembre 2026. J’ai un livre de 40 photos dans une collection nouveaux talents qui est en cours.
SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Sandrine Vendel : Pareil que la question du dessus.


