Morsal Hamidi : La Photographie Comme Acte de Résistance
On pose les questions à Morsal…
Dans cette interview, Morsal Hamidi partage avec nous son parcours photographique.
SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Morsal Hamidi : J’ai découvert la photographie de rue à travers les épreuves que j’ai rencontrées dans ma vie et la situation difficile de mon pays, l’Afghanistan. La photographie est devenue un moyen de m’exprimer et de raconter des histoires authentiques à travers mon objectif.
SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Morsal Hamidi : Cela fait un an et demi que je pratique la photographie de rue. Ce n’est pas beaucoup, mais chaque jour, cette pratique m’a aidée à guérir et à grandir. Chaque photo que je prends est une nouvelle étape dans mon parcours personnel et artistique.
SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Morsal Hamidi : Je suis principalement autodidacte, mais j’ai eu la chance de suivre des cours avec des mentors qui m’ont aidée à approfondir mes connaissances techniques et artistiques. En venant de zéro, j’ai appris à m’adapter, à expérimenter et à trouver ma propre voix dans ce domaine. La photographie m’a appris qu’il n’y a pas qu’une seule façon de raconter une histoire.
SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Morsal Hamidi : J’utilise un Sony A7 IV avec un objectif 24-70 mm, un choix qui me permet de capturer des scènes variées avec une excellente qualité.
SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Morsal Hamidi : Mon objectif 24-70 mm est mon préféré car il est incroyablement polyvalent. Il me permet de capturer aussi bien des scènes larges que des détails, tout en étant adapté à des conditions de lumière variées.
SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Morsal Hamidi : Mon style mélange le noir et blanc et les couleurs, selon ce que l’histoire ou l’émotion de la scène demande. J’aime jouer avec les contrastes, les jeux de lumière, et capturer des moments authentiques et pleins de vie.
SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Morsal Hamidi : Reza Deghati est une immense source d’inspiration pour moi. Son travail ne se limite pas à la photographie ; il raconte des histoires d’humanité, d’injustice et d’espoir. En tant qu’Afghane, son approche humaniste résonne profondément avec mon propre désir de montrer au monde des histoires vraies et pleines d’âme.
SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Morsal Hamidi : Une de mes photos préférées montre un père jouant avec ses deux filles. Ce moment capturé est rempli d’amour et de complicité. Il symbolise la simplicité et la beauté des liens familiaux, un sujet universel qui touche tout le monde.
SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confrontée en pratiquant la photographie de rue ?
Morsal Hamidi : L’un des principaux défis est de capturer des moments spontanés sans être intrusive. Parfois, il faut également savoir s’adapter rapidement aux conditions de lumière ou à l’environnement pour obtenir une photo réussie.
SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Morsal Hamidi : Une fois, en prenant des photos dans une rue animée, j’ai capté un échange chaleureux entre deux commerçants. Ce moment de complicité m’a rappelé que la photographie de rue est aussi un moyen de montrer les connexions humaines dans leur simplicité.
SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Morsal Hamidi : Je respecte toujours les personnes que je photographie. Si un sujet est reconnaissable, je m’efforce de demander son autorisation ou de m’assurer que l’image ne soit pas intrusive.
SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Morsal Hamidi : Oui, il m’est arrivé qu’une personne soit mécontente d’avoir été photographiée. Dans ces cas-là, je prends le temps de discuter avec elle, d’expliquer mon travail et je supprime la photo si nécessaire.
SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Morsal Hamidi : Soyez curieux et observateur. Apprenez à anticiper les moments intéressants et n’ayez pas peur de faire des erreurs. La pratique régulière et l’analyse de vos photos vous permettront de progresser rapidement.
SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Morsal Hamidi : Explorez de nouveaux endroits, jouez avec les ombres et la lumière, et essayez de raconter une histoire à travers vos clichés. Il est également utile de regarder le travail d’autres photographes pour s’inspirer et trouver de nouvelles idées.
SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Morsal Hamidi : Je souhaite continuer à explorer et à documenter des scènes de la vie quotidienne, tout en perfectionnant mon style et en participant à des expositions.
SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Morsal Hamidi : Oui, j’ai déjà participé à des expositions, notamment à Courboulay et dans mon université. Je prévois également d’autres expositions pour mettre en valeur mon travail cette année.
SPF : Comment avez-vous rejoint Street Photography France ?
Morsal Hamidi : J’ai découvert ce club grâce à Reza Deghati, qui m’a encouragée à rejoindre cette communauté et à partager mon travail avec des passionnés comme moi.
SPF : Quels avantages trouvez-vous dans l’appartenance à cette communauté ?
Morsal Hamidi : Faire partie de Street Photography France m’a permis de rencontrer des photographes talentueux, d’échanger des idées, et de recevoir des retours constructifs sur mon travail. C’est aussi une excellente plateforme pour découvrir d’autres styles, s’inspirer, et collaborer sur des projets communs.
SPF : Avez-vous des projets ou des idées pour renforcer la communauté de Street Photography France ?
Morsal Hamidi : Organiser davantage de rencontres, comme des ateliers pratiques ou des sorties photographiques, serait une excellente façon de renforcer la communauté. Cela pourrait également inclure des expositions collectives ou des concours pour mettre en avant les talents de chaque membre.

