SPF: Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Mehdi: Après avoir fait face à un défi de santé, j’ai ressenti le besoin de m’évader mentalement et de détourner mon esprit. Un jour, je me suis saisi d’un appareil photo et suis sorti sans but défini, si ce n’est celui de prendre de belles photos de bâtiments et des gens. Sans le savoir, j’étais en train de faire de la photographie de rue. J’ai vite réalisé combien cette activité constituait une source apaisante pour mon esprit. Bien que mon problème de santé ait depuis été résolu, ma passion pour la photographie de rue est restée.
SPF: Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Mehdi: Depuis juillet 2020.
SPF: Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Mehdi: Autodidacte.
SPF: Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Mehdi: J’utilise un Sony A7IV et récemment un Leica X2. Pour la photo de rue, j’utilise souvent un 35mm ou un zoom 28-75, parfois un 85mm, quelques fois un 16-35 et plus rarement un 90mm macro. J’ai également plusieurs objectifs vintage comme le Helios 44-2, le 44M ou le Pentacon 50mm. Je suis persuadé qu’on peut pratiquer la street photography avec n’importe quelle focale, cela ne se résume pas au 35mm.
SPF: Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Mehdi: Je ne privilégie pas particulièrement un équipement, mais au fil du temps, ma préférence s’est orientée vers les appareils compacts, privilégiant la discrétion à la performance technique. C’est ainsi que j’ai opté pour le Leica X2.
SPF: Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Mehdi: Je fais de la photo de rue sans prétention, je n’ai pas de style particulier, je ne me fixe aucune limite, je prends en photo ce qui attire ma curiosité sur le moment.
SPF: Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Mehdi: Saul Leiter, Alex Webb et Siegfried Hansen.
SPF: Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Mehdi: Le défi principal pour moi, c’est d’être au bon endroit, avec la bonne lumière, le bon sujet, de trouver le bon cadrage et surtout de déclencher au bon moment. L’autre défi, c’est d’être le plus discret possible.
SPF: Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Mehdi: Pour moi, la photo de rue est avant tout un moment de détente. Bien que j’aie le droit de prendre en photo à peu près tout ce qui bouge dans l’espace public, je n’ai aucune envie de perdre mon temps à expliquer à un inconnu quels sont mes droits. Je mise donc sur la discrétion. À partir de là, je prends en photo tout ce que je trouve intéressant, je me pose la question de l’éthique après coup mais en aucun cas au moment de la prise de vue.
SPF: Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Mehdi: Utiliser une focale longue (50mm ou 85mm) au début lorsqu’on est mal à l’aise à l’idée de prendre en photo des inconnus, cela permet de prendre des photos intéressantes sans trop se rapprocher des gens, et petit à petit passer à des focales plus courtes.
SPF: Comment avez-vous rejoint Street Photography France ?
Mehdi: Je connaissais Nijat en dehors de SPF, il m’a parlé du projet et m’a convaincu de rejoindre la communauté et aussi de devenir réalisateur des vidéos d’interview pour SPF.
SPF: Quels avantages trouvez-vous dans l’appartenance à cette communauté ?
Mehdi: Appartenir à une communauté de photographes de rue est pour moi très important. Cela permet d’avoir le feedback de photographes chevronnés et aussi de rencontrer des personnes partageant la même passion.