L’Objectif et l’Œil Aiguisé de Jean Chaboteaux dans l’Art de la Photographie de Rue

Dans le kaléidoscope mouvant des rues animées, se cachent des instants fugaces, des histoires silencieuses et des émotions palpables. Jean Chaboteaux, un fervent adepte de la photographie de rue, nous invite à plonger dans cet univers captivant où l’essence de la vie citadine se révèle à travers son objectif. Dans cette entrevue exclusive, Jean partage son parcours, ses défis et ses aspirations, nous révélant ainsi les coulisses de son art singulier, où chaque clic capture l’essence même de l’humain dans son environnement urbain.

 

 

On pose les questions à Jean Chaboteaux…

Dans cette interview, Jean Chaboteaux partage avec nous son parcours photographique.

SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?

Jean Chaboteaux : J’ai fait beaucoup de photographie argentique jusqu’à l’âge de 25 ans mais sans réel focus sur la rue. Le virus m’a repris il y a 5 ans avec de la photo nature réalisée avec un Nikon D7200. Ma passion pour la photo de rue est réellement née il y a deux ans. Ma pratique aujourd’hui est quasi exclusivement limitée à la rue au sens large.

 

 

SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?

Jean Chaboteaux : Je suis un autodidacte même si je pense qu’aujourd’hui, il y a tellement de moyens de se former, notamment via les chaines YouTube, qu’on ne peut plus vraiment parler d’autodidacte au sens stricte.

SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?

Jean Chaboteaux : Je n’ai plus qu’un seul boitier, un Nikon Z6II. Lorsque je voyage, je l’équipe d’un zoom 24-120mm F4 mais en temps normal, mes objectifs de prédilection sont un 35 mm F1.8 et un 50 mm F1.8.

SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?

Jean Chaboteaux : Même si j’adore mon Nikon, ça reste un boitier assez volumineux pour de la photo de rue. Pour plus de discrétion, je vais passer à un Fuji X100vi et me déguiser … en touriste.

SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?

Jean Chaboteaux : Le côté purement technique et esthétique de la photo passe au second plan, même si l’image doit rester lisible et agréable à regarder. Je ne recherche donc pas la « belle » photo techniquement parfaite mais plutôt la photo qui parle de l’humain dans la ville, parfois nostalgique, seul, désorienté, sous pression mais aussi joyeux, fêtard ou simplement flâneur. J’essaie aussi souvent d’illustrer les grands phénomènes de société comme la surconsommation, l’hyper connexion ou encore la solitude des villes.

SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?

Jean Chaboteaux : Au risque de paraitre un peu prétentieux, pas vraiment. J’avais d’ailleurs une culture photographique proche de zéro quand j’ai commencé à faire de la photo de rue. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui, je lis beaucoup de livres de photographie de rue. J’ai découvert tout récemment les photos de Melanie Einzig qui illustrent des scènes de vie dans la ville de New-York avec beaucoup de bienveillance. J’aime beaucoup.

SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?

Jean Chaboteaux : Cette photo n’est probablement pas la plus réussie mais c’est de loin l’une de mes préférées. Elle a été prise à Namur, un après-midi d’été sur les marches de la passerelle qui traverse la Meuse. Il faut savoir que face à ces marches, il y a des gradins où le promeneur peut s’assoir. J’étais donc assis depuis quelques minutes quand cette vielle dame a entrepris de « gravir » les marches, accompagnée de cet homme qui était peut-être son fils ou même son petit-fils. Je me souviens qu’elle a dû mettre plus de dix minutes pour arriver au-dessus des marches, avec des pauses fréquentes. J’ai appelé la photo « Son Everest à elle ». Elle illustre vraiment bien ce que je recherche dans la street photo : des émotions, des tranches de vie, du relationnel entre personnes, des reflets de notre société.

SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?

Jean Chaboteaux : Je pense que mon plus grand défi est aussi celui d’une majorité de photographes de rue qui s’intéressent à l’humain : s’approcher.

SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?

Jean Chaboteaux : Je choisis donc une expérience amusante. Je déambulais sur le campus de l’université de Louvain-la-Neuve, au sud de Bruxelles, quand des étudiants qui avaient remarqué que je prenais des photos se sont pris au jeu et ont commencé à prendre la pose. Voici une des photos de la session.

Par chance, le regard d’un enfant (que je n’avais pas vu au départ) a contribué à ajouter de l’intérêt à l’image. Il en dit long sur son questionnement par rapport au comportement des deux étudiants. Vraiment un bon moment.

SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?

Jean Chaboteaux : On a le droit de photographier qui on veut dans l’espace public. Cet usage est désormais bien connu de tous les photographes de rue, en tout cas dans la majorité des pays démocratiques. Personnellement, je suis un peu plus nuancé.

SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?

Jean Chaboteaux : Tout dépend de ce qu’on appelle « une situation délicate ». J’ai déjà bien sûr eu des discussions un peu intenses mais un sourire et quelques explications désamorcent souvent le conflit.

SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?

Jean Chaboteaux : Je suis moi-même encore un débutant en photographie de rue avec seulement deux ans de pratique mais je pense que l’observation, la bienveillance, la curiosité et surtout la patience sont des qualités à développer pour progresser. Et puis, sortir le plus souvent possible et se faire plaisir.

SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?

Jean Chaboteaux : Il n’est bien sûr pas interdit d’aller chercher des petits ingrédients chez les autres photographes et les mettre dans sa propre recette, je pense que c’est même recommandé.

SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?

Jean Chaboteaux : J’aimerais développer plus de séries sur mes sujets de prédilection que sont les comportements humains et les grands phénomènes de société.

SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?

Jean Chaboteaux : Comme beaucoup de photographes, un des graals est bien sûr l’exposition. Malheureusement cela demande du temps de préparation si on veut effectuer le travail correctement, ce que je n’ai pas pour l’instant.

SPF : Comment avez-vous rejoint Street Photography France ?

Jean Chaboteaux : Comme je le disais, j’ai appris beaucoup au travers des chaines YouTube dédicacées à la photographie de rue. C’est ainsi que je suis tombé il y a quelques mois sur la chaine de Street Photography France.

SPF : Quels avantages trouvez-vous dans l’appartenance à cette communauté ?

Jean Chaboteaux : J’en vois au moins deux : bien sûr, le partage d’une passion avec d’autres personnes atteintes du même virus et puis le bénéfice de l’expérience des autres membres du collectif.

SPF : Avez-vous des projets ou des idées pour renforcer la communauté de Street Photography France ?

Jean Chaboteaux : Pour l’instant, nous formons une communauté essentiellement « connectée » avec peu de de partages autres que « street photographique ». Pourquoi ne pas organiser un évènement sur deux jours avec quelques conférences liées à notre passion, et avec aussi bien sûr une petite session collégiale de shooting. Le tout suivi d’un repas convivial pour terminer une journée certainement mémorable. Cela permettrait de lier des amitiés réelles qui iraient au-delà de la passion photographique.

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