L’humain dans la géométrie de la ville. Philippe Morin

Pour Philippe Morin, la rue est un espace où l’humain rencontre la rigueur du graphisme. Il y cherche ces instants précis où la lumière, les lignes et les gestes ordinaires s’accordent dans une même composition.

Autodidacte, il a d’abord été attiré par la construction de l’image avant de placer progressivement la présence humaine au centre de son regard. Les maîtres de la photographie humaniste nourrissent cette approche attentive et sensible.

Avec un matériel léger et réactif, Philippe marche, observe et attend. Ombres, géométrie urbaine et silhouettes deviennent alors les éléments d’une photographie où la ville ne sert pas seulement de décor, mais participe pleinement au récit.

On pose les questions à Philippe…

Dans cette interview, Philippe partage avec nous son parcours photographique.

SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?

Philippe Morin : J’ai découvert la photographie de rue au fil de mes déambulations urbaines. Ce qui m’attire, c’est la présence humaine dans la ville : les gestes, les attitudes et les rencontres fugaces qui donnent du sens à un décor.

SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?

Philippe Morin : Je la pratique depuis quelques années. Au début, mon regard était surtout guidé par le graphisme et la composition ; peu à peu, l’humain a pris une place plus importante dans mes images.

SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?

Philippe Morin : Je suis autodidacte. J’ai construit ma pratique en regardant beaucoup d’images, notamment celles des grands photographes humanistes, puis en photographiant régulièrement dans la rue.

SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue ?

Philippe Morin : J’utilise principalement un Fujifilm X-E5 avec un Sigma 18-50 mm. Je travaille également avec un Fujifilm X100V, dont la focale équivalente à 35 mm convient particulièrement bien à ma manière de photographier.

SPF : Avez-vous un équipement préféré, et pourquoi ?

Philippe Morin : Je privilégie un équipement léger et réactif. Dans la rue, cela me permet de rester disponible, de marcher longtemps et de saisir rapidement une situation sans alourdir ma pratique.

SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?

Philippe Morin : Je recherche la rencontre entre l’humain et son environnement, avec une attention particulière portée à la rigueur graphique et géométrique de la composition.

SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?

Philippe Morin : Je suis particulièrement inspiré par les pionniers et les grands noms de la photographie humaniste. Leur manière de raconter la vie quotidienne avec justesse continue de nourrir mon regard.

SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?

Philippe Morin : Cette photographie a été réalisée dans les escaliers de la rue Lauzin, à Belleville. J’avais remarqué un pochoir ainsi qu’un jeu d’ombres très géométrique. J’ai attendu qu’un passant entre dans le cadre afin que la silhouette vienne compléter la composition.

SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?

Philippe Morin : Je suis d’un naturel plutôt réservé. Mon principal défi est donc de dépasser cette retenue et d’oser m’approcher suffisamment des personnes pour donner davantage de force et de présence à mes images.

SPF : Avez-vous des projets, publications ou expositions à venir ?

Philippe Morin : Le Club Photo Zoom 92130 fête ses 70 ans en 2026. À cette occasion, sept expositions collectives sont organisées de septembre à novembre autour du thème « Le Lien ». Toutes les informations sont disponibles sur zoom92130.com.

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