L’humain au cœur des lignes

Entre lignes architecturales, aplats de couleur et silhouettes discrètes, Eric Piat construit une photographie urbaine où la présence humaine vient donner vie au cadre. Autodidacte nourri par les livres et par la pratique en club, il avance avec retenue, patience et respect, attentif aux formes autant qu’aux instants de sérénité que lui offre la marche.

ON POSE LES QUESTIONS À ERIC…

Dans cette interview, Eric partage avec nous son parcours photographique.

SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Eric Piat : Certainement en feuilletant des livres de photographie.

SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Eric Piat : La photographie en milieu urbain est celle où je me sens le plus à l’aise. Photographier les gens dans la rue me met toutefois plutôt mal à l’aise. Je crois donc l’avoir toujours pratiquée, mais avec beaucoup de retenue.

SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Eric Piat : Je suis autodidacte. J’ai appris dans les livres, puis j’ai progressé en adhérant à un club. Les conseils et les avis que j’y ai reçus, ainsi que le partage, m’ont poussé à davantage de rigueur.

SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue ?
Eric Piat : J’utilise du matériel Olympus : OM-D E-M5 Mark III, OM-5 II et PEN E-P7, ainsi qu’une gamme d’objectifs assez large. J’ai beaucoup utilisé le 8–25 mm f/4, mais je m’essaie de plus en plus aux focales fixes plus lumineuses.

SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Eric Piat : Je n’ai toujours utilisé que cette marque. Ses boîtiers et ses objectifs me conviennent parfaitement : ils sont plutôt petits, légers et robustes. Au fil du temps, je revends mes objectifs les plus volumineux au profit de modèles plus petits et plus légers. Je viens d’acquérir le PEN E-P7 et je l’utilise avec une petite focale fixe. Je suis ravi de ne plus transporter une sacoche contenant plusieurs objectifs. Le PEN est d’une discrétion absolue, tout en offrant une très bonne qualité. Son seul défaut est l’absence de viseur, mais ce n’est finalement qu’une question d’habitude.

SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Eric Piat : J’aime particulièrement la « street graphique », qui mêle les lignes architecturales et urbaines à la présence humaine. C’est souvent ce que j’essaie de faire.

SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Eric Piat : J’ai découvert la photographie avec Lucien Clergue. Son univers me parlait ; ses images sont pratiquement les seules que j’ai vraiment regardées pendant des années. Puis, avec l’arrivée d’Internet, j’ai découvert différents courants et de nombreux photographes, notamment Fan Ho et sa maîtrise de la lumière. Si je ne devais en retenir qu’un, je citerais Éric Forey. J’admire sa capacité à tirer de belles images du milieu urbain ; il a un regard que j’envie.

SPF : Pouvez-vous partager l’une de vos photographies de rue préférées et raconter son histoire ?
Eric Piat : C’est une photo toute simple. Je savais quelle image je voulais réaliser : j’avais repéré le lieu, trouvé le cadre et j’attendais qu’une personne vienne lui donner vie. Lorsque l’homme s’est assis sur le banc, j’ai déclenché et ressenti une véritable satisfaction.

SPF : Quels défis rencontrez-vous dans votre pratique de la photographie de rue ?
Eric Piat : Je ne me sens pas confronté à des défis lorsque je fais de la photographie. Pour moi, cette pratique est liée à la balade, à la contemplation et à l’observation. Ce sont plutôt des moments de sérénité.

SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable vécue en faisant de la photographie de rue ?
Eric Piat : Je n’ai pas vécu de moment exceptionnel en faisant de la photographie, désolé.

SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, notamment la vie privée des sujets ?
Eric Piat : Je ne photographie les gens que de loin, de dos ou perdus dans une foule. Je ne me sens pas légitime à « voler » des images. D’une manière générale, je n’apprécie pas beaucoup les photographies prises de très près ou montrant des personnes dans des situations peu valorisantes.

SPF : Avez-vous déjà rencontré des situations délicates, et comment les avez-vous gérées ?
Eric Piat : Non, je n’ai pas vraiment connu de situation délicate. C’est le résultat d’une pratique respectueuse. Les seules difficultés que j’ai rencontrées concernaient la photographie d’architecture, avec des personnes qui ne voulaient pas que je photographie leur immeuble. Dans ce cas, je n’insiste pas.

SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Eric Piat : Sortez, sortez, sortez ! C’est en marchant que vous découvrirez le photographe que vous êtes.

SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Eric Piat : Regardez des photographies — celles publiées par SPF, par exemple !

SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs que vous aimeriez partager ?
Eric Piat : J’ai souvent des idées de séries : un même lieu observé avec différentes personnes ou attitudes, par exemple, ou encore des séries fondées sur la couleur ou les formes. Je vais toutefois rarement jusqu’au bout. L’essentiel, c’est d’avoir des envies.

SPF : Prévoyez-vous de participer prochainement à des expositions ou à des publications ?
Eric Piat : L’exposition de mon club !

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