Les Perspectives de Helmet Hopper sur la Photographie de Rue
Plongez dans l’univers captivant de Helmet Hopper, une photographe de rue passionnée et membre de Street Photography France. Dans cet entretien, Helmet partage son expérience personnelle dans la photographie de rue, ses techniques, et ses sources d’inspiration. Découvrez comment elle a façonné son approche unique, ses conseils pour les nouveaux photographes, et ses réflexions sur l’éthique en photographie. C’est une exploration intime et détaillée de l’art de capturer la vie urbaine à travers l’objectif.
On pose les questions à Helmet…
Dans cette interview, Helmet Hopper partage avec nous son parcours photographique.
SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Helmet Hopper : J’ai découvert la photographie de rue en feuilletant des magazines lorsque j’étais au collège. Il y avait souvent une rubrique culture où ils parlaient des derniers livres de photographes ou des expositions. Cela m’a beaucoup intéressé tout de suite.
SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Helmet Hopper : J’ai commencé à prendre des photos lorsque je suis sorti du lycée. Je faisais mes études à Paris. Il y avait des personnes ou des objets dans la rue qui attiraient mon regard et que je souhaitais prendre en photo. La photo était pour moi mon premier moyen de me souvenir de ce que j’avais vu en journée. Les images que je capturais m’inspiraient.
SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Helmet Hopper : J’ai d’abord commencé en tant qu’autodidacte. En commençant les photos avec mon Canon AE1. Ce qu’il n’était pas le plus facile en tant que débutante. Mais j’ai toujours été attirée par le vintage donc j’ai voulu pratiquer l’argentique. Puis j’ai commencé il y a trois ans une formation avec l’école EDAA. C’est une école qui propose des cours et des exercices en ligne. Ce qui me permettait de travailler à côté tout en pratiquant la photo.
SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Helmet Hopper : Le plus souvent j’utilise mon Sony A7III avec l’objectif 28-70mm. J’utilise aussi l’argentique avec mon Leica R7.
SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Helmet Hopper : Je n’ai pas d’équipement en particulier. J’aime seulement que mon boîtier ne soit pas trop lourd. Je le porte souvent en bandoulière.
SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Helmet Hopper : J’aime être attentif à ce qui m’entoure. Prendre le temps de bien regarder les choses et les gens. Je suis une personne très curieuse et intuitive donc souvent je me balade et je capture une image qui, je pense, sera intéressante à travailler. J’aime beaucoup les scènes que j’appelle minimalistes. C’est-à-dire, prendre une seule personne dans l’espace où elle se trouve. Je trouve que la photographie de rue est souvent représentée avec des scènes très animées, bondée de monde. Moi je préfère être isolé et m’intéresser à une personne en particulier.
SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Helmet Hopper : Le travail de Martin Parr, Vivian Maier ou encore Bruce Gilden m’a beaucoup inspiré. Ce sont des artistes très différents mais qui ont une approche de la rue bien particulière.
SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Helmet Hopper : C’est une photo que j’ai prise lorsque j’étais à Barcelone en vacances avec une amie. Nous étions dans un skatepark et j’ai capturé ce moment où un jeune skater s’est approché et s’est mis dos à moi. Au départ, je voulais le prendre de face mais j’ai trouvé cette photo plus révélatrice. Ce que je voulais représenter ici c’était le skateboard en lui-même et pas un skateur en particulier. Ce mouvement qu’il fait en récupérant son skate est un geste représentatif. C’est une habitude pour lui. Je trouve que cette photographie est une de mes meilleures. C’est comme si je n’existais pas. Comme si j’étais transparente à ce moment que j’ai tout de même capturé. C’est ce que j’aime dans la photographie de rue. Être une ombre que personne ne remarque et prendre des moments dont tout le monde se souviendra.
SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Helmet Hopper : Ce que j’aime dans la photographie de rue, ce sont les moments de calme dans une foule en mouvement. Et c’est, je trouve, les moments les plus difficiles à prendre en photo car c’est là que vous êtes le plus vulnérable face aux gens. Ce qui est difficile c’est de ne pas vous faire remarquer. Donc je mets souvent mon numérique en enclenchement off, ce qui fait que personne ne m’entend lorsque je capture l’image. Je me lance ce défi chaque fois que je me retrouve face au fait de ce que je veux capturer sans être vu.
SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Helmet Hopper : Je me suis retrouvé un jour, lorsque je travaillais à la Tour Eiffel, face à une ville calme et sous un effet de brume matinal. Je commençais vers 8H et j’étais arrivée plus tôt que prévu ce matin-là. C’était un samedi, je suis sorti du métro le plus proche de la Tour Eiffel, le soleil venait de se lever. Nous étions en hiver et il y avait une brume qui reposait sur l’espace du Trocadéro. C’était très apaisant. Il n’y avait que quelques touristes sur place alors j’en ai profité pour sortir mon appareil. Je garde en mémoire ce rare moment où j’ai vu Paris s’éveiller avec douceur.
SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Helmet Hopper : La plupart des personnes que j’ai pu prendre en photo dans la rue ne sont pas reconnaissables ou sont de dos. Si jamais la personne m’a vu me photographier, je lui fais un sourire. Si je vois qu’elle vient vers moi, je lui montre ce que je viens de faire. Si ça lui plaît, je lui propose de les lui envoyer et de les utiliser sur plateformes. Si ce n’est pas le cas, je la supprime.
SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Helmet Hopper : C’était un jour où je photographiais Barcelone au skatepark. Il y avait un jeune garçon qui skatait et dont j’aimais le style. Au moment où j’ai capturé l’image, son père s’est approché de moi en furie et a commencé à me parler méchamment en espagnol. J’ai pu comprendre qu’il n’aimait pas le fait de prendre en photo son fils. J’ai donc arrêté et j’ai essayé de comprendre ce qui le dérangeait autant en lui parlant calmement et en lui montrant les photos. Mais il n’a rien voulu savoir. Alors j’ai simplement arrêté et continué à faire autre chose.
SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Helmet Hopper : Je dirais à un débutant qui veut s’aventurer dans la photo de rue de d’abord connaître un minimum son appareil avant de l’utiliser car beaucoup de choses se passent et en même temps. Donc s’il veut pouvoir les capturer il faut aller vite et pour ça, savoir les réglages de bases est important afin de ne pas avoir de photos trop sombres, floues ou surexposées. Cela pourrait vite être frustrant. Bien sûr, il apprendra de ses erreurs et c’est comme ça qu’il pourra avancer et trouver son propre style. Ensuite de ne pas hésiter à aller vers les gens. Si jamais la personne est de nature timide mais veut se lancer, il faut prendre son courage à deux mains et ne pas appréhender ce que les gens pourraient dire ou faire. Prenez du plaisir à photographier !
SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Helmet Hopper : Je recommande toujours de s’inspirer du travail des autres. Personnellement, les magazines ou les livres photos m’ont beaucoup inspiré et le font encore. Je ne dis pas de copier le travail d’individus, simplement de trouver un détail qui va vous interpeller et que vous allez ensuite vouloir développer.
SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Helmet Hopper : Je pense que je n’ai pas assez exploré le monde de la nuit. Je trouve les images de rue extraordinaires. Les lumières, les reflets, les gens sont différents pendant la nuit qu’à la lumière du jour. J’aimerais en faire davantage.
SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Helmet Hopper : Je compte participer à différents magazines ou marques et créer des photographies pour eux. Si mes photos sont exposées par la suite et me permettent de rencontrer plus de personnes, ce sera avec plaisir.
SPF : Comment avez-vous rejoint Street Photography France ?
Helmet Hopper : Je suis tombé sur leur pub du premier magazine sur Instagram. Cela m’a interpellé, je me suis donc renseigné et j’ai trouvé leur site très intéressant. Je me suis proposé en tant que membre sans attente particulière et c’est ensuite que j’ai vu ce qu’il proposait pour un photographe peu importe son importance dans le milieu de la photo et j’ai trouvé ça formidable.
SPF : Quels avantages trouvez-vous dans l’appartenance à cette communauté ?
Helmet Hopper : Personnellement, je ne connais pas beaucoup de personnes qui fassent de la photographie de rue. Je pense qu’être membre de cette communauté nous permet d’en apprendre plus sur les autres, de ne pas se sentir seul et de pouvoir partager nos photos sans être jugé, en ayant une critique qui nous permettra de développer notre travail.
SPF : Avez-vous des projets ou des idées pour renforcer la communauté de Street Photography France ?
Helmet Hopper : De créer des sorties photos avec les personnes qui viennent des mêmes villes et de se regrouper afin de photographier ensemble.

