Les gens, dans ce qu’ils font, pour ce qu’ils sont. Gérard Eyraud
Gérard Eyraud a découvert la photographie à sa retraite professionnelle, et la photographie de rue l’a tout de suite inspiré. Ses premières vraies photos de rue datent d’environ vingt ans : elles ont été prises au Japon, lors de longs séjours chez son fils expatrié. Il a appris les bases de la photographie au sein d’un club et photographie aujourd’hui avec un Fuji XT5, parfois avec son smartphone. Ce qui l’intéresse, ce sont les gens, dans ce qu’ils font, pour ce qu’ils sont. Doisneau, Cartier-Bresson, Chris Marker, puis Harry Gruyaert et Saul Leiter l’inspirent.
On pose les questions à Gérard…
SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Gérard Eyraud : J’ai découvert la photographie tout court à ma retraite professionnelle, et la photographie de rue m’a tout de suite inspiré.
SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Gérard Eyraud : Mes premières vraies photos de rue datent d’environ 20 ans. Elles ont été prises au Japon où j’ai eu la possibilité de faire de longs séjours chez mon fils expatrié.
SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Gérard Eyraud : J’ai appris les bases et un peu plus de la photographie au sein d’un club.
SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Gérard Eyraud : Mon dernier appareil est le Fuji XT5 équipé d’un zoom 16-80 cm. Mais je peux aussi utiliser mon smartphone.
SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Gérard Eyraud : Je n’ai qu’un appareil. C’est celui que j’utilise.
SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Gérard Eyraud : Ce qui m’intéresse dans la photographie, ce sont les gens, dans ce qu’ils font, pour ce qu’ils sont, dans des situations insolites comme banales. Je leur donne la priorité quelle que soit la lumière. J’ai évolué il y a quelques années vers des travaux en série au dépens des photos individuelles. Je suis entrain de revenir à la source.
SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Gérard Eyraud : J’ai à mes débuts été inspiré par les grands photographes français du noir et blanc, Doisneau et Cartier Bresson. J’ai découvert plus tard un autre photographe français mais aussi cinéaste, moins connu, Chris Marker, dont j’ai apprécié ses photos dans le métro. Un peu dans la même veine j’ai adoré Mikael Wolf, aujourd’hui disparu, pour ses séries dans les métros et sur les grands ensembles asiatiques. De nos jours, j’appécie les coloristes que sont Harry Gruyaert et Saul Leiter.
SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Gérard Eyraud : Une de mes photos préférées est celle d’un SDF prise à Londres il y a quelques années. Ce SDF n’est pas un SDF comme beaucoup. Il dégage une élégance et une humanité remarquables, dans son geste de tenue du sachet de thé ainsi que dans la protection de son chien. Cette photo m’a valu plusieurs récompenses, mais je n’ai jamais voulu la vendre. Elle a pour titre Tea time.
SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Gérard Eyraud : Le principal défi est la tendance actuelle à considérer le photographe comme quelqu’un qui ne respecte pas le droit à l’image. Il n’est pas possible de prendre en France des photos à la façon de Bruce Gilden que par ailleurs je n’apprécie pas. Mais ça ne m’empêche pas de prendre des photos.
SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Gérard Eyraud : Le seul gros problème que j’ai rencontré en photo de rue a été à Séoul en Corée. La scène s’est passé dans un très grand magasin. Il y avait à un étage une jeune coréenne qui faisait une animation commerciale avec déguisement et musique. En passant à proximité je l’ai prise en photo à la sauvette. Elle m’a poursuivi dans l’escalator descendant et m’a demandé de supprimer ma photo. Comme j’étais à l’étranger et que je ne connaissais pas les droits et devoirs du pays, je me suis inclinée devant sa demande, ce que je n’aurais pas fait en France.
SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Gérard Eyraud : Je me pose rarement la question à la prise de vue. Ensuite à l’édition j’avise. J’exclus toute photo qui pourrait être considérée comme dégradante. Mais après j’assume le risque de devoir retirer d’une exposition une photo pour laquelle mon choix d’une photo pour sa qualité artistique serait opposé à ce qui pourrait être un droit à l’image bafoué. Ca ne m’est jamais arrivé..
SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Gérard Eyraud : J’ai répondu dans ce sens à la question 10.
SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Gérard Eyraud : Je crois qu’il faut une certaine orientation d’esprit pour se lancer dans la photo de rue. On l’a ou on l’a pas. Mon fils est un formidable photographe animalier. Ma fille est déjà une très bonne photographe de rue après avoir découvert la photographie comme moi sur le tard. Elle a une grande aisance pour approcher les gens et les photographier. Mon conseil est donc qu’il faut que ça plaise.
SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Gérard Eyraud : Je suis dans une phase où après une longue interruption de photographie (épisode Covid plus fracture cheville), j’essaie de me relancer, ce qui n’est pas évident. J’essaie aussi de pratiquer la technique ICM dans un souci d’explorer l’esthétisme de la photographie.
SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Gérard Eyraud : Je n’ai pas de vrai projet à partager.
SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Gérard Eyraud : Ma dernière exposition remonte à septembre 2024. Déçu par des refus de dossiers soumis en début d’année 2026 à des appels à candidatures de festivals, je m’étais dit que je n’exposerai plus. A voir .


