Le paysage urbain, les détails, les gens, les lumières. Patricia Ragonneau
Patricia Ragonneau photographie la rue depuis une dizaine d’années, depuis ses tout débuts, en région parisienne. Des stages lui ont appris à oser, à diversifier les sujets et à voir. Elle travaille au GR3, au GR3X et, depuis peu, au Leica Q3, et garde toujours un ou deux GR dans son sac à main. Sa photographie prend tout ce qui est dans la rue : le paysage urbain, les détails, les gens, les lumières. Elle prépare un livre sur les cinq années qu’elle a passées aux Sables d’Olonne et publie ses séries sur son site patriciaphotos.com.
On pose les questions à Patricia…
SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Patricia Ragonneau : C’était dès le début, quand j’ai commencé à photographier. J’habitais en région parisienne, je n’étais pas intéressée par les paysages, les animaux, la macro, le studio… donc, naturellement, j’ai photographié dans la rue.
SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Patricia Ragonneau : Depuis une dizaine d’années, depuis mes débuts.
SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Patricia Ragonneau : J’ai suivi des stages pour me familiariser à la photo de rue, pour oser, pour diversifier les sujets et pour apprendre à voir aussi.
SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Patricia Ragonneau : Actuellement, j’ai un GR3 et un GR3X, et depuis peu un Leica Q3.
SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Patricia Ragonneau : J’ai toujours un ou deux GR dans mon sac à main.
SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Patricia Ragonneau : Ma photographie de rue capture tout ce qui est dans la rue : le paysage urbain, les détails, les gens, les lumières.
SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Patricia Ragonneau : Beaucoup de photographes de rue sont inspirants : Joel Meyerowitz, Saul Leiter, Martin Parr. Je m’inspire aussi de la peinture avec Hopper et du cinéma avec Wes Anderson.
SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Patricia Ragonneau : C’est une photo que j’ai prise récemment à Istanbul. Pour moi, elle pose le décor et raconte le lieu : le Bosphore, le pont de Galata, la maman qui porte une tenue pudique, la petite fille encore libre et le drapeau fièrement exhibé.
SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Patricia Ragonneau : C’est comme cette phrase de Pierre Desproges au sujet de l’humour, quand il dit : on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. Dans ma photo, c’est pareil : je peux tout faire, mais pas partout et pas avec tout le monde. Il faut juste apprécier les limites des gens et des lieux.
SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Patricia Ragonneau : Juste une anecdote récente, à Istanbul, sur le pont de Galata. Je cherchais à faire des portraits de pêcheurs. J’ai photographié un jeune homme qui a voulu voir la photo ; après, il a appelé tous ses copains, et j’ai dû les photographier et leur envoyer les photos.
SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Patricia Ragonneau : Je ne prends jamais de photo de personnes dans des situations dégradantes, et je fais attention à ce que je peux ou ne peux pas publier.
SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Patricia Ragonneau : Il m’est arrivé de me faire insulter, et je ne réagis pas. Si on me demande d’effacer une photo, j’efface.
SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Patricia Ragonneau : Je dirais qu’il faut s’équiper léger, ne pas chercher à être vu, mais se fondre dans la masse. Par rapport aux gens, il faut aller dans l’interaction : après la photo, un sourire, un signe, montrer la photo, l’envoyer à la personne.
SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Patricia Ragonneau : Je dirais se nourrir de photos bien sûr, mais aussi de cinéma, de peinture, de musique et de littérature.
SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Patricia Ragonneau : Actuellement, je travaille sur la réalisation d’un livre de photo sur les cinq années que j’ai passées aux Sables d’Olonne ; les photos de rue sont aussi des photos de plage. Par ailleurs, je travaille à l’édition de séries que je publie sur mon site internet patriciaphotos.com.
SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Patricia Ragonneau : J’ai une exposition en cours, mais sur un autre travail que la rue.


