Laurent Gaignerot : Regards sur la Photographie de Rue et Ses Histoires

Découvrez l’expérience et les réflexions de Laurent Gaignerot, membre de Street Photography France, sur la photographie de rue. Dans cet entretien, il partage ses débuts, ses défis, ses inspirations et sa vision unique de cet art.

On pose les questions à laurent…

Dans cette interview, Laurent Gaignerot partage avec nous son parcours photographique.

SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Laurent Gaignerot : Principalement par le biais d’expositions ou de livres relatifs à la photographie humaniste, représentant des personnes dans différents contextes et en particulier, dans des scènes de rue.

SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Laurent Gaignerot : Je me suis mis à sortir l’appareil sur les trajets pour me rendre au travail, depuis une dizaine d’années.

SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Laurent Gaignerot : J’ai étudié la photographie dans une école aujourd’hui disparue : Icart Photo.

SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Laurent Gaignerot : Je me sers essentiellement d’un vieil iPhone noir, pour la compacité, la facilité d’utilisation et la discrétion et parfois, lorsque j’envisage des formats d’édition de plus grande qualité, d’un boîtier Leica Q2 (équipé de son fameux summilux 1,7/28mm).

SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Laurent Gaignerot : En règle générale, un matériel peu agressif, rassurant et permettant d’aller au contact des gens plus commodément. C’est vrai que les « photophones » rendent à ce titre de bons services.

SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Laurent Gaignerot : Je le placerais à cheval entre un style descriptif et un autre, plus artistique, dans lequel les lignes, les courbes, les contrastes, les zones d’ombres et lumières viennent jouer dans le cadre pour y créer des effets graphiques, parfois inattendus.

SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Laurent Gaignerot : Beaucoup de photographes de rue m’inspirent. Pour n’en citer que quelques-uns, je mentionnerais volontiers Henri Cartier-Bresson, Willy Ronis, Robert Doisneau, Saül Leiter, Elliot Erwitt, Vivian Maier, Steve McCurry, David et Peter Turnley, Alain Keller, Philip Penman, Pierrot Men, etc.

SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Laurent Gaignerot : Celle du père et de son enfant jouant dans les jets de brumisation, devant l’église St Eustache, à Paris, me rappelle qu’à chaque instant, tout peut survenir et pour peu que l’on prépare un peu son cadrage, son angle, sa focale, bref, en se tenant simplement prêt à déclencher, un mouvement, une attitude, un lien entre plusieurs personnages, peut donner lieu à une jolie scène cocasse. Pendant cet intervalle de temps extrêmement fugace, on assiste alors à ce qui est en train de se dérouler, on appuie sur le déclencheur, et on se voit transporté dans une communion parfaite, avec la jubilation, le contentement évident d’avoir saisi le geste inespéré, au bon endroit, au bon moment.

SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Laurent Gaignerot : Tout tient dans un principe : se trouver assez près pour capturer la plénitude de l’instant, tout en se faisant suffisamment discret pour ne pas perturber la beauté de la scène.

SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Laurent Gaignerot : Un jour, alors que je m’apprêtais à m’enfoncer sous terre pour prendre le métro, j’attendais à un feu rouge avant de traverser la rue. Trouvant le temps un peu long, je lève la tête en l’air et je vois alors le reflet des piétons et vélos dans une plaque d’étain située en hauteur. J’avais devant moi un double panorama (en mode normal et inversé) de ce qu’offrait la rue. Quelques photos surprises se sont imposées…

SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Laurent Gaignerot : Je m’arrange, dans la mesure du possible, pour choisir des sujets non identifiables (flous, en ombres chinoises ou silhouettes, de dos, ou partiellement cachés, ou encore en petit dans une masse importante d’autres personnes). Sinon, je demande, si la photo me plaît, l’autorisation de publier en précisant les détails.

SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Laurent Gaignerot : Une fois, j’ai braqué un appareil en direction d’un monsieur élégant portant un grand chapeau et descendant, face à moi, à quinze mètres environ, les marches d’un escalier en pierre. Il m’a immédiatement vu, a placé son couvre-chef juste devant son visage, a accéléré vers moi pour me signifier sa vive désapprobation. Il m’a fait un petit commentaire désobligeant. Je l’ai salué poliment et nous nous sommes quittés.

SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Laurent Gaignerot : Ne jamais se décourager en ayant l’impression qu’aucun cliché intéressant ne sort du lot. Il faut faire et refaire des photos. La persévérance finit par payer. Par ailleurs, ne pas hésiter à se rapprocher de son sujet, ni à varier les angles de prises de vues.

SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Laurent Gaignerot : Il peut s’avérer instructif et formateur de prendre le contrepied de ses habitudes, d’aller explorer des zones que l’on ne connaît pas…

SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Laurent Gaignerot : J’en ai deux, en effet, mais pour l’instant, chut, c’est secret…

SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Laurent Gaignerot : Cela se pourrait bien…

SPF : Comment avez-vous rejoint Street Photography France ?
Laurent Gaignerot : Je suis très récemment devenu membre, en voyant sur Instagram plusieurs de mes confrères photographes qui adhéraient déjà à SPF. Je me suis dit que cela devait être un bon moyen de rencontrer d’autres passionnés, de partager des expériences, d’organiser des expositions.

SPF : Quels avantages trouvez-vous dans l’appartenance à cette communauté ?
Laurent Gaignerot : J’espère y trouver des sources d’inspiration, de communication, d’échanges productifs.

SPF : Avez-vous des projets ou des idées pour renforcer la communauté de Street Photography France ?
Laurent Gaignerot : Construire avec d’autres photographes de rue des projets d’expositions et de publications (numériques et papier).

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