La timidité, une barrière dont on se libère. Samy Laiachi

Il a découvert la photographie de rue au début de l’année 2026, devant les vidéos d’un vidéaste, et n’a jamais suivi de formation : il apprend en pratiquant, en expérimentant avec son matériel. Il photographie au Fujifilm X-T30 III avec son zoom d’origine, cherche le 35 mm pour sa vision proche de l’œil, et dit préférer la banalité du quotidien — des gens dans leur environnement, des petits moments anodins qui ne racontent quelque chose que pris au bon moment.

On pose les questions à Samy…

Débutant assumé et entièrement autodidacte, Samy Laiachi photographie la rue depuis janvier 2026. Il raconte ici la timidité qu’il apprend à dépasser, le fou rire d’une photographie ratée devenue sa préférée, et le message reçu des mois plus tard par une inconnue qui lui a fait comprendre que cette timidité était une barrière.

SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?

Samy Laiachi : J’ai découvert la photographie de rue grâce aux vidéos de l’influenceur Papesan. Sa manière de présenter la photographie, son approche très spontanée et son regard sur les scènes du quotidien m’ont vraiment donné envie de me lancer à mon tour. C’est notamment à travers son contenu que j’ai commencé à m’intéresser davantage à la photographie en règle générale.

SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?

Samy Laiachi : Je suis débutant dans le domaine et pratique la photographie de rue depuis le mois de janvier 2026.

SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?

Samy Laiachi : Je suis entièrement autodidacte. Je n’ai pas suivi de formation spécifique en photographie. J’ai appris principalement en pratiquant, en expérimentant avec mon matériel et en cherchant constamment à comprendre ce qui fonctionne, aussi bien techniquement qu’artistiquement. C’est une approche qui me permet de rester très libre dans ma manière de photographier et de développer progressivement mon propre regard.

SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?

Samy Laiachi : Pour la photographie de rue, j’utilise principalement un Fujifilm X-T30 III, accompagné de son objectif kit XC 13-33 mm OIS. C’est un ensemble assez compact et discret, ce que je trouve particulièrement intéressant pour la photographie de rue, car cela permet de se déplacer facilement et de rester relativement peu visible.

SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?

Samy Laiachi : J’aime photographier avec une focale de 35 mm parce qu’elle offre un champ de vision assez naturel, proche de ce que l’on perçoit soi-même, tout en permettant d’être suffisamment proche de son sujet. Je trouve qu’elle offre un bon équilibre entre la scène et le sujet, sans trop isoler ce dernier.

SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?

Samy Laiachi : Étant encore débutant, je ne dirais pas que j’ai réellement développé un style qui m’est propre. Pour le moment, j’aime surtout photographier la banalité du quotidien : des scènes simples, des personnes dans leur environnement, des petits moments qui peuvent sembler anodins mais qui racontent quelque chose lorsqu’on les capture au bon moment. J’aimerais justement continuer à pratiquer pour faire travailler mon oeil artistique.

SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?

Samy Laiachi : Oui, notamment Ernst Haas et Robert Doisneau. J’aime beaucoup leur manière de raconter des histoires à travers des scènes du quotidien. Chez Ernst Haas, j’apprécie particulièrement le travail sur la couleur, le mouvement et les ambiances, tandis que chez Robert Doisneau, c’est davantage le côté humain et spontané des scènes qui me touche.

SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?

Samy Laiachi : Une de mes photos de rue préférées est une photo que j’ai prise dans mes débuts. Je m’étais mis en tête de photographier quelqu’un à travers un rayon de soleil et de jouer sur les contrastes. C’est à ce moment que j’ai repéré un cycliste au loin, je me suis dit que le vélo pouvait être un élément intéressant. J’ai patienté afin de trouver le moment opportun pour déclencher et c’est seulement après son passage, lorsque j’ai regardé les photos que j’ai aperçu l’enfant derrière qui, lui m’avait repéré et me regardait avec ses lunettes de soleil. Cette photo n’est peut-être pas ma meilleure, mais je me souviendrai toujours de l’éclat de rire que j’ai eu en voyant le regard de l’enfant qui se demandait ce que je faisais.

SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?

Samy Laiachi : Le principal défi pour moi reste le regard des autres. Étant quelqu’un d’assez timide, j’ai parfois une certaine appréhension à sortir mon appareil dans la rue et à photographier des inconnus. Il y a toujours cette petite peur de déranger ou que quelqu’un se demande pourquoi on le photographie. Avec le temps, j’essaie justement de dépasser cette appréhension et de prendre davantage confiance en moi.

SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?

Samy Laiachi : Un jour lors d’une balade photo à Metz, je me suis arrêté sur une scène du quotidien, deux jeunes filles sur un banc en train de rire, j’ai donc choisi de déclencher discrètement. Quelques mois plus tard, Une des deux filles et tombée sur cette photo d’elles sur les réseaux sociaux et m’a envoyé un message me demandant de lui envoyer cette photo qu’elle trouvait « magnifique ». Son message m’a beaucoup touché car j’ai toujours de l’appréhension en prenant des inconnus en photo dans la rue et cette jeune fille m’a prouvé que ma timidité était une barrière dont je devais me libérer.

SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?

Samy Laiachi : Je pense qu’il faut avant tout garder du respect pour les personnes que l’on photographie. Même si la photographie de rue consiste justement à capturer des moments spontanés, je fais attention à ne pas mettre quelqu’un dans une situation humiliante ou dégradante. Je pense également qu’il faut savoir faire preuve de discernement. Si une personne me demande de ne pas être photographiée ou de supprimer une photo, je préfère respecter sa demande plutôt que de créer un conflit. Pour moi, une bonne photographie ne justifie pas de manquer de respect à quelqu’un.

SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?

Samy Laiachi : Pour le moment, je n’ai jamais réellement eu de situation délicate en photographie de rue. Je pense que le fait d’être assez discret et de rester respectueux des personnes aide beaucoup. Évidemment, si une situation inconfortable devait se présenter, je privilégierais toujours le dialogue et le respect de la personne plutôt que de chercher absolument à conserver une photo.

SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?

Samy Laiachi : Je leur conseillerais surtout de sortir photographier le plus souvent possible et de ne pas attendre d’avoir le matériel parfait ou de tout maîtriser techniquement. Au début, il faut accepter de faire beaucoup de photos qui ne fonctionnent pas, ça a été mon cas mais on finit toujours par avoir la photo dont on est fier.

SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?

Samy Laiachi : Je pense qu’il faut essayer de sortir de ses habitudes. Photographier les mêmes endroits sous différentes lumières, changer de focale, essayer la couleur puis le noir et blanc, ou encore se donner de petits exercices peut aider à regarder son environnement différemment. S’inspirer du travail d’autres photographes est aussi un élément qui m’aide à progresser car cela nous permet de comprendre ce qui nous fait nous arrêter sur leur image.

SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?

Samy Laiachi : Pour le moment, en tant que débutant, je me laisse surtout le temps de progresser dans ma pratique et de développer mon œil avant de me lancer dans un projet concret. Je préfère ne pas me fixer trop rapidement un objectif précis et prendre le temps de comprendre quelle direction je veux donner à ma photographie.

SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?

Samy Laiachi : J’aimerais beaucoup avoir l’occasion d’exposer mon travail à l’avenir. Pour l’instant, je n’ai pas encore de projet d’exposition ou de publication précis, car je suis encore au début de ma pratique. Mais c’est quelque chose qui me plairait beaucoup et auquel je vais commencer à réfléchir au fur et à mesure que mon travail évoluera.

En savoir plus sur Street Photography France

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture