La rue est le plus grand théâtre du monde. Guillermo Barale

Photographe de rue depuis plus de quarante ans, Guillermo Barale a découvert la discipline dans les magazines avant de construire une pratique d’abord autodidacte, puis enrichie par une formation photographique.

Aujourd’hui équipé d’un Fujifilm X-Pro2 et d’une focale équivalente à 35 mm, il photographie à l’instinct, sans chercher à enfermer son travail dans une étiquette. Paris, son village d’origine et les scènes imprévues de l’espace public nourrissent son regard.

Pour lui, la rue reste « le plus grand théâtre du monde » : un espace où observer, anticiper et cadrer juste, au plus près de la comédie humaine.

On pose les questions à Guillermo…

Dans cette interview, Guillermo revient sur plus de quarante ans de photographie de rue, son approche instinctive et cette image de 1992 où deux garçons à vélo lui adressent un salut plein d’élan.

SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?

Guillermo Barale : J’ai découvert la photographie de rue à travers des magazines photo.

SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?

Guillermo Barale : Je la pratique depuis plus de quarante ans.

SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?

Guillermo Barale : Autodidacte au départ, j’ai toutefois suivi une formation photographique quelques années plus tard.

SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue ?

Guillermo Barale : Actuellement, j’utilise un Fujifilm X-Pro2 équipé d’un 23 mm, soit l’équivalent d’un 35 mm en plein format.

SPF : Avez-vous un équipement préféré, et pourquoi ?

Guillermo Barale : J’ai longtemps photographié principalement avec des reflex Nikon. Aujourd’hui, j’utilise le X-Pro2, toujours avec mon optique préférée : le 35 mm. C’est léger et je peux l’emporter partout.

SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?

Guillermo Barale : Je n’aime pas les étiquettes, mais je photographie plutôt comme on part à la chasse.

SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?

Guillermo Barale : Henri Cartier-Bresson, Garry Winogrand et William Klein.

SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?

Guillermo Barale : Il y en a plusieurs, mais une photo que j’aime particulièrement est celle de deux garçons à vélo qui m’ont repéré et me saluent en même temps de la main. Je l’aime pour la fraîcheur de leurs expressions, la spontanéité de leurs gestes, et aussi parce que c’est la seule photo nette parmi les quatre ou cinq que j’ai prises à cet instant. Nous sommes en 1992. Mon Nikon FM2 est équipé d’un Sigma 70-210 mm. Je zoome et je déclenche tout en armant l’obturateur. Ce n’est pas facile, mais j’ai finalement obtenu ce beau cliché auquel je tiens beaucoup.

SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?

Guillermo Barale : Je ne sais pas vraiment : je me sens bien dans la rue.

SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable liée à la photographie de rue ?

Guillermo Barale : Oui : on m’a volé mon matériel au Vatican. Je suis rapidement allé en parler aux gardes à l’entrée de l’église, mais ils m’ont expliqué qu’il leur était impossible d’interpeller tous les visiteurs.

SPF : Comment gérez-vous les questions éthiques liées à la photographie de rue ?

Guillermo Barale : Dans l’espace public, je ne me prive pas de photographier si la situation me paraît intéressante.

SPF : Avez-vous déjà rencontré des situations délicates, et comment les avez-vous gérées ?

Guillermo Barale : De temps en temps, on croise des personnes qui se sentent visées, même si l’on ne déclenche pas ou que l’on photographie autre chose. La plupart du temps, j’essaie d’éviter la confrontation.

SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants en photographie de rue ?

Guillermo Barale : Sortir et aller à la rencontre de la vie. La rue est le plus grand théâtre du monde. La comédie humaine se joue juste sous nos yeux et, en plus, tout cela est gratuit.

SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?

Guillermo Barale : Apprendre à observer, à anticiper et à cadrer juste : la photo se fait dès la prise de vue.

SPF : Avez-vous des projets ou objectifs futurs en photographie de rue ?

Guillermo Barale : Pour l’instant, je continue à photographier comme d’habitude. Je suis un peu désordonné dans ma pratique de la photographie de rue, mais je ressens depuis quelque temps le besoin de commencer à dégager des projets, notamment pour la réalisation d’un ou deux livres. J’ai beaucoup travaillé dans mon village d’origine, mais aussi à Paris, que je photographie depuis plus de trente ans.

SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou publications prochainement ?

Guillermo Barale : Rien n’est prévu pour l’instant.

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