Jean-Luc Lootvoet : Décrire sans dire
On pose les questions à Jean-Luc …
Dans cette interview, Jean-Luc Lootvoet partage avec nous son parcours photographique.
SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Jean-Luc Lootvoet : J’y suis arrivé progressivement sans m’en rendre vraiment compte, via la photographie de voyage et la photographie humaniste.
SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Jean-Luc Lootvoet : Une dizaine d’années à peu près.
SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Jean-Luc Lootvoet : J’ai suivi quelques workshops auprès de photojournalistes (Cyril Abad, Cédric Gerbehaye et Aimée Thirion) et plus récemment avec Edouardo Ortiz pour la photo de rue.
SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Jean-Luc Lootvoet : J’utilise un Fuji X-Pro2 avec un objectif Fuji de 23mm et un Fuji X100T qui est équipé d’un objectif fixe de 23mm.
SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Jean-Luc Lootvoet : À part mes boîtiers Fuji équipés en 23mm, les batteries et cartes SD, un sac à dos étanche, un mini-parapluie, un coupe-vent hyper léger et des chaussettes et chaussures de trail. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’avec cet équipement je peux passer la journée entière dans la rue, quel que soit le temps.
SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Jean-Luc Lootvoet : Je dirais “descriptif”. J’aime décrire une ville, un endroit, par la photo.
SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Jean-Luc Lootvoet : Il y en a tellement… notamment Alex Webb, et j’aime beaucoup le travail de Jonathan Jasberg.
SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Jean-Luc Lootvoet : Il y a cette photo que j’ai prise à Istanbul lors de mon workshop avec Edouardo, dans le but de travailler le layering. L’idée, c’était d’avoir un fond peu encombré avec des choses qui s’y passent et d’attendre un événement qui arrive au premier plan. Au bout d’un moment, cette jeune femme est passée devant mon objectif, j’avais l’œil dans le viseur et étais hyper visible. Elle aurait pu passer derrière moi, et quand je vois son œil et son léger sourire, j’aime l’idée qu’elle aurait fait le choix de m’offrir cette photo.
SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Jean-Luc Lootvoet : Mon plus gros défi, ce serait de réussir à ne pas me jeter sur mes photos à peine rentré, et savoir attendre suffisamment pour laisser de côté la part émotionnelle du shot. Mais je progresse… 😉
SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Jean-Luc Lootvoet : La dernière mémorable, c’est la rencontre avec Gotcha, en Géorgie. Cet ancien militaire prorusse nous a quasi obligés à entrer chez lui pour nous montrer sa production de “vino” dans de grandes jarres en terre cuite enterrées dans son jardin. Nous y avons passé l’après-midi, un personnage extraordinaire au grand cœur, et déjà un peu imbibé avant notre arrivée.
SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Jean-Luc Lootvoet : Surtout, je ne me cache pas et ne cache pas mon boîtier, et je ne prends pas de photos de personnes en situation dégradante.
SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Jean-Luc Lootvoet : Comme je ne me cache pas, je vois rapidement si une photo éventuelle peut gêner quelqu’un et ne prends pas la photo. À part des personnes me faisant un signe de refus, je n’ai pour le moment pas eu de situations réellement délicates à gérer.
SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Jean-Luc Lootvoet : Sourire, ne pas se cacher, être curieux.
SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Jean-Luc Lootvoet : Peut-être travailler le layering si on ne le pratique pas déjà. Personnellement, ça a changé pas mal de choses dans ma pratique photographique.
SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Jean-Luc Lootvoet : Non, pour le moment j’avance au gré du vent. Istanbul me plaît particulièrement, j’y suis allé deux fois et compte bien continuer à photographier cette ville extraordinaire.
SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Jean-Luc Lootvoet : Je viens de terminer une exposition sur la Géorgie, en collaboration avec deux photographes de notre collectif ImaGo, et nous envisageons une expo sur Istanbul.
SPF : Comment avez-vous rejoint Street Photography France ?
Jean-Luc Lootvoet : J’ai commencé par participer à deux ou trois concours puis j’ai découvert Street Photography France un peu à la fois. J’ai apprécié et me suis inscrit.
SPF : Quels avantages trouvez-vous dans l’appartenance à cette communauté ?
Jean-Luc Lootvoet : Le partage est une valeur chère à SPF, ainsi que la qualité et la pertinence des articles et sujets qui sont diffusés.
SPF : Avez-vous des projets ou des idées pour renforcer la communauté de Street Photography France ?
Jean-Luc Lootvoet : Je vois que des membres de SPF arrivent à se retrouver périodiquement par région, ça se met en place, et pourquoi pas dans le secteur de Lille ou Arras où je suis souvent ?

