Je ne sors pas voler des photos de gens — Caroline Bosc

Caroline Bosc a rencontré la photographie de rue en 2018, aux cours du soir des Arts décoratifs de Strasbourg, devant les images de Martin Parr et de Bruce Gilden. Un voyage à Rome en 2022 et la rencontre de Marco Sconocchia, qui lançait alors son école de photographie de rue, ont fait le reste : elle a quitté la bonne distance pour une approche frontale, immersive, parfois au flash. Elle travaille au Fujifilm X100VI en couleurs et à l’argentique en noir et blanc, qu’elle développe elle-même, toujours au 35 mm, avec de bonnes baskets et le sac le plus léger possible. Elle ne sort pas voler des photos de gens : elle sourit, elle parle, elle documente une époque un peu zinzin.

On pose les questions à Caroline…

Caroline Bosc a découvert la photographie de rue en 2018, aux cours du soir des Arts décoratifs de Strasbourg, où un intervenant présentait chaque semaine un photographe. Martin Parr et Bruce Gilden ont été sa porte d’entrée dans cet univers.

Elle pratique de manière active et consciente depuis 2022, l’année d’un voyage à Rome et d’une rencontre décisive avec Marco Sconocchia, qui lançait alors son école de photographie de rue. Plutôt autodidacte, elle a renforcé sa pratique en cours du soir et en workshops, principalement en Italie.

Elle photographie au Fujifilm X100VI et à l’argentique — un Canon AE1, un Nikon FE, des point and shoot dans tous ses sacs. Le numérique en couleurs, l’argentique en noir et blanc, parce qu’elle développe ses négatifs elle-même.

SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?

Caroline Bosc : Probablement en 2018, je participais alors aux cours du soir des Arts déco de Strasbourg et l’intervenant nous présentait des photographes chaque semaine. Je me rappelle avoir été vraiment marquée par le travail de Martin Parr et Bruce Gilden. Ils ont été ma porte d’entrée dans cette univers.

SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?

Caroline Bosc : De manière active et consciente depuis 2022, mais probablement dès 2018-2019 sans vraiment le savoir. En 2022, lors d’un voyage à Rome, j’ai rencontré Marco Sconocchia, photographe de rue italien qui lançait son école de street photography : la Daylight School. J’ai pu me confronter à son approche plutôt frontale, immersive et au flash en plus, alors que je restais encore à bonne distance de mes sujets à l’époque. Cela a vraiment marqué un changement dans ma pratique.

SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?

Caroline Bosc : Plutôt autodidacte car je n’ai pas de parcours artistique ou académique lié à la photographie. En revanche j’ai pu renforcer ma pratique lors de cours du soirs et de plusieurs workshops, principalement en Italie.

SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?

Caroline Bosc : J’ai commencé avec des reflex « entrée de gamme », d’abord un Pentax, il y a très longtemps. Puis un Canon 700D que j’ai adoré. Maintenant j’ai des boitiers Fujifilm, notamment le X100VI que j’adore. Je l’ai presque toujours sur moi. J’ai plusieurs boitiers argentiques, un Canon AE1 et un Nikon FE et des point and shoot dans tous mes sacs !

SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?

Caroline Bosc : Des bonnes baskets et un sac le plus léger possible et un 35mm. Le 35 est ma focale préférée pour le moment, j’aime être proche des sujets que je photographie tout en gardant des éléments de contexte autour d’eux.

SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?

Caroline Bosc : J’aime être proche des sujets que je photographie, être immergée dans la scène. Parfois au flash mais pas toujours.35mm principalement, ou 28 en argentique, 50 rarement mais jamais au-delà. En numérique je shoote uniquement en couleurs. En argentique, c’est l’inverse, je fais du NB car je développe mes négatifs moi même et c’est plus pratique en NB. J’aime les heureux hasards, les scenes improbables, j’aime également qu’il se passe beaucoup de choses dans le cadre.

SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?

Caroline Bosc : J’adore Matt Stuart, photographe anglais dont les photos sont pleines d’humour. Je suis très touchée par l’histoire de Vivian Maier, et je trouve son travail vraiment inspirant et d’une modernité incroyable. Chez les photographes italiens que j’ai la chance de cotoyer, j’aime particulièrement les séries documentaires dans les milieu underground londoniens de Marco Sconocchia et plus proche de nous à Strasbourg le travail à l’argentique, soigné et très inspirant de Domenico Schiaraffa.

SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?

Caroline Bosc : Principalement gérer la distance avec la scène, en m’en rapprochant le plus possible. Maintenant je n’ai plus de gêne avec cela : j’ai mes habitudes. Je souris aux gens, je leur parle, je complimente un détail de leur tenue — l’attitude du photographe de rue est très importante. Un autre défi est celui de la régularité : sortir le plus souvent possible, prendre l’air avec son appareil dès que possible.

SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?

Caroline Bosc : Il y en a plusieurs, en tout cas, ce qui reste en mémoire ce sont les échanges avec toutes ces personnes. Parfois les gens froncent les sourcils, vous font signe que non qu’il ne veulent pas être pris en photo, je ne renonce pas immédiatement et c’est souvent avec eux que je finis par discuter un petit moment.

SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?

Caroline Bosc : Je ne sors pas voler des photos de gens. J’aime bien les gens. J’aime les observer. Dans mon approche, je viens plutôt chercher des situations cocasses ou poétique qui parle d’un lieu ou d’une époque, toujours dans le respect des gens. L’appareil est le support qui me permet d’exprimer ma curiosité envers ce monde un peu zinzin. Et je sors toujours enrichie d’un échange avec une personne inconnue. Cela dit, je ne prends pas en photo les personnes en situation précaires, celles qui ont l’air de souffrir, les couples qui s’engueulent ainsi que les enfants, j’évite.

SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?

Caroline Bosc : Non, je touche du bois ! Pour le moment je désamorce plutôt bien les situations avant qu’elles ne soient vraiment problématiques.

SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?

Caroline Bosc : Ne pas avoir peur de parler aux gens. Qu’est ce qui peut arriver de mauvais en parlant à quelqu’un : 99% du temps : rien. Ne pas mettre d’écouteurs. Utiliser l’appareil pour se connecter à notre environnement. Et se lancer, en y allant un peu tous les jours.

SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?

Caroline Bosc : Sortir régulièrement, même 15 minutes. Une reco (que je ne fais pas assez), se fixer des contraintes ou une thématique par sortie : une certaine couleur, des reflets, des gens avec leurs chiens.

SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?

Caroline Bosc : Sûrement en 2027 !

SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?

Caroline Bosc : Une exposition collective vient de s’achever chez HeyMama à Strasbourg. Celle de la bourse photo de Strasbourg le 1er novembre 2026 et ma parution dans SPF Women de cette année !