Istanbul, mon plus beau terrain de jeu. Kévin Marzin
Kévin Marzin photographie depuis l’enfance, d’abord avec des appareils jetables, puis avec le Canon AE-1 de son père. Le déclic est venu en 2015, lors d’un voyage à Istanbul : la ville, dit-il, est devenue son plus beau terrain de jeu. Longtemps autodidacte, aujourd’hui photographe professionnel de mariages et d’événements d’entreprise, il pratique la rue de façon quasi quotidienne avec un Ricoh GR IV. Il y cherche l’humain dans son environnement : un regard, une émotion, une forme de mélancolie, cadrés avec une attention constante à la géométrie et à la lumière.
On pose les questions à Kévin…
Kévin Marzin pratique la photographie de rue depuis son voyage à Istanbul en 2015, et de façon quasi quotidienne depuis 2025. Fidèle au 28 mm et au 40 mm, il travaille au Ricoh GR IV — « l’outil de rue absolu », dit-il —, parfois au Nikon Z6 III, et ressort de temps en temps le Canon AE-1 argentique de son père. Le 12 octobre, il part en road trip d’une journée à vélo le long de la Loire, entre Nantes et Angers : un reportage complet, une seule focale de 28 mm, une seule pellicule de 36 poses.
SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Kévin Marzin : Je crois qu’inconsciement, j’en fais depuis l’enfance. J’ai commencé avec des appareils jetables puis avec le canon ae-1 de mon père et ses focales de 28 mm et 50 mm. J’ai toujours aimé documenter, garder une trace du quotidien. En 2010, on m’a offert un Olympus E-30 ; je m’inscris alors en club photo pour développer ma culture photo, comprendre la technique et connaitre le fonctionnement de mon boitier. Mais le déclic s’est produit en 2015 lors d’un voyage à Istanbul : la ville est devenue mon plus beau terrain de jeu !
SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Kévin Marzin : Officieusement depuis toujours, mais de façon consciente depuis mon voyage à Istanbul en 2015. Ma pratique s’est ensuite intensifiée en 2025 pour devenir aujourd’hui devenir quasi quotidienne avec mon Ricoh GR IV qui m’accompagne tous les jours.
SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Kévin Marzin : Pendant longtemps, j’ai été 100 % autodidacte. Devenu aujourd’hui photographe professionnel (mariages et événements d’entreprise), j’ai complété cet apprentissage sur le terrain par des formations auprès de photographes de renom.
SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Kévin Marzin : Je reste fidèle à mes focales de prédilection : le 28 mm et le 40 mm. Dans mon sac, on trouve un Ricoh GR IV (avec son équivalent 28 mm) qui ne me quitte jamais, ainsi qu’un Nikon Z6 III avec un 40 mm, léger et discret. Il m’arrive aussi de ressortir le canon AE-1 argentique de mon père, la démarche est alors très différente, un peu moins dans la spontanéité, mais plus lent à la la recherche d’un cadre.
SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Kévin Marzin : Sans hésitation, mon Ricoh GR IV. C’est l’outil de rue absolu : ultra-compact, réactif et tellement discret qu’il permet de photographier sans être vu ou du moins pris au sérieux.
SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Kévin Marzin : Je cherche à capturer l’humain dans son environnement : un regard, une émotion, une forme de mélancolie ou d’interaction entre des personnes, le tout cadré avec une attention sur la géométrie et la lumière. Mon style ne cherche pas à se cacher à tout prix, mais à rester suffisamment éloigné pour ne jamais être intrusif.
SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Kévin Marzin : Comme beaucoup de photographes, Henri Cartier-Bresson pour la notion d’instant décisif et la rigueur du noir et blanc, Vivian Maier qui a rendu sublime ces photos du quotidien à New York. Harry Gruyaert pour son travail sur les ambiances, la couleur et les expériences sociales. Et plus récemment Pierre Belhassem, dont le travail sur la lumière rend les compositions humaines à la fois complexes, poétiques et je trouve apaisantes.
SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Kévin Marzin : C’est une image prise à Istanbul en 2015. Un couple était assis face au Bosphore, fixant l’horizon. Cette scène résumait tout ce que j’aime : la simplicité du quotidien, l’humain dans un grand paysage (contextualiser une image est pour moi très important. C’est une des photos prises à Istanbul qui m’a fait prendre conscience de mon intérêt pour la street photo.
SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Kévin Marzin : Le principal défi reste de photographier un inconnu. Même avec l’expérience, la première photo de la journée est toujours compliquée. C’est une fois ce premier déclenchement je me libère pour le reste de la journée.
SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Kévin Marzin : Je n’ai pas une anecdote en tête, mais plutôt plusieurs petits moments. La photographie m’a permis de m’ouvrir aux autres : il arrive parfois que des passants viennent me parler (un peu moins avec le Ricoh).
SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Kévin Marzin : Je n’envisage pas la photographie sans éthique et respect de l’autre. Je ne cherche pas le portrait volé en très gros plan sans contexte : je photographie l’humain dans son environnement. Je ne préviens pas avant de déclencher pour préserver la spontanéité, mais si une personne remarque à postériori, parfois nous engageons la discussion.
SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Kévin Marzin : Je n’ai jamais été confronté à des situations délicates en photographie de rue.
SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Kévin Marzin : Compliqué de répondre à cette question au regard du peu d’expérience comparé aux membres beaucoup plus expérimenté. Je dirai simplement, tout dépend de l’idée que vous vous faites de l’éthique et adapter en conséquence votre pratique de la street photo. Ne réfléchissez pas trop, lancez-vous et partez une journée seul, avec un boitier, et une focale fixe.
SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Kévin Marzin : Réduire son matériel à un boitier et une focale, voyager léger, observer les jeux de lumière, les lignes d’architecture et trouvez un thème. Si ça vous plait, continuez et dans le cas contraire trouvez une autre source d’inspiration.
SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Kévin Marzin : Le 12 octobre prochain, je pars en road trip d’une journée à vélo le long de la Loire, entre Nantes et Angers. Mon objectif : réaliser un reportage complet avec le Canon AE-1 de mon père, une seule focale de 28 mm et une unique pellicule de 36 poses.
SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Kévin Marzin : Non, je ne prévois pas d’exposition pour le moment.


