Hughes Bessems : Le fil des passants

La photographie de rue, ce n’est pas seulement appuyer sur un bouton au bon moment. C’est une manière de voir le monde, d’être attentif à ce qui se passe autour de soi. Hughes Bessems pratique cet art avec sincérité et discrétion. Il n’est pas à la recherche du spectaculaire, mais plutôt de ce qui est vrai, de ce qui touche.

Dans cet échange, il partage son parcours, ses inspirations et sa manière de photographier, sans prétention. On découvre quelqu’un qui aime observer, rencontrer, capturer ces petits instants qui, mis bout à bout, racontent une époque, une ambiance, une émotion.

C’est une conversation simple, honnête, comme un pas de côté dans un monde qui va vite. Une invitation à ralentir et à regarder, vraiment.

On pose les questions à Hughes …

Dans cette interview, Hughes Bessems partage avec nous son parcours photographique.

SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Hughes Bessems : Il y a longtemps mais sans vraiment le savoir. En admirant certaines photos de Robert Doisneau…

SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Hughes Bessems : Depuis peu de temps mais j’ai toujours aimé photographier des gens lors de festivités ou des membres de ma famille pendant des repas ou juste après, quand tout le monde se réunit pour discuter de tout et de rien

SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie ou êtes-vous autodidacte ?
Hughes Bessems : J’ai suivi deux années de photographie le weekend en promotion sociale. J’y ai appris le maniement d’une chambre technique et des flashes de studio. J’ai aussi appris à composer et à développer mes photos noir et blanc… C’était magique !

SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Hughes Bessems : J’utilise un Canon EOS R6 II avec un 24-105mm F4.0 et un 70-200mm F4.0. Parfois un flash mais c’est relativement rare. J’aimerais des optiques style 24mm et 50mm F1.4 VCM mais le budget “photos” est très serré. Mais je ne me plains pas 😉

SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Hughes Bessems : J’y vais à l’instinct… Je ne sais pas si j’ai un style particulier. Je me promène et j’observe beaucoup

SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Hughes Bessems : J’adore Ernst Haas, Harry Gruyaert (un compatriote), Steve Mc Curry pour la couleur. Sebastiao Salgado (toute son œuvre), Xavier Lambours (série “Marquises” par exemple) ou Vivian Maier pour le noir et blanc. Et même s’ils ne sont pas que des photographes de rue, j’adore leur sens de la composition, l’art qu’ils exercent de capturer LE moment. Les tonalités de leurs œuvres sont fantastiques.

SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Hughes Bessems : Une petite anecdote. J’étais assis dans un tram à la côte belge. Soudain, à un arrêt, j’ai vu entrer ce personnage impressionnant tout de noir vêtu, avec un chapeau haut de forme et une barbe grise désordonnée. J’ai immédiatement pensé à Abraham Lincoln ! Mais quand j’ai vu ses ongles pointus recouverts de vernis noir, je me suis dit qu’Abraham Lincoln était passé du côté gothique de la Force.

SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Hughes Bessems : Concernant la photo de rue : affronter le regard des gens, leurs interrogations. Oser aller leur parler… Dès que cette étape est passée, c’est un plaisir de prendre les photos.
Concernant l’après prise de vue : la gestion de Lightroom Classic. Je suis actuellement une formation via Internet. J’ai beaucoup de mal à m’en sortir. Ce n’est pas facile de restituer les couleurs et les tonalités que l’on a vues ou que l’on aime.

SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Hughes Bessems : Pas encore vécue.

SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Hughes Bessems : Lorsqu’un contact est établi, j’envoie un exemplaire de la photo par mail. J’ai souvent des retours positifs.

SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Hughes Bessems : Parfois, j’évite de m’attarder sur les lieux si je sens ne pas être le bienvenu.

SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Hughes Bessems : Je dirais de bien connaître son matériel afin de mettre, une fois pour toutes, la technique de côté. Cela permet de se concentrer à 100 % sur la prise de vue.

SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Hughes Bessems : Pour moi, s’inspirer des plus grands (livres, expos) et ne pas avoir peur d’essuyer des critiques (du moment qu’elles sont constructives).

SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Hughes Bessems : Pas uniquement en photographie de rue : exposer, créer des livres (via des sites Internet pour remplacer les albums d’antan), vendre certains de mes tirages et, plus tard, rencontrer les gens que j’ai pris en photo.

SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Hughes Bessems : Hélas, non. Pas dans l’immédiat.
Par contre, je vais bientôt aller voir Amazonia de Sebastiao Salgado ainsi qu’une exposition d’images de Steve McCurry. Quel plaisir ce sera.

SPF : Comment avez-vous rejoint Street Photography France ?
Hughes Bessems : Je pense que c’était après avoir vu des publications sur Instagram…

SPF : Quels avantages trouvez-vous dans l’appartenance à cette communauté ?
Hughes Bessems : Pouvoir apprendre de dizaines d’autres photographes et échanger avec eux. Et c’est en français.

SPF : Avez-vous des projets ou des idées pour renforcer la communauté de Street Photography France ?
Hughes Bessems : Continuer sur cette voie, et ainsi faciliter aux “non-professionnels” la possibilité de montrer leur travail dans le respect des règles établies.

 

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