Hors-champs, les lendemains d’une révolte. Aurélia La Mastra
Le 2 octobre 2026, Strasbourg manifestait. Les jours suivants, Aurélia La Mastra, membre de Street Photography France, est retournée dans les rues pour photographier ce qui reste quand l’événement est passé : des traces au sol, des vitres brisées, une mère assise seule devant une école. Au cinéma, le hors-champs désigne ce que le spectateur ne voit pas mais devine — c’est précisément ce qu’elle cherche ici.
Des traces au sol, des rues désertées, des vitres brisées, des visages fatigués, des gens isolés et des jeunes qui semblent être abandonnés.
Assise, seule devant l’école, une maman me dit qu’elle reste là pour rassurer sa fille qui est au collège, une gardienne silencieuse des peurs de sa fille.
Des détails qui, quelques heures plus tôt nous auraient échappé, noyés dans le mouvement de foule.
C’est là que commence le HORS-CHAMPS.
Cette série ne cherche pas à raconter la manifestation elle-même, mais ce qui se tient après elle. Ce qui échappe au regard lorsque l’événement occupe tout l’espace. Ce qui reste lorsque les images fortes sont passées.
Photographier le silence, les absences et les traces, c’est aussi photographier ce que l’on ne voit pas immédiatement. Ce que personne ne nous montre.
La ville semble avoir déjà presque oublié les tensions de ces derniers jours, comme si l’urgence était de tout effacer. Mais on n’efface pas une colère aussi facilement.
Dans le cinéma, le hors-champs, désigne ce qui existe en dehors du cadre, ce que le spectateur ne voit pas mais dont il peut deviner la présence.
Ici, c’est précisément ce qui m’intéresse et m’interpelle : ce qui s’est passé derrière l’image.
Aurélia et mon Fuji
