Gil Kreslavsky : Quand Photographie Rime avec Narration
Dans cette interview exclusive, nous découvrons l’univers captivant de Gil Kreslavsky, un photographe autodidacte qui a fait de la rue son atelier et de l’objectif son pinceau. De ses débuts en 2017 à son addiction en 2019, il partage avec nous ses techniques, ses inspirations, et ses défis. Découvrez comment il transforme chaque scène en récit visuel, son amour pour les objectifs fixes, et ses conseils précieux pour les débutants. Plongez dans un voyage unique où chaque image raconte une histoire.
On pose les questions à Gil…
Dans cette interview, Gil Kreslavsky partage avec nous son parcours photographique.
SPF : Quels défis rencontrez-vous en pratiquant la photographie de rue ?
Gil Kreslavsky : J’ai encore du mal avec la photographie de rue intrusive. Bien que je sois très expérimenté avec le langage corporel et l’attitude dans la rue, et que je puisse approcher la plupart des situations correctement, parfois, je veux être complètement invisible ou juste une mouche sur le mur.
Un autre défi est le FOMO (fear of missing out). Tous les photographes en font l’expérience à un certain niveau, surtout lorsqu’on est témoin de quelque chose de très intéressant. L’expérience accumulée pendant des années peut soudainement s’évaporer, et on se retrouve à courir partout et à cliquer comme un amateur sans analyser correctement la scène. Je suis beaucoup mieux maintenant, mais parfois le FOMO frappe encore, et il faut du temps pour s’en rendre compte.
SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable vécue lors de vos séances de photographie de rue ?
Gil Kreslavsky : Je ne peux pas penser à une expérience particulièrement mémorable. Il y a eu de nombreux jours intéressants au fil des ans, mais rien d’extraordinaire ne me vient à l’esprit.
SPF : Comment gérez-vous les questions éthiques liées à la photographie de rue, notamment en ce qui concerne la vie privée de vos sujets ?
Gil Kreslavsky : Je comprends qu’en Europe, il existe des problèmes juridiques liés à la photographie de rue, mais je ne photographie pas là-bas. Mon approche est de raconter une histoire sur un lieu ou une personne. Ma boussole morale personnelle me guide ; elle me dit quand il est temps de poser l’appareil ou quand j’envahis l’espace de quelqu’un.
Je ne me cache pas et je ne photographie pas à la volée. Mon appareil est toujours visible, et mon arme secrète est un sourire et une attitude positive.
SPF : Avez-vous déjà rencontré des situations difficiles en pratiquant la photographie de rue, et comment les avez-vous gérées ?
Gil Kreslavsky : Il m’est arrivé qu’on me crie dessus ou qu’on me demande de supprimer des photos, ce que je fais volontiers. Mais rien de plus grave, et même ces cas restent très rares.
SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Gil Kreslavsky : Le premier serait : ne vous cachez pas ! Le deuxième : le sujet vient toujours avec la scène, alors analysez-les ensemble, pas séparément. Le troisième : amusez-vous, c’est un voyage personnel, vous n’êtes en compétition avec personne.
SPF : Avez-vous des recommandations pour développer la créativité en photographie de rue ?
Gil Kreslavsky : Utilisez une seule focale pendant plus d’un an et jouez avec les objets de votre scène jusqu’à ce qu’un motif visuel apparaisse. Vous serez surpris de voir à quel point cela améliorera votre vision et votre créativité en travaillant une scène.
SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue à partager ?
Gil Kreslavsky : J’apprécie simplement le chemin. Je ne veux pas me fixer de grands objectifs en photographie, car cela pourrait nuire au plaisir que j’en retire.
SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou publications à venir ?
Gil Kreslavsky : J’y réfléchirai si on m’invite, mais je ne vais pas les chercher activement.
SPF : Quels avantages trouvez-vous à faire partie de cette communauté ?
Gil Kreslavsky : Nous sommes des êtres sociaux, c’est ainsi que nous apprenons et avançons. Globalement, j’ai trouvé que la communauté mondiale des photographes de rue est très chaleureuse et accueillante. J’ai rencontré de nombreux amis dans le monde entier qui partagent la même passion, et il y en aura encore plus à l’avenir.

