Flânerie Optique : La Quête de Julian Bernardi pour l’Essence Profonde de la Rue

Dans cette interview exclusive avec Julian Bernardi, membre de Street Photography France, nous explorons son parcours fascinant en photographie de rue. Bernardi partage ses expériences, depuis ses débuts avec un simple appareil photo jetable jusqu’à sa maîtrise actuelle de l’art, capturant la vie urbaine avec un Leica Q2. Il discute de son approche unique, mélangeant intuition, spontanéité et exploration, et offre des conseils précieux pour les photographes en herbe. Découvrez également comment l’éthique et la discrétion façonnent son travail, et quels projets passionnants l’attendent. Une plongée profonde dans l’univers de la photographie de rue par un maître de la discipline.

On pose les questions à JULIAN…

Dans cette interview, Julian Bernardi partage avec nous son parcours photographique.

SPF: Votre parcours et background. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?
Julian Bernardi: Je suis tombé dans la photographie il y a quelques années. J’ai commencé à faire de la photo à l’âge de 5 ans. Un premier appareil photo jetable que mes parents m’ont offert juste avant de partir en vacances. Après avoir fait mes 36 photos, le photographe qui a développé les clichés m’a redonné la carcasse en plastique noir de l’appareil en souvenir et, depuis ce jour, j’ai toujours eu un appareil photo dans les mains. Je suis donc un autodidacte en photographie. J’ai appris en regardant, en pratiquant et en rencontrant des photographes. J’ai découvert la photo de rue il y a un peu plus d’un an ; depuis que j’ai eu mon premier Leica. J’ai voulu suivre des photographes que j’ai toujours admiré : Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau, Elliott Erwitt, Vivian Maier. Je ne sais pas exactement comment j’ai eu envie de faire de la photographie de rue mais j’ai juste eu envie de suivre une envie, un feeling, un ressenti à l’instant T et étant profondément attaché à l’Humain, j’aime aller au contact des gens.

SPF: Quel équipement utilisez-vous pour votre travail en photographie de rue ?
Julian Bernardi: J’utilise, depuis que je fais de la photographie de rue, un Leica Q2. Pour moi, un Leica est l’appareil photo idéal pour la photographie de rue. Que cela soit de la gamme Q ou de la gamme M, la taille des appareils est juste idéale. C’est très compact pour ne pas « effrayer » les personnes dans la rue. Cela me permet de rester discret et de capter les émotions naturelles. D’une manière générale, un appareil photo Leica, un iPad mini et un café. Voilà les 2 choses nécessaires pour faire de la photographie de rue.

SPF: Comment décririez-vous votre approche de la photographie de rue ?
Julian Bernardi: Faut-il avoir un style particulier pour dire que l’on fait de la photographie de rue ? Je pense, tout simplement, que mon style peut se définir par 3 mots : « feeling, instant, déambulation ». Finalement, je vais juste où mes envies me mènent, sans but précis, juste à me laisser captiver par le monde qui m’entoure. Souvent un regard va déclencher mon appareil et un autre regard, une autre situation va me donner envie de suivre tel ou tel chemin et je me retrouve, le soir, à avoir marché 20 km. J’aime jouer sur les flous, j’aime les reflets. La photo nette est une très belle photo, la photo floue c’est finalement plusieurs photos qui ont eu envie d’apparaître au même moment. J’adore cette idée de pouvoir imaginer pleins d’histoires en regardant une seule photo. Qu’a voulu dire le photographe en prenant cette photo ? Qu’ai-je voulu vous montrer ou vous faire passer comme message ? Vous ne le saurez jamais mais vous pouvez tout imaginer. Des photographes inspirants, il y en a plein mais Elliott Erwitt, Robert Doisneau, Henri Cartier-Bresson, Vivian Maier sont les 4 qui me viennent à l’esprit directement.

SPF: Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ? 
Julian Bernardi: C’est une photo symbole, elle montre la solitude de cet homme assis ici face à la déferlante d’Humains qui sont dans le métro. Je suis resté longtemps en face de cet homme, j’ai voulu vraiment capter le meilleur moment et ressentir l’instant. J’ai eu, comme l’impression, qu’il regardait défiler les gens devant lui, un jeu de regard et voilà la photo était faite. J’aime jouer sur ces contrastes, solitude de l’Homme au milieu de grands espaces ou également, la solitude de l’Homme face aux tumultes de la foule. 

SPF: Quels sont les défis que vous rencontrez en photographie de rue et pourriez-vous partager une expérience marquante ?
Julian Bernardi: Les défis dans la photographie de rue sont assez simples. Il faut oublier le regard des gens sans oublier le regard des hommes et des femmes. Il faut pouvoir capter le regard et l’émotion d’une scène sans pour autant déranger ni gêner sinon la scène de rue, cette pièce de théâtre qui se joue sous nos yeux, risque de perdre son authenticité. J’ai pu rencontrer plein de monde, une belle photo, un beau moment et je transforme ce moment numérique en bout de papier que j’offre aux protagonistes ; un sourire et un merci en cadeau et je suis heureux.

SPF: L’éthique est un aspect crucial en photographie de rue. Comment gérez-vous les questions d’éthique, notamment concernant la vie privée des personnes photographiées ? Avez-vous rencontré des situations délicates ?
Julian Bernardi: L’éthique dans la photo de rue, il faut savoir que tout peut être pris en photo. Absolument tout dans la mesure où l’on respecte la vie privée et où notre art ne vient pas nuire à d’autres. Je ne me refuse rien en photographie, je documente, j’archive, je photographie, je garde en mémoire mais je garde toujours en tête, que tout cela doit être fait par respect et surtout dans un seul et unique but : faire de la photographie sans aucune arrière pensée négative. Se faire plaisir sans porter atteinte ou préjudice à d’autre personne. Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai jamais rencontré de problèmes ou de situations délicates où j’aurais été contraint de m’expliquer, peut-être parce que je fais de la photo avec respect et bienveillance.

SPF: Quels conseils donneriez-vous aux photographes débutants intéressés par la photographie de rue ? Comment peuvent-ils développer leur créativité ?
Julian Bernardi: Des conseils ? N’oublions pas que nous sommes notre propre limite, alors ôtons nos limites de nos esprits et commençons à ouvrir nos yeux pour profiter de tout ce qui nous entoure. Pour commencer en photo de rue, je conseille de débuter avec 2-3 photographes afin de s’enlever la timidité de lever l’appareil photo en pleine rue. Le reste c’est le feeling et oser faire les choses.

SPF: Pouvez-vous nous parler de vos projets futurs en photographie de rue ? Avez-vous des expositions ou des publications prévues prochainement ?
Julian Bernardi: Un livre photos avec des textes est en cours de réflexion et est même en cours de rédaction. Un livre photo de comment je vois et j’imagine les photos de rue, mes déambulations, les moments où je me suis perdu en pleine ville. Les moments où un regard m’a amené à suivre un chemin pour découvrir d’autres instants. Le tout sera rehaussé d’histoires et d’interprétations par une écrivaine. Je souhaiterais également organiser ma première exposition photo ou bien participer à une exposition commune. Pourquoi pas une exposition commune aux membres de SPF dans certaines villes.

SPF: Comment avez-vous rejoint la communauté de Street Photography France et quels avantages y trouvez-vous ?
Julian Bernardi: J’ai rejoint la communauté SPF parce que je suivais Nijat sur les réseaux, son art, ses photos, son humanité et son approche de la photo ont poussé ma curiosité à découvrir le compte SPF sur Instagram. Il y a beaucoup d’humanité, de partage, d’entraide dans le groupe et c’est ce qui fait sa force. On participe, suivant le temps et la disponibilité de chacun, à divers projets. Je suis impatient de pouvoir prendre part aux projets SPF Académie, j’aime transmettre et je trouve qu’il n’y a rien de plus enrichissant que la transmission. Transmettre quelque chose est passionnant et j’ai hâte.

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