Membre du SPF
Fabien Bureau
SA GALERIE
Attendre la lumière, accepter l’imprévisible
SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Fabien Bureau : J’ai découvert l’image de rue pendant ma formation de photographie.
Un des premiers sujets traitait de Montmartre. L’enjeu était de montrer l’aspect « village » de ce quartier emblématique de Paris.
Ces rues sont devenues un terrain de jeu… Ce qui m’a donné goût à la « street photography ».
SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Fabien Bureau : Je pratique la photographie depuis environ 30 ans, avec quelques pauses assez marquées. Je me qualifie volontiers de photographe dilettante. J’ai laissé le temps à mon regard de mûrir. Avec les années, j’ai affiné mon regard et ma façon de travailler.
SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Fabien Bureau : J’ai étudié à Icart Photo, école de photographie, à la fin des années 90. J’y ai appris les bases, la rigueur et le goût du cadrage.
J’y ai pratiqué l’argentique et les techniques du laboratoire. Par la suite, je suis devenu graphiste. Les lignes et la composition me poursuivent…
SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Fabien Bureau : J’utilise un Fujifilm X-E5. Un matériel léger, discret, efficace. J’aime la simplicité du boîtier et sa compacité; alliés à une grande qualité d’image.
Cela permet de partir en voyage et en balade sans trop se charger.
SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Fabien Bureau : Mon boîtier Fuji et mon grand angle 18 mm (équivalent 27 mm 24×36) ou le 23 mm (équivalent 35 mm). Le grand angle m’oblige à m’approcher, impossible de photographier de loin en faisant semblant. Même si j’aime garder une certaine distance avec le sujet.
Le grand angle permet de jouer avec la composition et le cadrage de façon plus libre selon moi.
SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Fabien Bureau : Je travaille principalement en noir et blanc. J’aime les ombres et les lignes franches. La photographie de rue repose sur la fugacité de l’instant mais le cadrage et la composition se travaillent avec le temps. Mon job de graphiste accentue le goût pour les compositions géométriques.
SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Fabien Bureau : Je reste marqué par Henri Cartier-Bresson. Et puis Willy Ronis, Harry Gruyaert, Weegee, Louis Stettner, Vivian Maier… Il y en a énormément et j’ai un profond respect pour tous ces grands artistes.
SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Fabien Bureau : Ma photo préférée montre un enfant à vélo dans un filet de lumière. Son ombre portée prend presque plus de place que lui. J’avais repéré la lumière et j’attendais, patiemment. Puis l’enfant a déboulé au bon moment. J’étais heureux d’avoir capturé cet instant.
SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Fabien Bureau : Le principal défi, c’est que rien ne se passe comme prévu. On attend longtemps… ou pas assez. La lumière peut changer sans prévenir. Je rate souvent et c’est ce qui provoque le plus de frustration mais cela fait partie du jeu.
SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Fabien Bureau : Parfois, une simple image déclenche une conversation inattendue. Ces échanges donnent une autre dimension au travail. On part pour une photo, on repart avec une histoire.
SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Fabien Bureau : Je reste attentif au respect des personnes. La distance que je mets parfois avec le sujet empêche toute reconnaissance. Lorsque je suis plus près je demande le plus souvent l’autorisation quitte à essuyer un refus. Si quelqu’un refuse, je respecte.
SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Fabien Bureau : Au début des années 2000, au Congo-Brazzaville, j’étais sur un pont équipé de mon appareil. Des militaires armés ont voulu me le confisquer. La discussion a été longue, très longue. La tension était réelle. Finalement, le dialogue a calmé la situation… et j’ai gardé mon boîtier.
SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Fabien Bureau : Marcher et observer beaucoup. Et accepter que 90 % des photos finissent à la corbeille.
SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Fabien Bureau : Travailler toujours la même focale (le 50 mm pour commencer). Regarder les grands auteurs, s’en inspirer sans les copier. Et sortir, même quand on n’a “pas d’inspiration”.
SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Fabien Bureau : Continuer de photographier.
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