Exploration de la Rue à travers l’Objectif : Rencontre avec Astrid Yurdsever
Dans cette interview, Astrid Yurdsever, membre de Street Photography France, partage son parcours unique dans l’univers de la photographie de rue. Découvrez comment Astrid, en autodidacte, a renoué avec sa passion pour la photographie et comment elle utilise son appareil monochrome pour capturer l’essence des rues. Elle aborde son approche instinctive, les défis de la discrétion dans la photographie de rue, ses inspirations, son éthique photographique et ses projets futurs. Astrid offre également des conseils précieux pour les débutants et explique son lien avec la communauté de Street Photography France.
On pose les questions à astrid…
Dans cette interview, Astrid Yurdsever partage avec nous son parcours photographique.
SPF : Quel est votre parcours et votre background en photographie ?
Astrid Yurdsever : Enfant, j’ai commencé à photographier ma famille, les scènes de la vie et des vacances le jour où mon père m’a offert un Baby Brownie Kodak. J’ai fait des photos argentique en dilettante pendant des années. Il y a 15 ans, j’ai renoué avec cette passion enfouie. Je suis parfaitement autodidacte et je suis venue à la photographie de rue par évidence.
SPF : Quel équipement utilisez-vous pour la photographie de rue ?
Astrid Yurdsever : Mon équipement préféré est mon appareil monochrome que j’emporte partout. J’ai fait le choix du monochrome depuis 2 ans.
SPF : Comment définiriez-vous votre approche et style en photographie de rue ? Quels défis avez-vous rencontrés ?
Astrid Yurdsever : J’ai du mal à définir mon style photographique. Je privilégie le travail des ombres et lumières car j’aime les photos contrastées. Cadrage, lumière et intérêt du ou des sujets sont prioritaires. Quand j’ai commencé la photographie de rue, j’ai été confrontée au regard des gens. Je suis plutôt discrète et réservée. Je fais des photos très sombres et je ne suis pas une photographe de portraits. Mes sources d’inspiration sont Sabine Weiss, Martine Franck, Inge Morath, Bernard Plossu, Roger Schall, Garry Winogrand, Gianni Berengo Gardin, et beaucoup d’autres plus récents.
SPF : Comment abordez-vous les questions d’éthique en photographie de rue ?
Astrid Yurdsever : J’évite le plus possible de photographier une personne en particulier, de façon isolée. De toute façon ce n’est pas ma démarche première. Je ne suis pas dans la photo de portrait de rue. Comme mentionnée plus haut, quand je désire absolument faire une photo si le sujet en vaut la peine je demande l’autorisation. Je n’ai jamais eu à faire face à des situations très compliquées.
SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants en photographie de rue ?
Astrid Yurdsever : Mon premier conseil est d’éviter de « mitrailler » sous prétexte que grâce au numérique, il est possible de faire un choix en effaçant des dizaines de photos ! Je travaille comme si j’avais un argentique en main. S’arrêter, observer la rue, trouver un sujet, une lumière quitte à rentrer sans avoir déclenché une seule fois. Je développe ma créativité grâce aux livres photos qui sont le meilleur enseignement. La rue est un véritable théâtre à ciel ouvert qu’il faut savoir observer et apprécier. Ne pas se précipiter.
SPF : Pouvez-vous nous parler de vos projets ou objectifs futurs en photographie de rue ?
Astrid Yurdsever : Mon futur projet est la création de livres. J’ai envie de partager mes photos sur papier ! Pour contredire mes propos du point 4, je viens d’exposer un mois une série de portraits de femmes turques dans une galerie à Istanbul. Série exceptionnelle demandée par cette galerie pour la journée internationale des droits de la femme. J’espère exposer en 2024 mais pas de projet précis.
SPF : Comment avez-vous découvert la communauté de Street Photography France et quels avantages y trouvez-vous ?
Astrid Yurdsever : Je suis pas mal de groupes photos sur FB et Instagram. J’ai découvert de très belles photos et l’envie de rejoindre votre groupe s’est imposée sans connaitre votre fonctionnement. Je trouve votre fonctionnement intéressant et cela me permet d’avoir une vitrine plus grande pour montrer mon travail. Seulement un peu frustrée de ne montrer que des photos faites en France !

