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Eric RIVIERE

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Entre cinéma et instinct : Eric RIVIERE, ou l’art de briser les règles

SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Eric RIVIERE : J’ai découvert la photographie de rue quand j’étais encore un jeune étudiant en arts appliqués. A cette époque je ne pratiquais pas, je passais surtout mon temps à dessiner mais j’étudiais la composition de l’image dans les divers médias.

SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Eric RIVIERE : Comme beaucoup de gens que je connais, j’ai commencé la photographie de rue pendant le COVID en 2020. C’était une période sociologiquement intéressante et je voulais utiliser le temps qui m’était donné pour créer quelque chose et ma famille venait juste de m’offrir un Nikon.

SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Eric RIVIERE : Petit je prenais les photos de famille car j’étais « celui qui faisait les belle photos ». Je me souviens avoir eut des petits appareils de mauvaise qualité que j’adorais. J’ai par la suite beaucoup travaillé la composition de l’image à travers le dessin, les études en communications visuelles et plus tard en cours de documentation de l’image. Durant mes études, j’ai eut quelques cours de photographies qui m’ont fait découvrir un aspect plus technique qui me dépassait alors et c’est par la pratique des années plus tard que j’ai le plus appris.

SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Eric RIVIERE : J’utilise mon bon vieux FUJIFILM X-T20. Ce n’ai pas la grande classe mais c’est un appareil correct qui fait le travail que je lui demande. J’ai le 18-55cm qui va avec et un 50mm 1.2.

SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Eric RIVIERE : Bien que cheap et de seconde main mon Fujifilm est intéressant pour ses simulations de film et pour ses réglages qui peuvent quasiment tous se faire avec les molettes extérieures. J’aime ce côté instinctif et son style rétro. Mon objectif 50mm est un manuel et je trouve ça très fun à utiliser, il ne me mache pas le boulot, me pousse à m’approcher, il est sympa pour faire de la street mais surtout il me permet de faire du portraits et des close up si j’en ai envie.

SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Eric RIVIERE : Bien que cheap et de seconde main mon Fujifilm est intéressant pour ses simulations de film et pour ses réglages qui peuvent quasiment tous se faire avec les molettes extérieures. J’aime ce côté instinctif et son style rétro. Mon objectif 50mm est un manuel et je trouve ça très fun à utiliser, il ne me mache pas le boulot, me pousse à m’approcher, il est sympa pour faire de la street mais surtout il me permet de faire du portraits et des close up si j’en ai envie.

SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Eric RIVIERE : Ce qui m’inspire avant tout c’est le cinéma. Plus que tout autre grand photographe, je serai plus inspiré par cette scène de A Night in Casablanca où Harpo Marx joue sur sa harpe, entouré de tableaux, ce noir et blanc avec une lumière magnifique ! Ca donne une sacré leçon sur comment la lumière crée le mood. Autre exemple, petit j’étais fasciné par cette série de streetphotos prises par Dustin Hoffman dans Rain Man et qu’on voyait défiler au générique de fin, je trouvait ça génial, tellement simple tellement beau. Pas du grand art, non, c’est flou, c’est mal cadré mais ce sont des instants de vie poignants.

SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Eric RIVIERE : J’ai eu la chance de capturer ce moment dans les rues de San Sebastian. Il m’est difficile d’exprimer pourquoi elle est si spéciale pour moi mais c’est comme ça. Je l’ai trouvé belle cette petite photo, j’aime ce qui s’en dégage.

SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Eric RIVIERE : Au début il m’a fallu vaincre cette crainte de photographier les gens de face, puis il m’a fallu aller vers les gens pour, une fois que j’ai pris leur photo, le leur dire. Il m’a fallu passer par l’étape du « he, mais j’ai déjà pris ce genre de photo…et ça aussi ! ». Aussi, à souvent shooter dans la même ville on se retrouve avec les même endroits qu’on a plus envie de voir en arrière plan. Il faut trouver d’autre façon d’appréhender ces lieux. Et est-ce qu’on parle du prix du matériel photo ? Non on ne va pas aborder le sujet du prix de matériel photo…

SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Eric RIVIERE : Chaque fois que sors avec mon appareil je vis des choses différentes. Chaque aventure a quelque chose de particulier. Difficile pour moi de classer ces moments ou de dire qu’un de ces moments était plus mémorable que les autres.

SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Eric RIVIERE : J’ai eu des cours de droit de l’image lors de mes études et je considère qu’aller vers les gens qu’on a photographier pour leur montrer la photo sur l’écran de l’appareil fait partie de mon devoir. Au début ce n’était pas simple d’aller vers les gens et il m’est arrivé de devoir effacer des photos que j’aimais beaucoup. Avec le temps je trouve cette étape agréable et très enrichissante. Je parle plus facilement aux gens et j’ai appris à les aborder pour leur expliquer ce que je fais.

SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Eric RIVIERE : Les classiques : un homme agressif qui n’est pas content qu’on l’ai pris en photo, un couple illégitime qui aurait préféré que leur aventure soit plus plus discrète…On s’excuse, on efface la photo, on part la tête basse et la queue entre les jambes.

SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Eric RIVIERE : C’est en forgeant qu’on devient forgeron, il n’y a pas de secret, »labora labora et invenies », alors il faut y aller et shooter encore et encore.

SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Eric RIVIERE : Il est bon de connaitre les règles, il est encore mieux d’apprendre à les briser correctement. (Rho c’est beau ! Victor Hugo, celle-ci c’est pour ta pomme !)

SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Eric RIVIERE : Un petit voyage en scandinavie se prépare…mais chut !

SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Eric RIVIERE : Une exposition me plairait beaucoup. La dernière fois que mes photos ont été exposées c’était à Tokyo et je n’ai pas pu faire le déplacement, j’ai une revanche à prendre. J’ai trouvé un endroit sympathique et cette fois je serai là. Pour me trouver au vernissage il y aura deux options : soit trouver le type le plus pédant de la pièce avec son verre de vin en main, soit trouver le mec timide qui se cache dans les toilettes (je suis gémeaux et aucun de nous deux ne croit en l’astrologie) Pour l’instant je fais mes photos et laisse l’idée trotter dans ma tête… et ça fait de plus en plus de bruit.

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