Des moments volés à l’humanité. Frédérique Nagy
Autodidacte, accompagnée par les livres, Frédérique Nagy pratique la photographie de rue depuis une quinzaine d’années. Elle travaille au Nikon, prend souvent les personnes de dos et cherche des moments volés à l’humanité de celles qu’elle rencontre. Elle dit sa timidité, et préfère parcourir les rues seule. Les 27, 28 et 29 novembre 2026, elle sera à Milan avec The Roadphotographer — la quatrième fois qu’elle travaille avec eux.
On pose les questions à Frédérique…
SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Frédérique Nagy : Ma relation avec la photographie est très ancienne, j’ai commencé comme beaucoup avec un Brownie Starlet… Le temps ne m’a pas éloignée de la photo, au contraire, de la photo de famille à la photo de rue il n’y a qu’un pas que la vie m’a aidée à franchir. J’ai simplement ouvert les yeux et souhaité conserver ce regard, je dirais que ça s’est fait naturellement.
SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Frédérique Nagy : Je pratique la photo de rue depuis environ une quinzaine d’années.
SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Frédérique Nagy : Je suis autodidacte, les livres m’accompagnent.
SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue ?
Frédérique Nagy : Nikon Z9, Nikon Z8, Nikon Zf, Nikon D750 et D7000. Nikkor 24-200/4-6.3, Nikkor 40 mm 1:2, Nikkor 14-30/4S, Nikkor 17-28/2.8, Nikkor 35/1.8 S.
SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Frédérique Nagy : Non, je dois avouer que je ne suis pas assez à l’aise avec le côté technique de la photo et je reste spontanée, quitte à utiliser mon ordinateur pour rectifier mes manquements.
SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Frédérique Nagy : Des moments volés à l’humanité des personnes que je rencontre.
SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Frédérique Nagy : J’ai encore beaucoup à apprendre.
SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Frédérique Nagy : Près du canal Saint-Martin, je vois une femme lumineuse avec un homme. Ce couple est attirant, chaque personne et leur relation induite par leur comportement. Il la prend en photo, je l’imite.
SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confrontée en pratiquant la photographie de rue ?
Frédérique Nagy : Ma timidité.
SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Frédérique Nagy : Au sortir de cette séance de cinéma, après avoir regardé un film prenant, je fus éblouie par la lumière qui illuminait cette fin d’après-midi sur le bassin de la Villette.
L’amour de la photo avait aiguisé mon regard, je fus bercée par la lumière de ce bassin, la Rotonde de Ledoux.
Un homme se promenait, poussant un fauteuil roulant devant lui. Une personne jeune y était assise, vraisemblablement un enfant. L’homme souriait.
Soudain il s’arrêta, fit face au fauteuil ; je vis alors qu’effectivement la personne était un jeune enfant, ses mains tordues à l’extrême signifiaient sa détresse physique.
L’homme releva la tête de l’enfant et recula de quelques pas. La tête retomba sur la poitrine de l’enfant, l’homme s’insurgea gentiment, la séquence recommença. Cet homme ne pourrait pas prendre une photo de ce jeune garçon.
N’y tenant plus, je m’approchais et demandais : « Vous avez besoin d’aide ? » L’homme me répondit immédiatement par l’affirmative.
J’approchais l’enfant, soutins sa tête de ma main. Il tourna son visage vers moi, l’homme lui parlait. Je lui dis : « Regarde ton père, tu peux lui faire un sourire, il sera heureux. »
L’enfant me regardait avec un regard et un sourire lumineux.
Le père me remercia après avoir pris sa photo. La lumière n’a jamais été aussi belle sur le bassin de la Villette.
SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Frédérique Nagy : Spontanément, je prends souvent les personnes de dos.
SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Frédérique Nagy : Une personne à la terrasse d’un café que j’avais prise en photo m’a demandé de ne pas la prendre en photo. Je me suis assise à sa table, lui ai montré la photo, pour qu’elle voie qu’elle n’était pas essentielle dans l’image.
SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Frédérique Nagy : Se faire plaisir et s’écouter dans les choix de sujets.
SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Frédérique Nagy : Pratiquer et parcourir les rues, seule.
SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Frédérique Nagy : Continuer.
SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Frédérique Nagy : Je participe les 27, 28 et 29 novembre 2026 à Milan. C’est la quatrième fois que je travaille avec The Roadphotographer.


