Derrière l’Objectif avec Patricia Romano : Immortaliser l’Ordinaire avec Extraordinaire

Explorez la vision artistique de Patricia Romano dans le monde captivant de la photographie de rue, où chaque cliché est une exploration de l’extraordinaire dans l’ordinaire. Membre émérite de Street Photography France, Patricia nous guide à travers les rues animées de Marseille, capturant l’essence de la vie quotidienne avec un regard aiguisé. Au fil de cette interview, plongez dans son parcours, découvrez l’histoire émouvante de ses clichés emblématiques, et partagez sa philosophie éthique envers la photographie de rue. Suivez cette artiste passionnée dans son voyage visuel, où l’éphémère devient éternel à travers l’objectif.

On pose les questions à Patricia…

Dans cette interview, Patricia Romano partage avec nous son parcours photographique.

SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?

Patricia Romano : J’ai découvert la photo de rue avec «le baiser de l’hôtel de ville » de Robert Doisneau. Lorsque j’étais adolescente, je m’étais offert cette photo en poster et elle décorait ma chambre. Pratiquement tous les jours, je marche dans les rues Marseillaises et mes yeux sont toujours attirés par tout ce que je vois. J’ai toujours envie de capter un moment furtif, un moment étonnant. La photographie de rue me permet de partager ces moments de la vie, de la rue.

SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?

Patricia Romano : Je fais de la photographie depuis de nombreuses années. En 2013, j’adhère à un atelier photographique dans lequel toutes les semaines on fait un atelier photo en petit groupe soit en intérieur, soit en extérieur. En extérieur, on est amené à photographier les rues de Marseille. Cela m’a donné confiance en moi et m’a permis d’avoir plus d’aisance pour photographier les gens, les situations… de la rue. Comme j’aime bien balader, marcher, je me suis rendu compte que la photographie de rue c’était un exercice que j’adorais. Petit à petit, j’affine mon œil de photographe, j’améliore mes clichés. Aujourd’hui, j’ai toujours dans mon sac un appareil photo ou mon portable pour pouvoir immortaliser des scènes de la vie de tous les jours, des gens qui m’inspirent, des situations cocasses.

SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?

Patricia Romano : J’ai un CAP Photographe. Pour la photographie de rue, je suis autodidacte.

SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?

Patricia Romano : J’utilise le matériel suivant : un NIKON D600 avec un objectif 24-120mm, un FUJIFILM X30 ou un Iphone 13.

SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?

Patricia Romano : Non, j’adapte ma façon de photographier suivant le matériel utilisé.

SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?

Patricia Romano : Je ne sais pas si j’ai un style ! Mes photographies de rue sont essentiellement basées sur l’instant, sur le moment. Un moment qui peut être drôle, émouvant, triste… j’essaie de reproduire une certaine émotion. Lorsque je n’arrive pas à trouver une touche particulière, j’essaie de travailler l’esthétique tels que les ombres, les reflets…

SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?

Patricia Romano : Bien sûr ! J’aime bien Robert Doisneau, Henri Cartier-Bresson, Eliott Erwitt, Vivian Maier, JR.

SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?

Patricia Romano :  J’aime bien cette photo de rue que j’ai nommé « Ressemblance ». Sur un mur, j’avais repéré ce « street art » qui me plaisait bien. Comme j’aime bien avoir souvent de l’humain dans mes photographies, je me place en face de ce graffiti et j’attends qu’il y ait une personne qui passe pour déclencher. Mon œil est derrière l’objectif, je vois une personne qui arrive et je trouve qu’il ressemble au dessin, je déclenche. Cette photo est devenue une de mes photos préférées, elle a un côté humoristique !

SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?

Patricia Romano : Mon défi principal est de capturer la vie de tous les jours, l’anodin, pour essayer d’en faire une belle image. Quelquefois une belle lumière naturelle embellie la photographie et lui donne un certain caractère, un côté plus esthétique.

SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?

Patricia Romano : La photographie de rue, cela peut être aussi des échanges avec des gens que l’on ne connaît pas. Une fois tout à fait par hasard, je vois un chien avec des lunettes. Je m’approche de lui avec mon objectif. Il y avait son maître et je lui dis il est superbe votre chien, est-ce que je peux le photographier. Il me dit que oui, c’est ce que je fais et je lui montre sur l’appareil les photos. Je lui propose de lui envoyer par mail. Il est content et il m’explique pourquoi il met des lunettes de soleil à son chien. C’est parce qu’il ne voit presque plus et c’est pour lui protéger ces yeux de la lumière. La photographie de rue c’est aussi des échanges.

SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?

Patricia Romano : Il n’y a rien d’illégal de photographier une personne inconnue dans un lieu public. Mais, il faut bien sûr respecter les gens, leur dignité. S’il faudrait un accord écrit de toutes les personnes que l’on a pris en photo, cela serait compliqué et peu de monde publierait, non ?

SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?

Patricia Romano : Non, je n’ai pas rencontré de situations délicates et j’espère que cela continuera !

SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?

Patricia Romano : Il faut oser déambuler dans les rues avec son appareil photo autour du cou, marcher et hop déclencher ! Au début il y a toujours un peu d’appréhension mais après on s’habitue. Bien sûr il faut toujours rester prudent et respecter chaque personne. La plupart des fois ça passe car on voit la personne en petit. Si on photographie une personne et qu’elle s’insurge, il faut lui expliquer votre démarche, lui montrer la photo et souvent après elle accepte. Si vraiment elle dit « non », il vaut mieux effacer la photo je pense.

SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?

Patricia Romano : Comme c’est souvent des photographies prises sur le vif, ce n’est pas toujours facile. Mais dans l’exercice de la photographie de rue, on peut rajouter de la créativité par exemple en se disant aujourd’hui je dois prendre des photos où il y a un élément « rouge », je fais une série où je m’oblige à mettre des ombres, des jeux graphiques… Il y a plein de possibilités de développer sa créativité.

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