Des points de vue qui accordent plusieurs histoires. Jean-Christophe Dudreuil
Après plusieurs expériences et tâtonnements photographiques, Jean-Christophe Dudreuil s’est rendu compte que ce qui se passait dans les villes et les villages lui paraissait essentiel dans l’expression photographique. Il n’a suivi aucune formation photo : autodidacte, il s’appuie énormément sur son passage à l’école des Beaux-Arts et sur son métier de graphiste. Il travaille au Leica Q3 en 28 mm, et aime les forts contrastes autant que les associations de couleurs et de formes, et les points de vue qui accordent plusieurs histoires.
On pose les questions à Jean-Christophe…
SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Jean-Christophe Dudreuil : Après plusieurs expériences et tâtonnements photographiques, je me suis rendu compte que ce qui se passait dans les villes et villages me paraissaient essentiels dans l’expression photographique.
SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Jean-Christophe Dudreuil : 1 à 2 ans.
SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Jean-Christophe Dudreuil : Aucune formation photo, juste autodidacte mais ma formation à l’école des Beaux-Arts me sert énormément. De même que mon métier, je suis graphiste.
SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Jean-Christophe Dudreuil : Leica Q3 (objectif : 28 mm).
SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Jean-Christophe Dudreuil : Leica Q3 : léger et permet de travailler manuellement avec aisance.
SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Jean-Christophe Dudreuil : Avec de forts contrastes, mais j’aime aussi les associations de couleurs, de formes, les points de vue qui accordent plusieurs histoires.
SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Jean-Christophe Dudreuil : Oui les grands classiques : Alex Webb, Fred Herzog, Ernst Haas mais aussi Valerie Six, Francesco Sembolini… et beaucoup d’autres.
SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Jean-Christophe Dudreuil : Cette photo a été prise l’an dernier, j’étais sous le pont de Pierre à Bordeaux à contre-jour. J’essayais de placer le réverbère au centre du cadre avec, si possible, quelques personnes de part et d’autre. Je suis resté un bon quart d’heure et je vois 2 personnes qui s’approchent l’une vers l’autre dans une bonne symétrie et j’ai déclenché. Ça a marché. J’ai envoyé cette photo à un concours que la ville a organisé sur les 100 ans du pont de pierre et j’ai gagné ce concours avec d’autres artistes.
SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Jean-Christophe Dudreuil : Aucun ! Seul le plaisir de réussir les objectifs que je me fixe et de découvrir au fil du temps mes erreurs qui je l’espère permettront de réussir au mieux ce vers quoi je tends.
SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Jean-Christophe Dudreuil : Ce que me renvoie les personnes que je croise, avec qui une discussion se déclenche et les belles rencontres que je ne pourrais faire sans la photo. De voir également comment le banal peut être beau, le quotidien esthétique. Ça me réconcilie avec le monde.
SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Jean-Christophe Dudreuil : Dès que je vois une interrogation, un défi du regard, je vais voir les personnes concernées et leur pose la question si cela les gêne (la plupart du temps non) et je m’interdis les personnes en situation gênante et qui les dévalorise.
SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Jean-Christophe Dudreuil : Oui, je les ai gérées par le dialogue et l’effacement de ma photo.
SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Jean-Christophe Dudreuil : Sortir, sortir, photographier, photographier, lire, lire, voir des expos (photo, peinture,…), s’inspirer aussi du cinéma, s’émouvoir devant une belle lumière. Bref, faire et se nourrir.
SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Jean-Christophe Dudreuil : Même chose que précédemment et essayer d’être en alerte photographique même sans son appareil photo, d’essayer d’imaginer sa photo en voyant une belle scène.
SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Jean-Christophe Dudreuil : J’aimerais raconter une histoire sur ma ville, y associer le vernaculaire et l’esthétique sur Bordeaux et ses habitants.
SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Jean-Christophe Dudreuil : Rien en prévision, car je n’ai rien de prêt mais un jour peut-être.
SPF : Comment avez-vous rejoint Street Photography France ?
Jean-Christophe Dudreuil : Via des copains qui vous connaissent et les RS.
SPF : Quels avantages trouvez-vous dans l’appartenance à cette communauté ?
Jean-Christophe Dudreuil : L’échange, le partage avec d’autres photographes si possible, des rencontres aussi.
SPF : Avez-vous des projets ou des idées pour renforcer la communauté de Street Photography France ?
Jean-Christophe Dudreuil : Je pense que le plus difficile pour ce genre de communauté c’est de créer du lien physique, des rencontres. Donc si cela vous est possible, faire des sessions en région. En tout cas, je trouve que ce collectif peut être une belle opportunité pour tout un chacun. Au plaisir de vous rencontrer.

