De l’Autodidacte au Maître : Le Parcours de Stephan Bartholomeus

Dans les rues de Bruxelles, au détour d’un jeu d’ombres et de lumières, l’objectif de Stephan Bartholomeus saisit l’essence de l’instant. Membre éminent de Street Photography France et cofondateur de 1000streetscollective, Stephan incarne une vision unique de cet art : une quête esthétique où la lumière, la géométrie et la couleur dialoguent avec la vie quotidienne. Diplômé en photographie à Bruxelles, mais profondément autodidacte dans son approche de la photographie de rue, Stephan explore l’ordinaire avec une sensibilité rare, sublimant les scènes urbaines les plus anodines. À travers son travail, il interroge le rapport entre l’environnement et les individus, tout en respectant les questions éthiques inhérentes à cette pratique.

Cette conversation nous plonge dans son univers créatif, entre inspirations artistiques, anecdotes personnelles et réflexions sur la manière de capturer l’éphémère. Stephan évoque également les projets ambitieux de 1000streetscollective, un collectif qu’il a contribué à fonder et qui continue de porter une vision audacieuse de la photographie de rue. Une exploration où l’art et la ville s’entrelacent pour révéler la beauté cachée du quotidien.

On pose les questions à Stephan…

Dans cette interview, Stephan Bartholomeus partage avec nous son parcours photographique.

SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Stephan Bartholomeus : Bien que je m’y intéresse depuis près de 10 ans, j’ai véritablement commencé la pratique en 2019.

SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Stephan Bartholomeus : Malgré mon diplôme de photographe obtenu en 1983 à Bruxelles (INRACI), je me considère comme autodidacte dans la discipline de photo de rue.

SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Stephan Bartholomeus : Je shoote principalement avec mon Fuji Xpro3. Côtés optiques, je privilégie le 23mm (35 FF) et le 35mm (50FF), les deux en f/1.4 pour leur grande ouverture.

SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Stephan Bartholomeus : Celui que j’ai sur moi.

SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Stephan Bartholomeus : Difficile de se définir un style. Je dirais que je suis d’abord attiré par la lumière et ses effets, puis par l’esthétique des lieux (géométrie, architecture…). Et surtout la magie de la couleur que j’utilise exclusivement. Je suis plutôt du type « pêcheur » que « chasseur ».

SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Stephan Bartholomeus : Je serais incapable de tous les citer tellement il y en a. Les « maîtres classiques » HCB, Doisneau, Brassai, etc., bien entendu. Mais j’ai un faible pour les précurseurs de la photo de rue en couleur tels que William Eggleston, Alex Webb ou notre compatriote belge Harry Gruyaert.

SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Stephan Bartholomeus : Il y a des photos que l’on cherche, que l’on souhaite réaliser, mais parfois le hasard et la chance sont au rendez-vous. Cette photo faite à Ault-Onival est particulière : j’étais en vacances et nous mangions une glace avec les enfants. Je n’étais absolument pas en mode « shooting ». À un moment donné, j’ai vu cette dame au loin, quelque chose m’interpellait. En m’approchant, j’ai remarqué que les vêtements qu’elle portait étaient en harmonie totale avec les couleurs du bâtiment en face de moi. J’ai juste eu le temps de saisir mon boîtier et de prendre la photo. Comme quoi, il faut parfois un coup de chance !

SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Stephan Bartholomeus : La patience, dirais-je, et la capacité d’accepter de rentrer d’une sortie sans bonne photo. Le défi consiste à observer et se concentrer sur l’environnement afin de saisir cet instant à côté duquel on pourrait passer.

SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Stephan Bartholomeus : Je dirais que les meilleurs souvenirs sont ceux qui m’ont permis d’entrer en contact avec les gens, d’échanger et de faire de belles rencontres.

SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Stephan Bartholomeus : Je ne rentre jamais dans la « sphère privée et personnelle » des sujets que je photographie. J’évite le contact trop rapproché ou « confrontant ». En Belgique, la loi nous permet de photographier les gens en lieux publics. Bien entendu, si besoin, je demande l’autorisation. En revanche, je ne photographie ou ne publie jamais les enfants.

SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Stephan Bartholomeus : Très rarement, je ne dirais même quasi jamais. Je me rappelle une seule fois où la personne m’a demandé pourquoi je l’avais prise en photo. Je lui ai montré mon compte IG et la photo prise, il m’a demandé si je pouvais la lui envoyer par la suite. Le comportement et la cordialité sont essentiels.

SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Stephan Bartholomeus : Réponse classique : pratiquer le plus possible et surtout observer, même lorsque l’on n’a pas d’appareil avec soi. Se documenter, lire et apprendre du travail des autres.

SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Stephan Bartholomeus : Réponse assez proche de la précédente. S’intéresser aux photographes qui nous inspirent et se laisser guider par son œil, développer son sens de l’observation. Mais avant tout… se faire plaisir en photographiant.

SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Stephan Bartholomeus : J’ai la chance d’avoir co-créé, avec Antoine Deckers, un collectif de photographes de rue en Belgique, « 1000streetscollective », qui compte actuellement 17 membres actifs. Nous avons donc beaucoup de projets et d’activités prévues en 2025.

SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Stephan Bartholomeus : Oui, nous avons une exposition prévue avec le collectif en septembre prochain à Bruxelles ainsi qu’une collaboration dans le cadre de l’édition d’un livre sur Bruxelles.

SPF : Comment avez-vous rejoint Street Photography France ?
Stephan Bartholomeus : Cela fait pas mal de temps que je connais SPF. L’un de nos membres, Christophe Bouaissi, est également membre de SPF. C’est donc avec une certaine logique que j’ai décidé de rejoindre le groupe.

SPF : Quels avantages trouvez-vous dans l’appartenance à cette communauté ?
Stephan Bartholomeus : Outre le plaisir de partager avec d’autres photographes passionnés, j’espère pouvoir renforcer les liens entre nos deux organisations.

SPF : Avez-vous des projets ou des idées pour renforcer la communauté de Street Photography France ?
Stephan Bartholomeus : Nous espérons, avec notre collectif, pouvoir multiplier les rencontres avec SPF dans le futur.

 

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