Dans l’objectif de Freddy Liseron : Une immersion dans la photographie de rue

Découvrez l’univers captivant de Freddy Liseron, membre de Street Photography France, à travers notre interview exclusive. Plongez dans son parcours autodidacte, sa passion pour les rues parisiennes, et comment il capture l’essence de moments éphémères avec son Canon 6D II. Freddy partage ses inspirations, défis, et des conseils précieux pour les aspirants photographes de rue, tout en mettant en lumière son approche éthique et ses projets futurs.

On pose les questions à FREDDY…

Dans cette interview, Freddy Liseron partage avec nous son parcours photographique.

 

SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Freddy Liseron : Je l’ai découverte un peu par hasard. J’ai commencé la photo par du portrait pour un besoin personnel non artistique; pour être transparent c’était pour les sites de rencontres! ; et au fur et à mesure de mes recherches je me suis pris de passion pour cela. Mon idée d’origine était donc de faire des portraits. Voulant m’améliorer sur le plan technique et appréciant la marche, j’ai décidé d’allier les deux en photographiant les rues de Paris. C’est là que je suis tombé amoureux de la photographie de rue.

SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Freddy Liseron : Depuis 2018, et plus intensivement depuis 2020.

SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Freddy Liseron : Je suis autodidacte. J’ai commencé par des vidéos YouTube plutôt orientées technique, et j’ai également acheté des livres en parallèle (notamment « L’œil du photographe et l’art de la composition », « L’âme d’une image », « Capturer la lumière »). Je me suis ensuite abonné à Empara, une plateforme de formation photo en ligne plutôt généraliste (portrait, studio, animalier, voyage, Lightroom, Photoshop etc.). J’ai également assisté à un cours de Graine de Photographe sur la composition.

SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Freddy Liseron : J’utilise en ce moment un Canon 6D II avec un objectif 24-70mm Canon.

SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Freddy Liseron : Je n’utilise quasi exclusivement que le Canon 6D II + le 24-70. Ce n’est pas forcément conventionnel pour de la photo de rue mais cela me permet de couvrir ma vision artistique. J’ai pas mal shooté au 50mm de chez Canon au début, ce qui m’a permis d’apprendre à me déplacer pour trouver le meilleur angle de vue. Le souci avec cet appareil c’est qu’il est plutôt imposant, il manque de discrétion. J’ai en tête de prendre un appareil plus petit, mais pas forcément dans l’immédiat.

SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Freddy Liseron : C’est une photographie en Noir & blanc, plutôt structurée, plutôt contrastée, parfois minimaliste. J’aime jouer sur les lignes et les formes. L’humain y est souvent présent sous forme de silhouette.

SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Freddy Liseron : Je ne sais pas si on peut le qualifier de photographe de rue, mais je suis un très grand fan de Steve McCurry. J’adore son talent pour la composition et le courage qu’il a de parcourir le globe pour aller chercher ses photos dans les lieux parfois jugés dangereux. J’aime beaucoup la photographie d’Elliot Erwitt. J’ai, comme beaucoup je pense, également été influencé par la photographie noir et blanc d’Alan Schaller (avec qui j’ai eu l’occasion d’échanger lors d’un vernissage à Paris, très sympathique, accessible et pas avare en conseils). J’aime ses contrastes, la pureté de ses photos, son minimalisme et sa manière de capter les expressions. Sinon pêle-mêle : Kai Ziehl (pour ses lignes et courbes), Mark Fearnley, Philip Penman (pour ses ambiances), Joakim Moller (pour sa poésie), Héloïse Barreau et Gildas Lepetit-Castel (pour l’ambiance et la créativité de leurs photos).

SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Freddy Liseron : Une des photos à laquelle je suis attaché est celle de La demoiselle au parapluie. Initialement j’avais repéré ce lieu quelques années auparavant et je l’avais gardé dans le coin de ma tête. J’appréciais ses lignes directrices et les reflets possibles. Entre travaux et barrières, je n’avais pas pu prendre ce lieu en photo comme je le souhaitais les fois où je passais par là. Un jour j’y retourne et il s’avère que l’emplacement est « libre ». Je me place de manière à avoir une bonne symétrie, et j’attends que quelqu’un passe. Je prends quelques photos puis je continue ma promenade. De retour chez moi, les photos ne me conviennent finalement pas totalement. Je décide d’y retourner le lendemain, muni d’un parapluie. Je ne sais pas pourquoi mais j’avais l’image d’une jeune femme avec un parapluie. De retour sur le lieu, j’en fais le tour quelques minutes et là je vois cette élégante demoiselle. Je lui explique mon projet, elle est OK, et je prends quelques photos de dos. Et là, sans que je le lui indique, elle se retourne : c’était la photo parfaite. Cette photo est assez particulière pour moi car au-delà du résultat, c’est l’unique fois que j’ai demandé à poser pour moi en photo de rue. Généralement je n’interfère pas.

SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Freddy Liseron : Je ne suis parfois pas assez présent, ce qui me fait louper certaines occasions. Mais je me connais et je sais que la concentration, ça va, ça vient. Côté technique, il m’arrive de manquer des clichés à cause de la mise au point de l’objectif. Certaines photos demandent d’être prises sur le vif, et mon objectif peut manquer le focus (surtout en condition compliquée). Mon but est d’apprendre à utiliser l’objectif en mode manuel.

SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Freddy Liseron : Je me promenais à la Défense à la recherche d’un spot inspirant, quand je remarque une personne me prenant en photo discrètement. Faisant de la photo, je n’ai absolument aucun problème qu’on me prenne en photo. Curieux, je vais voir cette personne pour discuter avec elle. Je lui demande son Instagram, et il s’avère qu’on se suivait mutuellement! J’ai trouvé la coïncidence géniale, surtout que j’avais peu d’abonnés. Cette personne est membre de Streetphotographyfrance.fr, il s’agit d’Alexandre Hua. J’ai donc été le sujet d’une des photos d’Alexandre.

SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Freddy Liseron : Je m’autorise à photographier toutes personnes dans les lieux publics, même si ma photographie fait que dans la grande majorité du temps, on ne reconnaît pas le sujet (soit trop loin, soit de dos, soit je ne capture que sa silhouette). Ma photographie est généralement orientée « sur le vif », je ne cherche et ne souhaite pas de contact avec le sujet. On ne me voit généralement pas. Je suis plutôt à distance, et les rares fois où l’on me voit, je fais un sourire. Je ne prends jamais de photos de personnes dans des situations dégradantes.

SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Freddy Liseron : Je n’ai jamais été confronté à des situations délicates.

SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Freddy Liseron : Cela va paraître bateau, mais déjà juste prendre son appareil photo, sortir de chez soi et se lancer. C’est parfois compliqué de passer à l’action, on se pose parfois pleins questions : « est-ce que mes photos seront bonnes ? », « comment vont réagir les gens dans la rue ? » etc. Donc un de mes conseils serait de ne pas réfléchir et d’y aller. En tant que débutant, très probablement 95% de vos photos ne vous satisferont pas, il y a des jours où vous rentrerez sans aucunes photos convenables, mais avec de la persévérance cela viendra assurément. Soyez présent, observez votre environnement, prenez des photos même mentales de ce qui vous attire. Trouvez la distance à vos sujets qui vous sied. Gardez votre appareil allumé et toujours prêt à photographier. Et surtout ne vous comparez pas aux autres photographes plus avancés, eux aussi sont passés par les mêmes difficultés que vous.

SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Freddy Liseron : Je pense que la créativité vient de l’association d’idées, de concepts, d’images auxquels on s’est imprégné. Développer sa culture photographique est donc important pour moi, à travers les livres ou les expos. Mais on peut également trouver des inspirations dans d’autres arts : le cinéma, la peinture, mais également la poésie ou la musique. Tout cela fera qu’une scène vous évoquera quelque chose quand vous la verrez.

SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Freddy Liseron : Je pense avoir encore pleins de choses à découvrir en photo. J’ai pour objectif de les explorer et de les pratiquer. Peut-être me lancer dans un défi, comme Caroline Cuinet, photographe de famille, qui pendant 100 jours a exploré différentes manières d’appréhender la lumière à travers un cliché par jour.

SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Freddy Liseron : J’ai pour souhait d’exposer d’ici la fin de l’année. Le projet n’est pas défini clairement (thème, lieux, date, photos), mais je pense que la matérialisation physique de son œuvre est une des finalités de la photographie.

SPF : Comment avez-vous rejoint Street Photography France ?
Freddy Liseron : J’ai connu Street Photography France par le biais d’Instagram. J’ai eu l’honneur d’être partagé quelques fois. L’intérêt porté m’a beaucoup touché et est réciproque. J’ai trouvé le projet de communauté intéressant et structuré.

SPF : Quels avantages trouvez-vous dans l’appartenance à cette communauté ?
Freddy Liseron : Faire partie d’une communauté c’est l’occasion de découvrir d’autres points de vue, d’autres styles photographiques et d’échanger dessus. C’est apporter son expérience et se nourrir de l’expérience des autres membres. C’est également un moyen de rayonner et de faire rayonner la photographie de rue en général.

SPF : Avez-vous des projets ou des idées pour renforcer la communauté de Street Photography France ?
Freddy Liseron : Comme idées qui me viennent à l’esprit, il pourrait y avoir des Meet up, des expos communes, un serveur Discord, ou encore des challenges.

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