Couleurs et hasards de la rue. Paul Pillet
Photographe autodidacte, Paul Pillet pratique la photographie de rue depuis une dizaine d’années. Après ses premières vidéos amateurs en extérieur, il a trouvé dans la rue un terrain de jeu naturel et infini. La couleur et les situations cocasses guident son regard, avec le désir de donner à ses images une dimension théâtrale ou humoristique.
Inspiré notamment par Martin Parr et Harry Gruyaert, il privilégie un équipement discret et léger et photographie principalement au fil de ses voyages. À Tirana, le passage inattendu d’une jeune fille formant un « V » rose avec ses jambes lui a rappelé la place du hasard dans sa pratique. Entre observation, technique et chance, Paul poursuit sa quête de couleurs et de scènes insolites, avec de prochains voyages photographiques en Asie.
On pose les questions à Paul…
SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Paul Pillet : La photo de rue m’est apparue naturellement, après avoir fait quelques vidéos amateurs en extérieur. Avec un équipement minimal, la rue est un terrain de jeu naturel et infini pour s’exprimer…
SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Paul Pillet : Je pratique la photographie de rue depuis une dizaine d’années.
SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Paul Pillet : Je suis totalement autodidacte, hormis une formation d’une journée que l’on m’a offerte et qui m’a enrichi de quelques astuces bien utiles pour cadrer rapidement son sujet et limiter les retouches de post-production.
SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue ?
Paul Pillet : J’utilise du matériel plutôt basique — un Alpha 6000 accouplé à un objectif 35 mm —, discret et léger, finalement des paramètres très importants pour une virée photo d’une journée !
SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Paul Pillet : L’équipement que je recherche, c’est le meilleur rapport résolution/poids. Je teste actuellement le Ricoh GR IV… À suivre…
SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Paul Pillet : Mon style peut se résumer en deux quêtes : la couleur et les situations cocasses. Dans la mesure du possible, j’essaye de donner à mes photos une dimension théâtrale ou humoristique.
SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Paul Pillet : Oui, beaucoup de photographes sont très inspirants : Martin Parr, Harry Gruyaert… Mais aussi tous les anonymes que l’on retrouve sur Internet, notamment les lauréats de concours qui, sans être professionnels, ont pour certains un vrai talent.
SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Paul Pillet : Cette photo a été faite à Tirana. J’étais concentré à cadrer l’arbre mimant la structure de béton qui l’entoure. J’ai déclenché et c’est au moment du développement que j’ai vu cette fille qui passe en créant un « V » rose avec ses jambes, qui répond lui aussi à la structure en béton. C’est aussi ça, la photo de rue… Un peu de technique et surtout beaucoup de chance !
SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Paul Pillet : Garder sa motivation… C’est facile après avoir capté une scène de rue improbable, mais plus difficile après une journée de shooting infructueuse.
SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Paul Pillet : Je fais principalement des photos lors de mes vacances, alors toutes mes photos de rue sont des souvenirs de voyages !
SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Paul Pillet : La photo prise dans l’espace public et sans chercher ni à nuire ni à se moquer d’une personne en particulier n’est pas problématique à mes yeux. Sinon, il n’y a plus de photo de rue…
SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Paul Pillet : Non, pas forcément. Les quelques portraits que j’ai tirés ont été faits avec l’autorisation de la personne concernée.
SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Paul Pillet : Déclenche !
SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Paul Pillet : Pour apprendre et se développer, c’est important de s’inspirer des autres photographes, lire des livres, faire des expos…
SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Paul Pillet : Oui, mes prochains voyages photographiques se feront en Asie, où j’espère trouver ma matière première : couleurs et situations insolites.
SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Paul Pillet : J’espère faire une exposition l’an prochain, mais j’ai encore un peu de travail en attendant.

