Claudia Spampinato : L’héritage du regard : patience, quotidien et transmission
On pose les questions à Claudia…
Dans cette interview, Claudia Spampinato partage avec nous son parcours photographique.
SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Claudia Spampinato : Disons que je l’ai héritée de mon père, qui était un photographe amateur d’inspiration bressonienne. Il réalisait des photos en noir et blanc dans les années 1950, prises aussi bien en France, à Paris, qu’en Italie, en tant que représentant du néoréalisme italien.
SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Claudia Spampinato : J’ai toujours aimé ce type de photographie, mais c’est surtout lors de mes voyages que je l’ai davantage pratiquée. Je dois toutefois admettre que les déplacements rapides d’un lieu à un autre n’aident pas toujours à cultiver la patience essentielle à la photographie de rue. C’est pourquoi je m’adonne aussi à la photographie de paysages ou de détails qui éveillent ma curiosité.
SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Claudia Spampinato : Non, je n’ai suivi aucun cours. Je suis autodidacte et j’ai appris les règles de base grâce à mon père.
SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue ?
Claudia Spampinato : Par le passé, j’utilisais un Nikon D60. Aujourd’hui, je dispose d’un Nikon D7500, équipé d’un téléobjectif 55–200 mm, d’un grand-angle 10–20 mm et d’un objectif fixe de 35 mm.
SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Claudia Spampinato : En général, j’utilise soit le 35 mm, soit le téléobjectif afin de ne pas attirer trop l’attention.
SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Claudia Spampinato : Je pense ne pas avoir de style particulier. Lorsque je vois une situation qui me touche, j’essaie de saisir l’instant. Cela peut être une scène amusante ou une image représentant la réalité quotidienne. Par exemple, lors de chacun de mes voyages, j’adore les marchés, qui incarnent selon moi l’âme des gens. Le quotidien est, à mon sens, l’essence même de la photographie de rue.
SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Claudia Spampinato : J’ai toujours admiré Henri Cartier-Bresson, ainsi qu’Elliott Erwitt et Robert Doisneau. Pour ce qui est des photographes italiens, je citerais Gianni Berengo Gardin, Mario Giacomelli, Mario De Biasi et… bien sûr mon père, Roberto Spampinato !
SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Claudia Spampinato : Il y en a plusieurs parmi mes préférées. Celle que je joins a été prise en Afrique du Sud, dans une petite ville — si l’on peut l’appeler ainsi — avec une route de passage et, de part et d’autre, uniquement des boutiques ou des baraques.
Ce qui m’a frappée, c’est la relation amicale entre les deux femmes et la sérénité qu’elles transmettaient à travers leurs regards, ainsi que leur manière d’être habillées et soigneusement coiffées.
SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confrontée en pratiquant la photographie de rue ?
Claudia Spampinato : Comme je l’ai déjà dit, l’essentiel est de saisir l’instant. Pour cela, il faut beaucoup de patience et de temps, savoir apprécier des rythmes lents et observer.
SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable vécue en photographie de rue ?
Claudia Spampinato : Oui. Lors d’un voyage au Mexique, dans la ville de San Cristóbal de Las Casas, il est fondamental de toujours demander la permission ou d’offrir une petite compensation avant de photographier les personnes, car les photographes y sont mal perçus pour des raisons culturelles et religieuses. Il est donc essentiel de faire preuve de respect.
Je dois admettre que, dans ce genre de situations, je comprends que l’on puisse se sentir parfois inopportun ou intrusif. Il m’a donc été un peu difficile de prendre des photos. Quelques exemples sont visibles dans ma galerie.
SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue ?
Claudia Spampinato : En général, comme je l’ai déjà mentionné, si je perçois de la méfiance de la part des personnes dans certaines situations, je demande leur autorisation. Sinon, j’essaie de passer le plus inaperçue possible.
SPF : Avez-vous déjà rencontré des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Claudia Spampinato : Je dirais que la réponse à la question 10 est équivalente.
SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Claudia Spampinato : Je n’ai pas de conseils particuliers, si ce n’est d’observer autour de soi et d’essayer de photographier. Au-delà de la technique de base, je pense que la curiosité est au fondement de tout.
SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Claudia Spampinato : Observer et être patient. Pendant la période du Covid, je me suis rendu compte que j’avais évidemment plus de temps et que je prêtais attention à des détails de mon environnement auxquels on ne fait habituellement que peu attention.
SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue ?
Claudia Spampinato : Je souhaite toujours explorer de nouvelles sources d’inspiration dans la recherche en photographie de rue, car je pense qu’elle exprime de nombreuses émotions.
SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou à des publications prochainement ?
Claudia Spampinato Je tiens à préciser que je ne me considère pas comme une professionnelle du secteur et que je pense qu’il y a toujours à apprendre des autres photographes.
Par le passé, j’ai participé à l’Urban Photo Award à Trieste avec l’exposition de quelques-unes de mes photographies
Actuellement, je participe à des concours et en avril prochain aura lieu à Milan le Milano Photo Award, où tous les auteurs inscrits seront mis en valeur par l’exposition numérique de leurs œuvres.

