Christophe Auduon : Le Regard Caché

Chez Christophe Auduon, la photographie de rue n’est ni un terrain de chasse ni un décor à performances. C’est un espace d’écoute silencieuse, une manière d’entrer dans le réel sans l’interrompre. Depuis 2014, il photographie sans bruit, à l’aveugle parfois, porté par une curiosité tranquille. Pas de style revendiqué, pas d’équipement dernier cri : seulement un Canon bien usé, un regard à l’affût, et le désir profond de capter des émotions brutes, sans mise en scène. Il ne cherche ni la reconnaissance ni la provocation. Ce qui le pousse, c’est ce moment rare où une scène banale devient signifiante — une lumière, un geste, un silence entre deux passants. Christophe ne photographie pas pour montrer, mais pour garder. Pour lui, voir sans être vu est plus qu’une méthode : c’est une posture, presque une éthique.

On pose les questions à Christophe …

Dans cette interview, Christophe Auduon partage avec nous son parcours photographique.

SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?
Christophe Auduon : Dès que j’ai acheté mon 1er appareil, j’ai toujours voulu photographier de véritables émotions. Je trouve que beaucoup sont mal à l’aise ou montrent un personnage lorsqu’ils sont devant un objectif. J’ai donc commencé à prendre des photos des personnes au naturel, sans les en informer, dans la rue.

SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?
Christophe Auduon : Depuis 2014.

SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?
Christophe Auduon : J’ai eu des cours de cinéma d’animation, avec un peu de mise en scène dedans. Plus tard, un ami photographe a donné un cours gratuit de 2h, mais au-delà, je suis autodidacte.

SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?
Christophe Auduon : Canon 550D, objectif 18-200.

SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?
Christophe Auduon : Le Canon, car c’est le seul que j’ai, et je suis amateur.

SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?
Christophe Auduon : Aucune idée. Peut-être opportuniste ou spontané. Sinon, je suis plus attiré par les personnes ou les angles de vue particuliers.

SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?
Christophe Auduon : Je n’en connais pas particulièrement, à part Cartier-Bresson dont j’ai vu une expo.

SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?
Christophe Auduon : Sur cette photo, je marchais dans un « étroit » marché en Irlande, un peu attrape-touristes. J’avais mis mon appareil devant moi dans une position discrète, comme si je le tenais simplement. Sur le côté, j’ai vu cette dame qui était perdue dans ses pensées, avec une ligne et une pose intéressantes. J’ai tourné mon appareil et pris la photo à l’aveugle.

SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?
Christophe Auduon : Trouver des sujets et rester discret. Je ne veux pas mettre les gens mal à l’aise, je ne souhaite donc pas être vu.

SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?
Christophe Auduon : Pour cette photo, je suis arrivé derrière les deux personnes que j’ai photographiées. Comme ce n’était pas discret, j’ai pris des photos du lieu et fait un tour. Lorsque je suis arrivé à l’étage, les deux personnes étaient toujours là, en attente, et j’ai décidé de les photographier. Mais l’une d’elles m’a vu juste à ce moment-là et s’est retournée après.

SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?
Christophe Auduon : J’essaie d’être le plus discret possible pour ne pas être vu. Mais si quelqu’un vient me voir pour que je supprime la photo, je le fais. Sinon, toutes mes photos d’inconnus se font lorsque je suis dans la rue ou visible depuis la rue. Si leur maison est ouverte (comme cela m’est arrivé à Taïwan il y a longtemps), je me dis que c’est photographiable.

SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?
Christophe Auduon : Ce n’était pas spécialement une photo de rue, mais en soirée, une fois, j’ai pris une personne en photo avec mon téléphone. Cette personne est immédiatement redevenue sérieuse et m’a demandé de supprimer la photo, ce que j’ai fait. La soirée a pu continuer sans accroc.

SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?
Christophe Auduon : Il faut respecter les gens et rester discret.

SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?
Christophe Auduon : Toujours avoir le regard partout, être alerte lorsqu’on fait une session, et être curieux. La dernière fois, j’ai vu que ma mère avait pris une superbe photo d’un lac embrumé, et cela rendait bien. Tandis que sur le même point de vue, je restais sur mes habitudes et je prenais un plan large. Au final, je n’aime pas les photos que j’ai prises, et je « regrette » de ne pas avoir pris la photo que ma mère a prise.

SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?
Christophe Auduon : Pas spécialement. Je fais ça de manière amateur durant mes vacances en famille. Mais si ça devient plus, peut-être que cela déclenchera des choses.

SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?
Christophe Auduon : Pas spécialement.

SPF : Comment avez-vous rejoint Street Photography France ?
Christophe Auduon : Via Facebook. J’avais ma propre page depuis des années, et je me disais qu’il était dommage de se contenter de cela. J’ai donc cherché d’autres pages pour diversifier ma visibilité, et je vous ai trouvés.

SPF : Quels avantages trouvez-vous dans l’appartenance à cette communauté ?
Christophe Auduon : Je peux demander des conseils, et éventuellement, si je souhaite me réorienter, c’est toujours une opportunité.

SPF : Avez-vous des projets ou des idées pour renforcer la communauté de Street Photography France ?
Christophe Auduon : Des événements de cohésion ? (offrir une journée au Parc Astérix, un bowling, un laser game… une activité qui n’a rien à voir avec le sujet de la communauté pour se détendre et mieux se connaître, pour qu’on devienne plus que des « collègues photographes »).

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