Ce qui échappe au premier regard

Un iPhone 12 mini dans la poche et aucun appareil dédié : Yasmina Oussoufa photographie depuis un peu moins de deux ans, et la rue lui vient par surprise, au détour d’une promenade. Autodidacte, elle préfère le regard au matériel — les formes, les contrastes, les textures, et le noir et blanc pour simplifier la scène. Elle photographie de profil ou de dos, par respect, et laisse l’image ouverte à l’interprétation.

On pose les questions à Yasmina…

Yasmina Oussoufa n’est pas venue à la photographie de rue par un projet documentaire ni par une pratique spécialisée. Elle photographie depuis un peu moins de deux ans et son approche reste spontanée : au fil de ses déplacements, une scène retient son regard, éveille sa curiosité ou provoque une émotion, et c’est à ce moment-là qu’elle ressent le besoin de photographier. Ce qui l’intéresse n’est pas l’événement spectaculaire, mais un détail, une atmosphère, une présence, une composition qui prend un sens particulier le temps d’un instant.

Autodidacte, elle apprend par l’expérimentation et l’observation, sans parcours académique, et travaille avec les moyens dont elle dispose — son iPhone 12 mini, parfois son iPad. Elle y voit moins une contrainte qu’une disponibilité : l’appareil est là au moment où la scène se présente, sans attirer l’attention ni interrompre ce qui se joue. Son regard va aux formes, aux contrastes, aux textures, à ce qui semble banal et révèle autre chose quand on prend le temps de le regarder. Sous le nom de LlyllyArt, elle développe son travail peu à peu, en explorant différents sujets et langages visuels.

SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?

Yasmina Oussoufa : Je n’ai pas découvert la photographie de rue à travers une pratique spécialisée ou une volonté de documenter le quotidien de manière systématique. Mon approche est plus spontanée : au fil de mes déplacements, certaines scènes attirent mon regard, éveillent ma curiosité ou provoquent une émotion. C’est à ces moments-là que je ressens le besoin de photographier.

Ce qui m’intéresse, c’est cette rencontre imprévue entre une scène et mon regard. Je ne cherche pas nécessairement l’événement spectaculaire, mais plutôt un détail, une atmosphère, une présence ou une composition qui, le temps d’un instant, prend un sens particulier à mes yeux.

SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?

Yasmina Oussoufa : Je pratique la photographie depuis un peu moins de deux ans. La photographie de rue reste toutefois occasionnelle dans mon parcours. Je ne sors pas spécifiquement pour photographier la rue à chaque occasion : je m’y intéresse lorsque je rencontre une scène qui me parle et que j’ai envie d’en conserver une trace.

SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?

Yasmina Oussoufa : Je suis autodidacte. Je découvre la photographie par l’expérimentation, l’observation et la pratique. J’apprends progressivement à comprendre la lumière, à travailler le cadrage et à explorer les possibilités expressives de l’image.

Je n’ai pas suivi de parcours académique en photographie. Ma démarche s’est construite librement, au fil de mes essais, de mes découvertes et de mes recherches artistiques. Cette liberté me permet d’explorer différents sujets et de développer progressivement mon propre langage visuel.

SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?

Yasmina Oussoufa : Je photographie avec les moyens dont je dispose, sans appareil photo dédié. J’utilise principalement mon iPhone 12 mini et, selon les situations, mon iPad. Ce matériel me permet de rester mobile, de saisir spontanément une scène qui attire mon attention et de travailler mes images ensuite.

Je privilégie avant tout le regard, le cadrage et la sensibilité à ce qui se présente devant moi. Pour l’instant, je cherche à tirer le meilleur parti de ces outils plutôt qu’à faire dépendre ma pratique d’un équipement spécialisé.

SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?

Yasmina Oussoufa : Mon équipement préféré est celui que je peux avoir avec moi au moment où une scène se présente. Mon iPhone 12 mini me permet de photographier avec spontanéité et discrétion, sans attirer inutilement l’attention ni interrompre le cours d’une scène.

Cette disponibilité est importante dans ma pratique, puisque je photographie la rue de manière occasionnelle, lorsque quelque chose retient véritablement mon regard. Je pense que l’essentiel ne réside pas uniquement dans le matériel, mais dans la capacité à observer et à reconnaître l’instant qui mérite d’être photographié.

SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?

Yasmina Oussoufa : Je ne définirais pas mon approche comme un style de photographie de rue à proprement parler, car cette pratique reste occasionnelle chez moi. Je photographie lorsqu’une scène m’interpelle, qu’un détail attire mon regard ou qu’une atmosphère provoque une émotion.

Mon regard est naturellement attiré par les formes, les contrastes, les textures et les compositions parfois inattendues. J’aime ce qui échappe au premier regard, ce qui peut sembler banal mais révèle une autre dimension lorsqu’on prend le temps de l’observer.

Je ne cherche pas nécessairement à raconter une histoire complète. Je préfère parfois laisser une image ouverte à l’interprétation, afin que chacun puisse y projeter sa propre sensibilité.

SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?

Yasmina Oussoufa : Je n’ai pas, pour le moment, de photographe de rue en particulier que je pourrais citer comme une source d’inspiration directe. Ma démarche est encore récente et se construit avant tout par l’observation, l’expérimentation et mes propres recherches visuelles.

Je découvre progressivement ce que la photographie me permet d’exprimer. Plutôt que de chercher à reproduire le style d’un autre, je préfère prendre le temps de développer mon propre regard, au fil des images et des rencontres.

SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?

Yasmina Oussoufa : J’ai choisi cette photographie parce qu’elle représente bien ma manière spontanée d’aborder la rue. Je ne cherchais pas nécessairement à réaliser une photographie de rue ce jour-là, mais cette scène a retenu mon attention.

Un homme est assis entre plusieurs voitures, absorbé par ce qu’il regarde. Autour de lui, les lignes du stationnement dessinent une géométrie presque graphique. J’ai été sensible à ce contraste entre l’immobilité du personnage, son attitude concentrée et l’environnement urbain qui l’entoure.

Le noir et blanc renforce les oppositions entre les ombres, les surfaces claires et les lignes au sol. Il permet aussi de simplifier la scène pour mieux en faire ressortir la composition.

Je ne connais pas l’histoire de cet homme et je ne cherche pas à lui en attribuer une. Ce qui m’intéresse est précisément cet instant ordinaire, saisi au passage, qui laisse place à l’observation et à l’interprétation. Pour moi, la photographie peut commencer ainsi : un détail, une attitude ou une scène qui nous arrête un instant et nous donne envie de regarder autrement.

SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?

Yasmina Oussoufa : Pour moi, l’une des principales difficultés est de réussir à saisir un instant fugace. Une scène peut attirer mon attention, mais tout change très vite : une attitude, une lumière ou une disposition dans l’espace peuvent disparaître en quelques secondes.

Il faut aussi apprendre à faire confiance à son regard, à reconnaître ce qui mérite d’être photographié et à trouver le bon cadrage dans un environnement qui ne se laisse pas toujours maîtriser.

Comme je pratique la photographie de rue occasionnellement, je suis encore dans une démarche de découverte. Chaque scène est différente et m’apprend quelque chose sur ma manière d’observer et de composer une image.

SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?

Yasmina Oussoufa : Une scène m’a particulièrement marquée dans un parc où je me promène très régulièrement. J’y ai vu un homme qui lavait ses vêtements à une petite fontaine.

Ce qui m’a touchée, c’est le caractère simple et quotidien de ce geste, accompli dans un espace public que je connais bien. Cette scène a interrompu le cours habituel de ma promenade et m’a amenée à regarder autrement un lieu familier.

Je ne connais pas l’histoire de cet homme et je ne prétends pas savoir ce qui l’a conduit à cette situation. Je souhaitais simplement saisir cet instant avec respect, sans jugement ni mise en scène.

Cette rencontre m’a rappelé que la photographie de rue ne nécessite pas toujours un événement exceptionnel. Parfois, il suffit de prendre le temps de regarder ce qui se déroule autour de nous. Dans un lieu que l’on croit connaître, une scène peut soudain nous arrêter et nous inviter à réfléchir à la diversité des réalités qui coexistent dans notre quotidien.

SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?

Yasmina Oussoufa : Je considère que photographier dans l’espace public ne dispense pas de respecter les personnes que l’on photographie. Derrière chaque scène, il y a un individu, une histoire et une part d’intimité qui ne m’appartiennent pas.

La plupart du temps, j’essaie de photographier les personnes de profil ou de dos, lorsque cela me permet de préserver leur anonymat tout en conservant l’intérêt de la scène. Si une personne est identifiable ou si la situation le nécessite, je demande généralement son autorisation.

Je tiens également à ne pas porter de jugement sur les personnes photographiées ni à tirer de conclusions sur leur vie à partir d’un simple instant. Mon intention est de témoigner de ce que je vois, avec sensibilité et retenue, sans réduire quelqu’un à sa situation.

Pour moi, le regard photographique doit s’accompagner d’une responsabilité humaine : une image peut être forte sans que la dignité de la personne représentée soit sacrifiée.

SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?

Yasmina Oussoufa : Jusqu’à présent, je n’ai pas rencontré de situation délicate lors de mes prises de vue dans la rue.

Je pense toutefois qu’il est important d’anticiper ces questions plutôt que d’attendre d’y être confrontée. Je reste attentive à la manière dont je photographie les personnes et je privilégie, autant que possible, les prises de vue de profil ou de dos. Lorsque cela me semble nécessaire, je demande leur autorisation.

Si une personne exprimait un malaise ou refusait d’être photographiée, je respecterais naturellement sa décision. Pour moi, une photographie ne justifie jamais de mettre quelqu’un dans une situation inconfortable.

SPF : Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui débute en photographie de rue ?

Yasmina Oussoufa : Je conseillerais avant tout aux débutants de prendre le temps d’observer. Il n’est pas nécessaire de partir à la recherche de scènes extraordinaires : la vie quotidienne offre déjà une multitude de détails, de contrastes, d’attitudes et de situations intéressantes.

Je leur dirais aussi de commencer avec le matériel dont ils disposent, sans attendre d’avoir un appareil sophistiqué pour se lancer. Personnellement, je photographie avec mon téléphone, et cela m’a appris à accorder une grande importance au cadrage et à ce qui attire réellement mon regard.

Enfin, je les encouragerais à expérimenter, à accepter les photos imparfaites et à développer progressivement leur propre sensibilité. Il ne s’agit pas de reproduire le regard des autres, mais de découvrir ce qui nous touche personnellement, tout en respectant les personnes que l’on photographie.

SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?

Yasmina Oussoufa : Je conseillerais de commencer par regarder les lieux familiers comme si on les découvrait pour la première fois. Changer de perspective, s’attarder sur une ombre, une ligne, un reflet ou une association de formes peut transformer une scène ordinaire en une image inattendue.

J’aime particulièrement observer les détails, les matières et les contrastes. Je pense que la créativité se développe aussi en prenant le temps de regarder, sans chercher systématiquement à photographier quelque chose.

Enfin, je recommande d’expérimenter librement, notamment avec le cadrage et le noir et blanc, et de ne pas avoir peur de sortir des habitudes. La créativité ne consiste pas toujours à trouver un sujet nouveau, mais parfois à découvrir une autre manière de voir ce qui est déjà là.

SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?

Yasmina Oussoufa : J’aimerais explorer davantage la photographie de rue et lui accorder progressivement une place plus importante dans ma pratique. Jusqu’à présent, je photographie surtout lorsque je rencontre une scène qui m’interpelle, au gré de mes déplacements et de mes promenades.

Mon objectif serait d’apprendre à mieux observer les interactions, les présences et les petits instants du quotidien, tout en continuant à développer mon approche personnelle, sensible aux formes, aux contrastes et aux atmosphères.

Je souhaite avancer à mon rythme, sans chercher à enfermer mon travail dans un style prédéfini. Je vois cette exploration comme une nouvelle possibilité d’enrichir mon regard et de découvrir d’autres façons de raconter le monde en images.

SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?

Yasmina Oussoufa : Je cherche à participer à différents concours photographiques afin de confronter mon travail à d’autres regards et de continuer à progresser. Je reste également ouverte aux opportunités de publication, d’exposition ou de collaboration qui pourraient se présenter.

À travers LlyllyArt, mon objectif est de faire connaître davantage mon univers photographique et ma sensibilité artistique. Je développe mon travail progressivement, en explorant différents sujets et langages visuels, avec l’envie de partager mes images avec un public plus large.

Je considère chaque participation comme une occasion d’apprendre, de faire de nouvelles rencontres et de donner davantage de visibilité à mon travail, tout en restant fidèle à ma démarche personnelle.

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