Capter le regard — Peter Lofstrom

Peter Lofstrom photographie la rue depuis une dizaine d’années, à Paris et dans d’autres grandes villes, en marchant sans se presser. Journaliste de formation, longtemps en free-lance, il a appris la photographie en travaillant : il rédigeait ses articles et faisait lui-même les images qui les accompagnaient. Il travaille au Leica CL numérique et au Leica M11 monochrome, et il expérimente depuis peu d’anciens objectifs soviétiques, dont le Jupiter-8. Sa règle ne varie pas : aucune photographie prise à la dérobée. Il aborde la personne, demande la permission, lui montre l’image sur l’écran de l’appareil et lui laisse sa carte de visite. Ce qu’il cherche d’abord, c’est le contact visuel — une rencontre dans la rue, même fugace.

On pose les questions à Peter…

Peter Lofstrom est venu à la photographie par le journalisme. Formé à ce métier, il y a travaillé de nombreuses années, puis, en free-lance, il s’est mis à rédiger ses articles et à prendre lui-même les photographies qui les accompagnaient. Il a appris en travaillant. La photographie de rue, elle, est venue en marchant : dans les rues de Paris et d’ailleurs, dans les grandes villes, sans se presser, l’appareil à la main — un appareil qu’au début il était facile d’oublier.

Il pratique depuis une dizaine d’années, sans pouvoir fixer de point de départ : il a toujours aimé la photographie, mais il lui a fallu du temps pour trouver le style qui lui convenait. Il travaille aujourd’hui au Leica CL numérique et au Leica M11 monochrome, avec différents objectifs, et il expérimente depuis peu d’anciens objectifs soviétiques, notamment le Jupiter-8.

Sa manière tient en une règle qu’il ne contourne pas : pas de photographie prise à la dérobée. Il aborde la personne, demande la permission, lui montre l’image à l’écran, laisse sa carte de visite et propose de lui envoyer la photographie. Le plus difficile, dit-il, est d’aborder les gens avec justesse, sans s’imposer, et de prendre le temps nécessaire sans trop s’attarder. Ce qu’il cherche est un contact visuel et une expression de visage ; ses images gardent pour lui le souvenir, invisible aux autres, des quelques mots échangés sur le vif.

SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?

Peter Lofstrom : En me promenant dans les rues.. à Paris et ailleurs. Les grandes villes, sans me presser. Avec mon appareil, ce qui au début était facile à oublier.

SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?

Peter Lofstrom : Depuis environ dix ans. Ce n’est pas possible de trouver un point de départ. J’ai toujours aimé la photographie, mais je ne savais pas quel style me conviendrait le mieux.

SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?

Peter Lofstrom : Journaliste de formation, j’ai travaillé dans ce secteur pendant de nombreuses années. En tant que free lance, j’ai progressivement commencé à rédiger mes articles et à prendre des photos. J’ai appris en travaillant.

SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?

Peter Lofstrom : Leica CL numérique et Leica M11 monochrome. Différents objectifs ; récemment, j’ai commencé à expérimenter avec d’anciens objectifs soviétiques, notamment le Jupiter-8.

SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?

Peter Lofstrom : Leica. Toujours fiable.

SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?

Peter Lofstrom : Le contact visuel est essentiel pour moi. Capter le regard. Je souhaite établir au moins ce type de contact avec la personne que je photographie. Pas de photos prises à la dérobée, mais une rencontre dans la rue, même fugace. Je perçois chez une personne quelque chose qui me fascine ou m’intrigue. Cela me suffit pour la photographier et tenter de capturer une expression de son visage.

SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?

Peter Lofstrom : Beaucoup. Sur Instagram, de nombreux jeunes photographes talentueux apparaissent et je m’abonne à certains d’entre eux. Parmi les grands maîtres, je peux citer Eugene Smith, Steve McCurry et Peter Turnley.

SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?

Peter Lofstrom : Une rencontre inattendue, un jour comme les autres, rue de Rivoli à Paris. Un regard échangé, un sourire, puis chacun a repris son chemin. J’ignore où elle allait et pourquoi ; elle avait visiblement l’habitude de se déplacer sur des échasses.

SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?

Peter Lofstrom : Le grand défi est d’aborder les gens avec justesse, sans s’imposer, tout en établissant un contact, ici et maintenant. Prendre le temps nécessaire pour obtenir la photo que je souhaite, sans trop s’attarder.

SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?

Peter Lofstrom : Pas de rencontre précise, mais de nombreuses brèves, où nous avons eu le temps d’échanger quelques mots, des regards, et peut-être des pensées. Mes photos renferment souvent pour moi ces souvenirs, invisibles aux autres, de ces mots prononcés sur le vif.

SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?

Peter Lofstrom : Je tiens toujours à poser la question d’abord, à demander la permission de prendre la photo. C’est évident pour moi et pour beaucoup de ceux que je photographie, et cela me permet ensuite de me concentrer sur les aspects photographiques plus ou moins complexes de l’image. Je propose toujours aux personnes que je photographie de voir la photo sur l’écran de l’appareil, je leur laisse ma carte de visite et je leur explique que je peux leur envoyer la photo s’ils me contactent.

SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?

Peter Lofstrom : Certains disent « non », bien sûr. Je l’accepte, bien sûr. Même s’il est parfois difficile de voir une photo extraordinaire qui ne se concrétise pas…

SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?

Peter Lofstrom : « Just do it. » Essayez. Apprenez à maîtriser l’appareil et l’objectif afin de pouvoir exprimer ce que vous souhaitez à travers vos photos. Faites toujours preuve de respect envers les personnes que vous photographiez.

SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?

Peter Lofstrom : Rien autre que de me demander sans cesse comment et pourquoi je veux photographier des gens dans la rue. Ce sont des questions dont les réponses peuvent varier avec le temps.

SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?

Peter Lofstrom : Pas maintenant.

SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?

Peter Lofstrom : Pas maintenant.