Capter des moments absurdes. Sébastien Regert

Sébastien Regert photographie depuis une dizaine d’années — les animaux, la nature, l’architecture au début — avant que la rue ne s’impose, il y a quatre ans, comme l’évidence qu’il cherchait depuis le début sans vraiment s’en rendre compte. Autodidacte, venu à la photographie de rue par les revues et les vidéos, il revendique un goût pour l’humour, parfois très décalé, et pour une pointe de critique sociale en seconde lecture. Son dogme tient en quatre mots : « Shoot first, think after ».

On pose les questions à Sébastien…

Sébastien Regert pratique la photographie de rue depuis quatre ans, après une dizaine d’années passées à photographier les animaux, la nature et l’architecture. Il travaille au Fujifilm X100F avec un flash Godox, et à rien d’autre. Il prépare un zine, « Nothing Special », sur lequel il planche depuis des mois.

SPF : Comment avez-vous découvert la photographie de rue ?

Sébastien Regert : J’ai découvert la photographie de rue d’abord grâce à des revues photographiques comme Réponses Photo, puis en visionnant des vidéos dans Youtube.

Une fascination s’est très vite développée en moi pour des Maitres comme Matt Stuart, Martin Parr, Meyerowitz, Kalvar, Winogrand, Alex Webb pour ne citer qu’eux.

Je suis tombé en amour comme on dit au Québec…

SPF : Depuis combien de temps pratiquez-vous la photographie de rue ?

Sébastien Regert : Je pratique la photographie de rue en tant que telle depuis 4 ans (de manière plus sérieuse même si cela reste toujours un plaisir et un jeu).

J’ai cependant commencé à photographier depuis une dizaine d’années avec des centre d’intérêts orientés animaux, nature et architecture au début, puis naturellement et au fil du temps, la photographie de rue s’est imposée comme une évidence, celle que je cherchais depuis le début sans m’en rendre vraiment compte.

SPF : Avez-vous suivi une formation en photographie, ou êtes-vous autodidacte ?

Sébastien Regert : Je suis autodidacte,

Il m’est arrivé d’acheter des Master Class vidéos comme celle de Meyerowitz.

SPF : Quel matériel utilisez-vous pour la photographie de rue (appareil photo, objectifs, accessoires, etc.) ?

Sébastien Regert : Un fujifilm X100f et un flash Godox.

SPF : Avez-vous un équipement préféré pour la photographie de rue, et pourquoi ?

Sébastien Regert : Juste mon Fuji, rien d’autres, j’essaierais bien un Ricoh GRIV en de ces jours!

SPF : Comment définiriez-vous votre style en photographie de rue ?

Sébastien Regert : Mon style photographique tourne essentiellement autour de l’humour, parfois très décalé et avec une pointe de critique sociale parfois, après une double lecture.

J’aime essayer de capter des moments absurdes, souvent de manière assez directe, à la volée ou posé si j’ai repéré le potentiel d’un lieu.

Mais j’aime beaucoup aussi en parallèle les forts contrastes avec beaucoup de zones négatives et je continue de temps en temps dans ce style photographique même si mon premier amour reste l’humour.

C’est étrange d’ailleurs car j’ai commencé par ce style photographique mais j’ai toujours trouvé que mes photos manquaient de narration dans ce style précis, on verra avec le temps…

SPF : Y a-t-il des photographes de rue qui vous inspirent ?

Sébastien Regert : Oh, oui! Beaucoup trop!

Martin Parr, Matt Stuart, Kalvar, Meyerowitz, Winogrand, Vivian Maier, Robert Frank, Sandler, Arnold Daniel, Cartier Bresson…

SPF : Pouvez-vous partager une de vos photos de rue préférées et raconter son histoire ?

Sébastien Regert : Five Guys est une photo importante pour moi.

C’est en la prenant et en la découvrant sur un écran que je me suis dit que c’était vraiment pas mal! et drôle…

je suis revenu plusieurs fois à cet endroit (qui n’existe plus d’ailleurs, une autre enseigne s’y est installée), deux fois pour être précis.

La première fois, je me suis arrêté devant ce Five Guys pendant une bonne demie heure je pense mais pas complètement certain de ce que je cherchais (j’y suis passé des bonnes dizaines de fois devant ce Five Guys!), j’aimais bien cet endroit, je sais pas trop pourquoi, peut être son côté délabré et ses couleurs, son imposante masse mais pourtant vide à l’intérieur.

Je suis rentré et c’est là que je me suis dit, mais oui, c’est évident!

Le lendemain, j’y suis retourné, j’ai attendu une bonne heure avant que tout s’aligne, par chance!et si ça n’avait pas été le cas, j’y serais retourné encore et encore…

SPF : Quels sont les défis auxquels vous êtes confronté en pratiquant la photographie de rue ?

Sébastien Regert : La peur des confrontations, la peur de déranger mais ça s’arrange au fil du temps, et en vieillissant, je suis plus tout jeune!

SPF : Pouvez-vous partager une expérience mémorable que vous avez vécue tout en faisant de la photographie de rue ?

Sébastien Regert : Pas vraiment, je photographie de manière silencieuse et j’essaie de faire en sorte de rester discret.

SPF : Comment gérez-vous les questions d’éthique liées à la photographie de rue, en particulier en ce qui concerne la vie privée des sujets ?

Sébastien Regert : Avec l’expérience, j’ai un dogme : Shoot first, Think after.

Si je suis repéré et que la personne me demande d’effacer la photo, je ne me batterais pas pour la garder.

J’expliquerais quand même ma démarche en essayant d’établir une relation de confiance mais c’est tout.

Je peux comprendre, c’est tout à fait normal…

J’évite aussi de prendre des photos qui portent atteinte à la dignité d’une personne sauf (et c’est très rare) si la photo comporte d’autres éléments qui la rendent narrative, critique et assez forte pour être publiée et faire réfléchir.

SPF : Avez-vous déjà eu des situations délicates en photographie de rue et comment les avez-vous gérées ?

Sébastien Regert : Quelques unes oui, je ne cherche pas la confrontation en générale et je shoot discrètement en général mais j’évolue dans ma pratique et de plus en plus, je ne cherche plus à me cacher.

Je suis toujours rester calme, à part une fois ou j’ai du mettre fin à la conversation avec une personne qui n’était en plus pas concerné par la photo…

SPF : Quels conseils donneriez-vous aux débutants qui souhaitent se lancer dans la photographie de rue ?

Sébastien Regert : Comme disait Martin Parr, don’t be lazy!

Pratiquer, pratiquer, lire et regarder des livres photos, Youtube est plein de reportages incroyables!et encore pratiquer.

SPF : Avez-vous des recommandations pour développer sa créativité en photographie de rue ?

Sébastien Regert : Ne jamais rien lâcher et croire en soi, en sa chance à chaque sortie.

SPF : Avez-vous des projets ou des objectifs futurs en photographie de rue que vous aimeriez partager ?

Sébastien Regert : Un Zine, oui sur lequel je planche depuis des mois, je vais finir par me jeter à l’eau…Le titre : ’Nothing Special’.

SPF : Prévoyez-vous de participer à des expositions ou des publications prochainement ?

Sébastien Regert : Toujours!

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